Pendant une bonne partie de la semaine, avec son différentiel de plus 11, Jean-Gabriel Pageau (#44) a trôné au sommet de la LNH.

Au fond, les Sénateurs ont besoin de Pageau

CHRONIQUE / Un méchant défi attend les Sénateurs, samedi soir, à Boston. Les Bruins ont été l’équipe numéro un de la LNH en octobre. Et D.J. Smith n’a pas de mal à expliquer leurs succès.

« Leur séquence de succès dure depuis longtemps, constate-t-il. Quand tes meilleurs joueurs mènent la charge, chaque jour, les autres ont tendance à suivre. »

Ça m’a fait penser un peu à la situation délicate dans laquelle les patrons de Smith se trouvent, en ce qui a trait à l’avenir de Jean-Gabriel Pageau.

Je ne passe pas du coq à l’âne.

À la fin de l’été, je vous disais que Pageau se ferait peut-être pousser vers la porte. Qu’il pourrait devenir une victime du mouvement jeunesse.

Je pourrais être en train de changer d’idée.

On pourrait me dire que le virage de jeunesse aurait de meilleures probabilités de réussir si Pageau reste à Ottawa. Je pourrais me laisser convaincre.

Thomas Chabot, Brady Tkachuk, Logan Brown deviendront peut-être, un jour, les meilleurs qui « mèneront la charge, chaque jour », chez les Sénateurs.

En attendant, dans les prochaines années, ils ont besoin qu’on leur montre le chemin.

Pendant une bonne partie de la semaine, avec son différentiel de plus 11, Pageau a trôné au sommet de la LNH.

Il a retrouvé sa game, dit-on, dans la langue du hockey. Il a recommencé à jouer comme il jouait avant de se blesser, en septembre dernier.

Et il n’est pas satisfait.

« Il y a certains aspects de mon jeu que je veux toujours améliorer. Mais ça... C’est juste ma passion pour le hockey », disait-il, vendredi, au terme d’une longue semaine d’entraînement.

« Je veux gagner plus de mises en jeu. Il y a le forecheck, aussi. J’aimerais être encore plus tannant, sur le forecheck. Notre désavantage numérique peut être encore meilleur, c’est une question de petits détails. »

J’ai essayé de l’emmener à parler de son avenir. En vain.

« Je n’ai aucune idée de ce qui va m’arriver. J’essaie vraiment d’attaquer chaque journée de façon individuelle. Si je pense trop loin, ça va changer ma mentalité. Et ma mentalité, en ce moment, elle est bonne. »

Pageau pourrait avoir le goût d’aller voir ailleurs, comme son ami Mark Stone. Se joindre à une équipe qui peut gagner dès maintenant.

Pierre Dorion a l’avantage de pouvoir lui offrir, dès maintenant, une belle stabilité, sous la forme d’un contrat de plusieurs saisons. Quitte à payer un peu plus cher que la valeur du marché.

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« Quand les meilleurs mènent la charge, chaque jour, les autres ont tendance à suivre », dit D.J. Smith à propos des Bruins.

L’entraîneur-chef de Boston, Bruce Cassidy, était de passage sur les ondes de TSN 1200, vendredi matin. Il a entre autres parlé des « morning skates », ces séances d’entraînement légères qui ont lieu en matinée, les jours des matches. Ils sont en voie d’extinction, à travers la ligue.

« Pas chez nous. Nous sommes chanceux. Nos gars aiment patiner », dit-il.

La conversation a bifurqué vers la profondeur. Parce qu’elle fait encore défaut, à Boston. Les Bruins sont l’équipe d’un seul trio... Plus un gardien. Tuukka Rask a encaissé seulement 10 buts en sept rencontres.

« Dans le passé, Tuukka avait tendance à connaître de lents départs. Cette année, il a fait les choses différemment. Il est arrivé à Boston assez tôt, pour permettre à ses enfants d’entrer à l’école. Il a donc recommencé à patiner avec ses coéquipiers un peu plus tôt. Dans le passé, il avait tendance à rester le plus longtemps possible chez lui. »

Il n’y a pas de secrets. Au hockey, le succès vient avec le travail. C’est peut-être pour cette raison, bien précise, que les Sénateurs feraient mieux de garder Pageau.