Il y a six mois, environ, Proulx avait accordé une entrevue à notre collègue Martin Comtois. Selon sa lecture, le Rouge et Noir n’avait pas les moyens de perdre Trevor Harris.

Sans quart, point de salut

CHRONIQUE / Matthieu Proulx avait vu juste. «Ça m’arrive, à l’occasion», lance l’ancien footballeur gatinois, devenu commentateur à RDS, au bout du fil.

Il y a six mois, environ, Proulx avait accordé une entrevue à notre collègue Martin Comtois. Selon sa lecture, le Rouge et Noir n’avait pas les moyens de perdre Trevor Harris.

Nous étions au tout début d’un mois de février particulièrement enneigé. À quelques jours de l’ouverture de la chasse aux joueurs autonomes, Proulx était déjà capable d’entrevoir un été difficile dans la capitale.

Le Rouge et Noir atteindra officiellement le plateau de la mi-saison, ce week-end.

Jusqu’ici, les résultats ne sont pas trop mauvais. L’équipe a réussi à remporter trois de ses huit premières parties.

On sent malgré tout que le pessimisme règne. Et le talon d’Achille de l’organisation est assez facile à identifier.

«Il n’y a pas de bonnes comparaisons, dans les autres circuits professionnels de sports. Aucun joueur n’est aussi important qu’un quart-arrière pour une équipe de football», résume Proulx.

Les dirigeants du Rouge et Noir, qui ne manquent pas d’expérience, savaient tout cela.

«En février, il y avait beaucoup d’incertitude, en ce qui a trait au plafond salarial. On s’attendait à ce qu’il y ait une augmentation significative. Après avoir analysé tous les revenus et pris en compte les problèmes de certaines équipes, je crois que l’augmentation finale a été chiffrée à environ 50 000 $. Les Lions de la Colombie-Britannique venaient d’accorder un salaire annuel de 700 000 $ à Mike Reilly. Ce contrat a certainement affecté le reste de l’équipe...»

La stratégie de construire un pont d’or pour satisfaire aux demandes d’un quart-arrière vedette n’a pas été particulièrement payante, jusqu’ici, à Vancouver. Les Lions ont remporté seulement une de leurs huit premières parties. Dans une ligue encore une fois dominée par les clubs de l’ouest, ils pourraient bientôt devenir la première formation à sortir de la course vers la coupe Grey.

Matthieu Proulx ressent ici le besoin d’apporter une précision. «Quand on regarde tous les matches, on se rend compte que les Lions ont été dans le coup pas mal tout le temps. Ils n’ont pas été déclassés. Et ce, même si Reilly ne joue pas très bien.»

Donc, si Reilly finit par s’ajuster à l’air salin, en bordure de l’océan Pacifique, les Lions ont peut-être une chance d’améliorer leur sort.

Davis a complété cinq passes de touché jusqu’à présent. Et il été victime de 11 interceptions. S’il maintient ce rythme, le Rouge et Noir est condamné à perdre la plupart de ses matches.

Les dirigeants du Rouge et Noir, eux, seront condamnés à chercher quelqu’un qui pourra faire le travail. Ce qui n’est pas si simple.

«Trouver un bon quart-arrière, c’est difficile. Même dans la NFL! On compte 32 équipes dans cette ligue. Et on ne trouve pas 20 quart-arrières d’élite. Le football est un sport qui est pratiqué par des millions de jeunes hommes. Les organisations ont toutes les ressources nécessaires pour repérer les joueurs qui sont doués. Ce n’est pas jamais simple. Il faut les trouver. Il faut ensuite les développer», explique-t-il.

Proulx sait de quoi il parle. Dans la vingtaine, il jouait à Montréal pour une équipe qui pouvait aspirer aux grands honneurs, année après année. Les Alouettes n’avaient qu’à suivre le leadership d’Anthony Calvillo.

Depuis le jour où il est passé du côté des médias, il analyse et commente les performances d’une équipe qui se cherche. Qui utilise entre deux et quatre passeurs par année.

Il y a, bien entendu, des circonstances atténuantes...

«Un quart américain qui débarque au Canada a généralement besoin d’un an ou deux pour s’habituer. Après, il faut qu’un coordonateur soit capable de mettre l’athlète dans une position favorable.»

«À Montréal, le coaching staff change chaque année. Certains entraîneurs, comme Dan Hawkins et Mike Sherman ont été catastrophiques.»

Il pourrait être utile, ici, de rappeler que le Rouge et Noir n’a pas de coordonateur offensif digne de ce nom, cette saison.

Winston October, l’entraîneur des receveurs, est responsable du cahier de jeux.