Un club qui cherche une police d’assurance en vue des séries pourrait être tenté de donner une chance à Craig Anderson. Les chiffres récents du vétéran ne sont pas exceptionnels, mais on ne peut pas non plus effacer sa feuille de route dans les séries éliminatoires. À qui la chance ?


Anderson, quelqu'un?

CHRONIQUE / Nous sommes rendus au Match des étoiles. Déjà. Les choses devraient aller vite, à compter de maintenant.

Les Sénateurs vont reprendre le collier lundi. Sur la glace, déjà, ils seront occupés. Ils devront se remettre dans le bain rapidement, avec une séquence de deux matches en deux jours, dans deux villes différentes.

Dans les bureaux, aussi, ça va grouiller. Il restera moins d’un mois à écouler avant la date limite des transactions. La vente de feu – troisième consécutive pour Pierre Dorion – pourrait débuter n’importe quand.

Il faudra surveiller les trois principaux morceaux à liquider. Mark Borowiecki, Dylan DeMelo et Jean-Gabriel Pageau pourraient avoir une certaine valeur, sur le marché, en cette année qui s’annonce assez pauvre en matière de joueurs de location.

À condition, bien entendu, qu’ils soient à échanger. On vous rappelle les dernières déclarations publiques de Dorion. 

Il faut garder de bons vétérans pour encadrer les jeunes, a-t-il déclaré, avant de rassurer les partisans quant aux négociations qui progressent lentement. « Un contrat, ça peut se régler assez rapidement. »

Sinon, Tyler Ennis est certainement échangeable. Il ne faudrait quand même pas s’attendre à ce que les enchères soient élevées. Il a le cœur gros à l’aréna et son contrat modeste lui permettrait de se joindre à n’importe quelle équipe de pointe. Dans les séries de la coupe Stanley, toutefois, son gabarit peut constituer un handicap.

C’est pas mal ça qui est ça.

Il y a toujours Craig Anderson. Il écoule, lui aussi, la dernière année de son contrat.

Il est forcément disponible. Y aura-t-il des intéressés ?

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Cartes sur table. Je ne suis pas convaincu qu’une équipe de pointe aura de l’intérêt pour lui.

Je le lui souhaite, quand même.

Il a presque 39 ans. Il a été blessé plus souvent qu’à son tour au cours des cinq dernières saisons. Depuis 2018, sa fiche est largement déficitaire. Il n’a pas gagné trop souvent.

Je lui souhaite, quand même, de trouver un club qui sera prêt à l’héberger, temporairement. Parce qu’il n’a plus l’air de filer le parfait bonheur à Kanata.

Il dit toutes les bonnes choses depuis le début de la saison. Il est fier de participer aux efforts de reconstruction des Sénateurs. Il est convaincu que l’organisation est sur la bonne voie. En attendant les victoires, il apprécie l’ambiance dans le vestiaire.

Il ne doit quand même pas trouver tous les jours très drôles.

En octobre, Anderson a perdu son poste de gardien de but numéro un au profit d’Anders Nilsson avec une certaine grâce.

En décembre, il s’est fait doubler par un deuxième géant suédois.

Ces derniers temps, on l’a senti un peu maussade, dans son rôle d’adjoint de Marcus Högberg.

Un peu contrarié, mettons.

Le vétéran a peut-être juste du mal à se faire apprécier du nouveau groupe d’entraîneurs.

On lui souhaite donc de trouver quelqu’un, quelque part, qui sera prêt à lui donner une autre chance.

On parle, bien sûr, d’un club qui aurait besoin d’une police d’assurance. Les chiffres récents d’Anderson ne sont pas exceptionnels, mais on ne peut pas non plus effacer sa feuille de route dans les séries éliminatoires.

Il a eu la chance de jouer quatre fois au printemps, durant sa carrière. 

En 2012, il a dominé Henrik Lundqvist, même si les Sénateurs ont perdu en sept matches contre les Rangers de New York. L’année suivante, il a eu le dessus sur Carey Price, dans son duel contre le Canadien de Montréal.

En 2015, Price a savouré sa revanche. La série a toutefois pris un virage important, quand Anderson a pris la relève d’Andrew Hammond après quelques parties.

En 2017, sans Andy, les Sénateurs n’auraient jamais atteint la Finale de l’Association Est.

Pour ce que ça vaut, il me disait au début du mois qu’il a toujours envie de gagner.

« Le jour où je perdrai le feu, je ne serai plus capable de faire mon travail. À ce moment-là, je me retirerai. »

On se disait que les Panthers de la Floride auraient peut-être de l’intérêt. Et ça, c’était avant que le réserviste Chris Driedger se blesse au bas du corps. Aux dernières nouvelles, il devra s’absenter pendant « plusieurs » semaines.

Ça pourrait accélérer le processus. Il faudra voir.