Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
L'attaquant gatinois Hendrix Lapierre continue sa préparation à moins d’un mois du repêchage de la LNH.
L'attaquant gatinois Hendrix Lapierre continue sa préparation à moins d’un mois du repêchage de la LNH.

Au Saguenay, Hendrix ne pense qu’au hockey

CHRONIQUE / La séance d’entraînement des Saguenéens de Chicoutimi a duré deux bonnes heures, jeudi. L’équipe était sur la glace du Centre Georges-Vézina entre 10 h et midi.

Deux heures, c’était la portion «obligatoire». Les joueurs qui n’en avaient pas eu assez avaient le droit de rester sur la glace pour travailler sur des projets personnels.

J’étais là. Je me suis rendu jusqu’à Saguenay et je vous dirai pourquoi bien assez vite.

En attendant, tant qu’à être dans le coin, j’ai pensé faire un petit détour pour saluer Hendrix Lapierre.

Lui n’avait pas l’air trop pressé de me voir. Il traînait sur la glace. Il travaillait avec l’entraîneur des habiletés Olivier Bouchard. Il faisait dévier des lancers devant un filet, histoire de faire travailler le nouveau gardien.

L’entraîneur-chef Yanick Jean, très accueillant avec la visite, m’a interpellé dans les estrades. Il m’a demandé si ça me dérangeait d’attendre Hendrix jusqu’à 12 h 30.

Pas de problème.

Vers 12 h 35, Hendrix était toujours sur la glace. C’est lui qui a fini par s’excuser.

«Je m’en viens, ce ne sera pas long.»

S’il cherche à rattraper tout le temps perdu, durant cette année où il n’a pratiquement pas joué au hockey, c’est bien parti.

J’étais curieux de savoir comment il peut se sentir, à moins d’un mois du repêchage de la LNH.

La date a été officiellement fixée. Les espoirs de première ronde - dont il fait partie - seront fixés sur leur avenir le mardi 6 octobre. Les autres devront attendre une journée de plus.

À sa place, on ferait des plans. On saurait déjà où regarder le repêchage. On aurait déjà réservé un écran, quelque part. On aurait déjà lancé des invitations.

Ce n’est pas son cas.

«Je ne sais pas vraiment encore, sérieux», a-t-il poussé quand on a finalement pu lui arracher les patins des pieds.

J’ai eu du mal à le croire.

«Je suis en train d’en parler avec ma famille, a-t-il reconnu. J’essaie de voir s’ils vont pouvoir monter jusqu’ici, malgré la COVID. Pour l’instant, nous n’en avons aucune idée. Si les gens de famille peuvent monter, je sais que je voudrai vivre ce moment avec eux.»

«Sinon, il y a ma famille de pension. Je pourrais regarder le repêchage avec une couple de gars. J’ai des options.»

À force de parler, il a fini par se souvenir d’un détail important. Même s’il est originaire d’Aylmer, Hendrix a de la famille au Saguenay. Une tante qui vit à un jet de pierre de l’aréna lui a glissé un mot à propos d’une soirée spéciale qu’elle pourrait organiser. Des invités triés sur le volet pourraient se réunir pour suivre cette soirée spéciale sur un écran géant.

L'attaquant gatinois Hendrix Lapierre continue sa préparation à moins d’un mois du repêchage de la LNH.

Ça reste à confirmer.

«On ne parle pas tant du repêchage», jure le jeune centre de 18 ans.

C’est vraiment, mais vraiment dur à croire.

Lapierre, voyez-vous, s’est fait un nouvel ami dans les dernières semaines.

Cet ami a traîné sur la patinoire presque aussi longtemps que lui, après l’entraînement des Sags, jeudi.

Il s’appelle Dawson. Dawson Mercer. Il vient de Terre-Neuve. Le talent lui sort par les oreilles. Il devrait aussi se faire repêcher en première ronde, le mois prochain.

Les deux nouveaux amis évoluent au sein du même trio, depuis le début du camp d’entraînement des Sags.

«On ne se parle pas tant du repêchage. On sait que ce sera une belle journée, mais on ne sait pas trop ce qui va se passer. On ne sait pas où on va se retrouver. On ne veut pas commencer à se monter des scénarios.»

Lapierre et Mercer préfèrent se parler de hockey, il faut croire.

«J’ai tout de suite vu qu’il est passionné. J’ai toujours été comme ça, moi aussi. J’ai toujours voulu profiter de chaque minute de glace qui est à ma disposition. J’ai toujours pensé que ça pouvait me donner une petite longueur d’avance sur certaines personnes qui ne sont pas prêtes à faire ces sacrifices-là.»

«Moi, j’adore ça. J’utilise le mot ‘sacrifice’, mais pour moi, ce n’est pas vraiment un sacrifice. Dawson pense comme moi. C’est le fun de trouver quelqu’un qui est sur la même page que moi.»

Le nouveau duo a été solide dans son seul match préparatoire, jusqu’à maintenant. Ça, c’est Yanick Jean qui le dit.

Jean nous dit aussi que Lapierre a complètement tourné la page sur son année perdue.

«Je le trouve plus gros, plus fort, plus puissant. Tu le vois, qu’il est plus fort, dans ses batailles à un contre un. Je vois une assurance, chez lui, aussi. Je me suis demandé s’il serait craintif, après 10 mois sans jouer au hockey. Dans ses deux matches hors-concours, ça n’a pas vraiment paru.»

On laisse ça ici, au cas où certains dépisteurs prenaient le temps de nous lire, à moins d’un mois du repêchage...