Le DG des Sénateurs, Pierre Dorion, a commenté les échanges qu’il a effectués lundi lors de la date butoir des transactions dans la LNH. Les Sénateurs ont notamment envoyé le centre Jean-Gabriel Pageau aux Islanders de New York.

De la brique et du mortier

CHRONIQUE / Je ne sais pas si Jean-Gabriel Pageau a réalisé que sa déclaration avait un double sens.

Un journaliste de New York lui a demandé si la construction d’un aréna tout neuf pour les Islanders l’avait motivé à signer un contrat de six ans.

Pageau a offert une première réponse plutôt vague. Le journaliste s’est permis d’insister. Il a reposé sa question.

Les Islanders auront un domicile tout neuf au début de la saison 2021-22. Ça rend certainement l’organisation plus attrayante. L’équipe n’aura plus à faire la navette entre Brooklyn et Uniondale...

Pageau a fini par mordre à l’hameçon.

« La construction d’un nouvel aréna me laisse croire que les propriétaires des Islanders veulent gagner. C’est ce que tu veux, en tant que joueur. Avec les Islanders, tout le monde a l’air de pousser dans la même direction. Je suis fier de faire partie de cette aventure », a-t-il répondu.

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Je ne suis toujours pas convaincu que Pageau a saisi le double sens.

Les partisans des Sénateurs, qui pleuraient déjà son départ, ont immédiatement pensé au beau gros terrain vague qui attend, à l’ouest du centre-ville. Ils ont pensé au projet de construction du futur domicile de leur équipe favorite, qui n’a jamais vraiment décollé. Ils ont forcément pensé aux problèmes qui plombent l’organisation depuis déjà très longtemps.

Ces quelques phrases ont rendu la pilule encore plus difficile à avaler.

Je l’ai dit, je le répète. Au moment de faire cette déclaration, Pageau n’a probablement pas pensé aux plaines LeBreton.

Les cheap shots, ce n’est pas son genre.

D’ailleurs, en français comme en anglais, il s’est assuré de remercier Eugene Melnyk, Pierre Dorion et tous les autres dirigeants des Sénateurs, pour « toutes les opportunités » qui lui ont été offertes au cours des neuf dernières années.

Il a quand même dit ce qu’il a dit.

Il n’est pas le premier joueur à quitter Ottawa pour ensuite constater que les organisations, dans les autres marchés, sont plus solides.

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J’avais deux questions précises à poser, lors de la conférence de presse de Pierre Dorion. Deux questions qui me semblaient cruciales, pour la suite de la reconstruction de son équipe.

Il m’a ouvert la porte toute grande, pour la première, quand il a dit que les nombreux jeunes centres qui poussent au sein de l’organisation pourront remplir le vide laissé par le numéro 44 assez rapidement.

Je veux bien, sauf que Pageau jouait un rôle immense, depuis cinq ans. Parmi les espoirs, peut-on en identifier un qui sera capable de se frotter aux meilleurs éléments adverses, soir après soir ?

« C’est plus une question pour D.J. D’ailleurs, notre entraîneur fait un excellent travail, cette année. C’est lui qui s’occupe de la composition des trios. Ce n’est pas à moi de décider. Tout ce que je peux vous dire, c’est que nos quatre centres sont Chris Tierney, Artem Anisimov, Colin White et Matthew Peca. »

Vous pensez que ces quatre centres sont capables d’affronter des attaquants de premier plan ? Moi non plus.

Les jeunes Sénateurs pourront-ils vraiment progresser, l’automne prochain, si les vedettes de la LNH ont le champ libre chaque fois qu’elles passeront par Kanata ?

Ma deuxième question était relative au leadership. Quand il a échangé Matt Duchene, Ryan Dzingel et Mark Stone, l’an dernier, Dorion disait que les Sénateurs ne manquaient pas de vétérans de qualité. Pageau, Mark Borowiecki, Craig Anderson, Cody Ceci et Zack Smith pouvaient montrer le métier aux jeunes.

Qui seront les mentors, l’an prochain ?

« On ne sait pas quels vétérans seront ici, la saison prochaine. Nous sommes en train d’évaluer les joueurs de notre équipe. Thomas Chabot, Brady Tkachuk et Colin White sont en train de gagner en maturité. Ces gars-là pourront prendre de plus en plus de place, dans le vestiaire. »

Chabot a 23 ans. Tkachuk, 20 ans. White connaît une saison extrêmement difficile.

On ne peut pas remettre les clés du vestiaire à ces trois jeunes joueurs. Ils ne sont pas prêts. Ils ne peuvent pas offrir un encadrement aux jeunes. Ils ont toujours besoin d’être encadrés.