Le manque d’attaquants chez le Fury d’Ottawa a permis Carl Haworth de reprendre sa position favorite. Son premier but de la saison a procuré une victoire au Fury. Sans se mettre trop de pression sur les épaules, le capitaine espère poursuivre sur cette lancée.

Capitaine Carl

CHRONIQUE / Dans les sports d’équipe, on demande généralement aux athlètes de créer leurs propres opportunités. Ceux qui souhaitent obtenir des rôles différents ou des responsabilités accrues doivent prouver, sur le terrain, qu’ils en sont dignes.

Il arrive aussi, parfois, que l’opportunité se crée d’elle-même.

J’ai comme l’impression que Carl Haworth se retrouve, ces jours-ci, dans une situation du genre.

Haworth, c’est le joueur le plus connu au sein du Fury d’Ottawa. Celui qui porte le brassard du capitaine. Celui qui compte le plus d’ancienneté au sein du club.

Dans les premières années du soccer pro dans la capitale, il essayait de faire lever la foule à la Place TD en marquant des buts.

Ça n’a pas toujours très bien fonctionné. Il en a marqué tout juste cinq au cours des deux dernières années.

Dans leurs efforts de restructuration, durant la saison morte, le directeur général Julian De Guzman et l’entraîneur-chef Nikola Popovic lui ont offert de revenir en 2019.

Juste une précision. Pour rester, il devait accepter une mutation. Il devait désormais se consacrer à protéger le filet du Fury, à titre de défenseur du côté droit.

Je suis passé au Complexe Branchaud-Brière pour lui dire bon jour, jeudi. Il venait à peine de rejoindre ses coéquipiers. Il a été obligé de s’absenter pendant quelques jours, pour aller soutenir ses proches qui traversent une épreuve difficile, en Angleterre.

« Vous savez... Je suis prêt à n’importe quoi pour aider mon équipe, a-t-il réagi. J’ai joué un peu partout, durant ma carrière. J’ai joué au milieu du terrain, j’ai été un numéro 9, un numéro 10 qui soutenait directement l’attaquant... On me demande maintenant de dépanner en défensive, du côté droit. Je suis à l’aise avec tout ça. Je suis capable d’apporter une dimension offensive à notre ligne défensive. »

Je l’ai félicité pour une réponse digne d’un capitaine qui fait passer les intérêts de son équipe avant ses intérêts personnels.

Je me suis placé, rapidement, dans les bottines d’un joueur de soccer. Marquer un gros but, Carl, ça doit quand même être le summum...

« Je suis d’accord à 100 % ! Il n’existe pas de meilleur sentiment au monde ! »

Je lui aussi mentionné qu’il n’est pas interdit d’avoir de l’ambition.

« Nous sommes tous un peu égoïstes, dit-il. Notre égoïsme nous a tous permis de gravir les échelons dans notre sport. L’égoïsme, dans ce sens, c’est nécessaire. »

« J’espère d’abord survivre à une saison complète en santé, sans subir de blessures. Je veux rester en santé. On verra bien ce que ça pourra m’apporter. »

Haworth n’a pas besoin de trop parler, au fond.

J’ai commencé cette chronique en vous parlant des opportunités qui se créent tout naturellement.

La CONCACAF a mis un très gros bâton dans les roues du Fury, cet hiver. L’histoire a fait grand bruit. L’organisme qui supervise tout le soccer d’élite en Amérique du Nord et dans les Caraïbes voulait empêcher le club de jouer une saison dans la United Soccer League. Il voulait à tout prix qu’Ottawa se joigne au nouveau circuit professionnel canadien qui verra sous peu le jour.

Le Fury a finalement eu gain de cause, mais l’épisode a eu des conséquences fâcheuses. Pendant qu’ils luttaient contre le système, des joueurs autonomes qu’ils convoitaient leur ont filé entre les doigts.

Du coup, quelques semaines après le début de la saison régulière, l’équipe manque d’attaquants. On cherche donc des solutions de rechange. La solution la plus simple consiste à redonner une chance au vétéran qui a déjà rempli les chaussures, dans le passé.

Dans le dernier match, Haworth a marqué son premier but de la saison. Ce but a procuré au Fury sa première victoire de la saison. Tout cela pourrait lui permettre d’obtenir un autre départ à sa position favorite, la semaine prochaine, lors du match inaugural à domicile.

Il ne s’emballe pas trop vite.

« Obtenir une opportunité, c’est une chose. Bien l’utiliser, c’en est une autre », dit-il.

Braves sont ceux qui essaient d’exploiter des clubs de soccer professionnel au Canada. Il reste pas mal de neige dans les estrades de la Place TD. On dit même qu’on pourrait déplacer les spectateurs dans les gradins du côté nord pour le match d’ouverture. Cette nouvelle devrait se confirmer sous peu.