Patrick Roy a-t-il ce qu’il faut pour aider les Sénateurs d’Ottawa à moyen ou à long terme?

Patrick Roy a encore tout à prouver

CHRONIQUE / Patrick Roy pourrait aider les Sénateurs.

Il n’aurait même pas besoin de parler. Il n’aurait qu’à franchir les portes du Centre Canadian Tire pour donner un coup de pouce à l’organisation.

C’est simple. C’est élémentaire. Roy est un gagnant.

Il possède quatre bagues de la coupe Stanley ainsi que trois répliques miniatures du trophée Conn-Smythe.

Les vieux – ceux qui se souviennent des séries de 1986, 1993, 1996 et 2001 – savent qu’il n’a pas volé les récompenses individuelles.

Sans lui, Montréal n’aurait pas gagné un seul championnat au cours des quatre dernières décennies. Sans lui, la franchise qui a représenté Québec et le Colorado n’aurait jamais atteint le sommet.

Des gagnants comme Roy, il n’y en a pas des tonnes, dans la Ligue nationale de hockey. Il n’y en a certainement pas à Kanata, par les temps qui courent.

Les Sénateurs ont dépensé beaucoup de salive et d’énergie à vanter les vétérans qui sont restés, au terme de la dernière vente de feu. Mark Borowiecki, Cody Ceci, Jean-Gabriel Pageau et Zack Smith ont, effectivement, de bien belles qualités. Ils n’ont peut-être pas le vécu nécessaire, toutefois, pour montrer le chemin à la génération montante.

Roy, si.

L’ancien gardien possède une autre belle carte dans son jeu. Il pourrait devenir un porte-parole solide, pour une organisation qui cherche à refaire son image de marque, à retrouver une certaine crédibilité.

Il a fréquenté la bonne école. Dans le zoo montréalais, au début de sa carrière, il a très vite appris à vivre sous la loupe des médias.

On me dit que c’est devenu une de ses forces, au fil des ans. Il comprend l’importance de bien livrer les messages de l’organisation aux partisans. Il se montre très habile dans ses interactions avec les médias.

Après avoir enduré 18 mois de pénibles entrevues ponctuées de déclarations maladroites, les partisans d’Ottawa en ont assez entendu.

Je l’ai déjà écrit au moins cinq fois. Ça ne me coûte rien de le répéter. Un porte-parole solide, crédible, efficace, serait un ajout de taille à Ottawa.

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Patrick Roy, bref, pourrait donner un bon coup de pouce aux Sénateurs dans un avenir rapproché.

À moyen ou long terme ? C’est là que ça se complique.

La notoriété de Roy et son désir de vaincre ne lui serviront pas à grand-chose, derrière le banc des Sénateurs, s’il n’est pas capable d’aller chercher le meilleur de ses jeunes joueurs.

Même s’il exerce le métier d’entraîneur depuis bientôt 15 ans, on sent qu’il n’a pas complètement fait ses preuves.

Gagner dans le junior, avec une des organisations les plus riches au pays, c’est bien.

Gagner – et surtout progresser – dans les ligues majeures, avec un club jeune et un propriétaire proche de ses sous, c’est une autre paire de manches.

Samedi, quand on a su que Roy avait de l’intérêt pour le poste, j’ai eu la même réaction que tout le monde. J’ai été surpris.

Je me suis ensuite mis à la recherche du dénominateur commun. J’y ai consacré environ 90 minutes de mon week-end. J’ai fini par trouver un seul point en commun entre Roy et les six autres hommes qui auraient été interviewés par Pierre Dorion jusqu’à maintenant.

Tout comme Jacques Martin, Rick Bowness, Troy Mann et les autres, Roy n’a jamais vraiment été considéré pour un poste vacant d’entraîneur-chef, ailleurs dans la LNH, dans les trois dernières années.

Les traces de son échec à Denver sont encore bien visibles.

N’importe qui est capable de jeter les bases d’un bon système de jeu. Pour le faire appliquer, il faut être capable de bien l’expliquer aux joueurs. C’est un travail de longue haleine que Roy n’a pas été capable de compléter avec les jeunes vedettes de l’Avalanche.

À Ottawa, les Sénateurs entrent dans une phase critique de leur reconstruction. Les jeunes défenseurs devront progresser, l’hiver prochain. Le nouveau coach devra livrer des résultats tangibles. Très rapidement.

On me dit que Roy a évolué, depuis son dernier séjour chez les pros. Ses deux années passées loin du hockey lui auraient fait beaucoup de bien.

Il serait désormais convaincu que sa vocation se trouve dans le coaching. Il est prêt à s’investir à fond, dans ce rôle, pour la personne qui lui offrira sa prochaine chance.

Tout ça, bien sûr, reste à voir.