Le gardien des Islanders de New York, Robin Lehner, est un modèle de persévérance.

Lehner se sauve avec le Masterton

CHRONIQUE / Dimanche après-midi, Robin Lehner ne pouvait ignorer les cris et les chants qui provenaient des gradins du Nassau Coliseum. Les partisans des Islanders de New York scandaient son nom alors qu’il multipliait les gros arrêts contre les Coyotes de l’Arizona.

Dimanche, le gardien suédois a été parfait. Il a réussi 22 arrêts pour blanchir les visiteurs, 2-0.

Il s’agissait de sa deuxième victoire en autant de jours. Il s’agissait aussi de son cinquième coup de pinceau de la saison. Un sommet, pour lui.

Après la partie, le colosse aux allures de dur à cuire a tenu à rendre la politesse aux fans.

« C’est un truc très personnel, vous savez. Les gens m’ont accueilli et m’ont soutenu depuis mon arrivée. Avec tout ce que j’ai vécu, dans les dernières années, ils ne peuvent pas comprendre à quel point ça me fait du bien. »

Lehner est tout, sauf un grand sentimental.

Chaque mot de cette déclaration doit être vrai.

Pour les journalistes qui couvrent la LNH, le mois d’avril rime avec bulletins de vote. Chaque année, dans les derniers jours de la saison régulière, il faut choisir les finalistes pour les principaux trophées individuels.

Le bulletin du trophée Bill-Masterton est toujours le premier à se pointer, par courriel. Parfois, il est difficile de trouver le joueur qui a le plus fait preuve de persévérance au cours des 12 derniers mois.

Cette année, le choix s’impose.

On sait ce que Lehner veut dire quand il parle de « toutes ces choses » qu’il a vécues. Il a choisi de tout expliquer dans un long texte qu’il a lui-même rédigé pour L’Athlétique, avant le début de la saison.

Dépendance à l’alcool. Problèmes de santé mentale. Idées suicidaires. Il y avait un peu de tout cela dans « l’endroit sombre » où il a passé les premières années de sa carrière.

Ces problèmes ont poussé les Sabres de Buffalo à racheter les dernières années de son contrat, à l’été 2018. Libre comme l’air, bien déterminé à relancer sa carrière, Lehner avait simplement besoin de trouver une organisation prête à miser sur lui.

Deux vieux routiers, Lou Lamoriello et Barry Trotz, ont choisi de l’accueillir sur Long Island.

Avec un contrat d’une seule saison, d’une valeur de 1,5 million $ US, l’investissement n’a pas été trop lourd.

Il rapporte des dividendes importants.

Lehner et son partenaire Thomas Greiss – un autre grand négligé – se partagent le travail devant le filet de la meilleure équipe de toute la LNH en défensive.

Cette équipe à qui personne n’accordait la moindre chance de participer aux séries lutte présentement avec les champions en titre de la coupe Stanley pour un championnat de division.

« Nous sommes dans cette position grâce à eux. Ils ont fait de gros arrêts », disait récemment l’attaquant Jordan Eberle, dans une entrevue avec le quotidien Newsday.

« Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour les aider, a-t-il ajouté. Sans rien leur enlever, notre style de jeu collectif a eu pour effet de réduire au strict minimum le nombre de chances de marquer de première qualité. Il n’y a pas eu trop d’attaques en surnombre non plus. Sinon, ils se sont bien chargés de tout le reste. »

Lehner a de nouveau fait preuve de persévérance. Il a raté quelques jours de travail parce qu’il ressentait des maux de tête. Ce n’est pas bon signe, pour un athlète qui a déjà subi quelques commotions cérébrales.

Sa présence devant le filet lors des deux matches du week-end nous laisse croire qu’il sera quand même l’homme de confiance de Trotz et Lamoriello, dans quelques semaines, au début des séries.

Cœurs de champions

Les Islanders doivent réaliser qu’il ne sera pas facile de prendre la première place de la section Métropolitaine aux Capitals de Washington. Alex Ovechkin et ses coéquipiers ont visité la Maison-Blanche. Ils ont pu apprendre que Donald Trump est un fan de hockey. Un fan qui leur prédit un autre printemps magique. « Vous avez rapporté la coupe à la maison. Des milliers de fans qui vous adorent vous attendaient. Vos fans étaient partout. Et j’ai comme l’impression que vous allez nous faire revivre cette histoire. Vous êtes des champions. Vous avez des cœurs de champions », a dit le président.

Laine a un grand cœur

En plus de rencontrer le président Trump, Ovechkin devrait bientôt mettre la main sur le trophée Maurice-Richard pour la huitième fois de sa carrière. Ce n’est pas cette année que Patrik Laine va lui ravir son titre. L’ailier des Jets de Winnipeg, qui connaît une deuxième moitié de saison pénible, n’a pas aidé sa cause, samedi. La rondelle s’est retrouvée sur sa palette, en fin de match. Plutôt que de lancer pour mettre fin à une léthargie de 11 parties, il a choisi de passer à son coéquipier Kyle Connor, pour lui permettre de compléter son premier tour du chapeau en carrière. « Ça nous en dit long sur sa personnalité », a dit Connor au Winnipeg Free Press. Les succès de l’équipe sont importants, pour lui. Il est un passeur sous-estimé. »

Cœur à cœur

Le premier trio des Blue Jackets de Columbus est tombé en panne dans le dernier mois. En pleine course aux séries, Cam Atkinson, Pierre-Luc Dubois et Artemi Panarin ont organisé un petit « souper à trois » pour se parler dans le blanc des yeux, durant un voyage dans l’Ouest canadien. « Nous sommes tous frustrés. Ça se lit dans nos visages. J’espère que cette rencontre contribuera à purifier l’air », a indiqué Atkinson, après coup.