Sylvain St-Laurent

Les éternels satisfaits

CHRONIQUE / Dans les 15 derniers mois, j’ai souvent utilisé cet espace pour critiquer Eugene Melnyk. J’ai souligné les moments où il manquait de cohérence. J’ai critiqué ses méthodes de travail, son attitude. J’ai même déjà fait état d’un manque de jugement.

Pas cette fois.

Sylvain St-Laurent

Un gardien suédois... ou un autre

CHRONIQUE / Dommage. La contre-performance collective des Sénateurs, mercredi soir à Vancouver, est possiblement arrivée au pire moment pour Anders Nilsson.

Le gardien suédois venait de coller deux grosses performances pour permettre à son équipe de vaincre deux équipes qui participeront aux séries. S’il avait réussi à gagner un troisième match, contre ses anciens coéquipiers de surcroît, il aurait donné matière à réflexion à ses patrons.

Sylvain St-Laurent

Toutes les révolutions débutent quelque part

CHRONIQUE / À la conclusion de leur saison régulière, quand ils ont fracassé un record en récoltant leur 106e point au classement, les 67’s d’Ottawa se sont réunis dans leur vestiaire, dimanche. Les joueurs ont choisi de remettre la rondelle du dernier match à leur entraîneur-chef, André Tourigny.

On peut facilement deviner ce qu’un tel geste signifie.

Sylvain St-Laurent

Ces équipes qui perdent tout le temps

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / On a tendance à l’oublier, parce que le temps a passé. En 2005, les dirigeants de la Ligue nationale de hockey ont pris la décision d’annuler une saison complète alors qu’un conflit de travail faisait rage.

C’était un sacrifice nécessaire, jurait à l’époque le commissaire Gary Bettman. Il devait permettre l’implantation d’un système qui ramènerait un équilibre compétitif.

Le plafond salarial devait permettre aux plus petits clubs de compétitionner avec les grands.

Finie, l’époque où certaines organisations passaient de très longues périodes dans la cave du classement.

Une quinzaine d’années plus tard, le plafond salarial continue de gonfler. Clairement, la LNH brasse de bonnes affaires.

Toutes les belles promesses de 2005 n’ont cependant pas été remplies. Alors qu’une autre saison tire à sa fin, jetons un coup d’œil à ce qui se passe dans certaines villes qui sont habituées à la défaite.

Et un coup d’œil à ce qu’elles comptent faire pour améliorer les choses.

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Buffalo : un autre coach au chômage ?

Jack Eichel a bien aimé le niveau d’engagement de la foule, dimanche soir, quand les Sabres de Buffalo ont vaincu les Blues de Saint-Louis au KeyBank Arena. « Un match à 17 h, le jour de la Saint-Patrick. Les locaux ont eu le temps de savourer quelques consommations en admirant la parade. Ils sont arrivés dans les gradins avec un beau petit buzz », a-t-il déclaré en quittant la patinoire. L’ambiance festive aurait donné le goût aux joueurs de se défoncer.

Si les Sabres jouaient mieux, leurs fans auraient peut-être, plus souvent, le cœur à la fête. Il paraît qu’un autre changement d’entraîneur est dans l’air, pour cette équipe qui sera exclue des séries pour une huitième année consécutive. « Je ne pense pas à ça pour le moment. Je dois continuer à faire mon travail d’enseignant auprès des jeunes », a répondu Phil Housley, récemment, à un confrère du Buffalo News.

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Floride : la folie du 1er juillet

On comprend mal pourquoi les Panthers de la Floride ne parviennent pas à décoller, avec leur noyau de jeunes joueurs talentueux qui sont dans la fleur de l’âge.

Leur directeur général Dale Tallon n’a pas l’air de comprendre, non plus. C’est sans doute pourquoi il va emprunter un chemin totalement différent dans le but de s’extirper d’un cycle dans laquelle son équipe a participé aux séries à deux reprises depuis 2001. La stratégie sera de se montrer très agressif lors de l’ouverture de la chasse aux joueurs autonomes, le 1er juillet prochain.

« Il n’y a pas de taxes en Floride. C’est un élément important que bien des joueurs autonomes prennent en considération », a récemment confié Troy Brouwer à L’Athlétique. « Porter des sandales en plein hiver, ce n’est pas désagréable non plus », a commenté Roberto Luongo dans le même reportage.

On se demande si l’ambiance de la « colonie de vacances » ne serait pas en partie responsable des problèmes qui persistent chez les Panthers...

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Vancouver : des vétérans s’en vont

« Notre équipe sera différente l’an prochain », a promis l’entraîneur-chef des Canucks, Travis Green, dans une longue entrevue avec le quotidien Vancouver Sun. « Faire des changements, ce n’est pas nécessairement facile dans la LNH d’aujourd’hui. Mais les clubs qui ne participent pas aux séries doivent bouger », a-t-il ajouté.

Les Canucks ne toucheront pas à leur jeune noyau. Elias Petersson, Brock Boeser et le nouveau venu Quinn Hughes viennent à peine d’arriver. Ils ne sont pas responsables des problèmes de l’organisation depuis quatre ou cinq ans.

Le sort des vétérans Jay Beagle, Loui Eriksson, Markus Granlund, Derrick Pouliot et Antoine Roussel est un peu moins clair.

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Edmonton : le mauvais gardien ?

Quelques heures avant de se faire montrer la porte, le directeur général Peter Chiarelli a fait signer une prolongation de contrat au gardien finlandais Mikko Koskinen. Depuis, le jeune trentenaire a fait un boulot honnête. Il vient de connaître une séquence de cinq victoires consécutives. Au lendemain d’une performance un peu moins reluisante, contre les Golden Knights de Vegas, la presse l’a quand même crucifié. Il est faible du côté de la mitaine. Tout le monde peut le voir, écrivait un columnist du Edmonton Journal.

Les Oilers vont terminer l’année avec deux marqueurs de 40 buts, Connor McDavid et Leon Draisaitl. Ryan Nugent-Hopkins connaît, à 25 ans, la saison la plus productive de sa carrière. Dans le hockey professionnel, le succès commence quand même devant le filet.

Koskinen touchera un salaire digne d’un gardien de but numéro un jusqu’en 2022.

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New Jersey : l’histoire d’une blessure

« On joue bien, en tant qu’équipe. Cela dit, quand ton meilleur joueur manque à l’appel, c’est un coup dur », a déclaré le défenseur Will Butcher quand les Devils du New Jersey ont été rossés, 9-4, par les Flames de Calgary.

Serait-il aussi facile d’expliquer la mauvaise saison au New Jersey ?

Taylor Hall, dernier vainqueur du trophée Hart, a disputé son dernier match le 23 décembre dernier.

Les Devils avaient une fiche de 12-16-7, à ce moment-là.

Butcher (et ses patrons) devront peut-être chercher un peu plus loin...

Sylvain St-Laurent

Véronneau rend déjà service aux Sénateurs

CHRONIQUE / Bob McKenzie, le pape de l’information sportive au Canada, l’insider parmi les insiders, a encore une fois été le premier à sonner l’alarme.

Vingt-cinq équipes de la LNH s’intéressent au joueur autonome universitaire Max Véronneau, gazouillait-il très tôt, mardi matin. Les Sénateurs, l’équipe de son patelin, se montrent particulièrement agressifs, précisait-il.

Sylvain St-Laurent

Que se passe-t-il, au juste, en Caroline?

CHRONIQUE / C’est l’histoire de notre saison, fanfaronnait un Rod Brind’Amour tout souriant, devant les journalistes, tard samedi soir. L’équipe qu’il dirige, les Hurricanes de la Caroline, venait de gagner un gros match sur la route, dans un amphithéâtre intimidant, à Nashville.

« Notre équipe commet parfois des erreurs, mais elle est toujours prête à se battre. Nos joueurs sont de grands travailleurs », a-t-il précisé.

Sylvain St-Laurent

Dix-neuf cubes de glace

CHRONIQUE / Dans plusieurs années, quand ils vont se retrouver, les joueurs de l’Intrépide benjamin de la polyvalente Nicolas-Gatineau auront d’extraordinaires souvenirs à se raconter.

Ils sont devenus la première équipe de l’Outaouais en près de 20 ans à remporter le prestigieux tournoi pee-wee de Québec. Gagner une finale dans un aréna digne de la LNH, devant 12 000 spectateurs... Ce n’est pas quelque chose qui s’oublie facilement.

Sylvain St-Laurent

Un pro

CHRONIQUE / Certaines choses ne changent pas et ne changeront probablement jamais. Le vote de confiance du directeur général à l’endroit de son entraîneur, par exemple. Dans la LNH, ça ne vaut pas grand-chose.

« Guy, c’est notre entraîneur. Tout le monde s’entend. Je ne lui ai pas facilité la tâche, dans les dernières semaines, avec tout ce qui est arrivé dans l’entourage de notre équipe. Il faudra l’appuyer davantage », a déclaré Pierre Dorion, lundi dernier.

Lundi !

Moins de quatre jours plus tard, dans un grand mouvement de compassion, le DG des Sénateurs a ouvert la porte avant de pousser son entraîneur sur le trottoir.

Merci, bonsoir !

Je n’essaierai pas de vous faire croire que je l’ai vu venir, ce congédiement.

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L'agonie de Boucher est finie

Crawford succède à Boucher

En début de semaine, je trouvais quand même cette déclaration curieuse.

J’étais à Washington, mardi. J’en ai profité pour prendre Boucher à part, quelques heures avant le match des Sénateurs contre les Capitals.

Je lui ai demandé ce qu’il pensait de tout ça.

- C’est vrai, Guy, qu’on vous a compliqué la tâche dernièrement ?

Boucher m’a regardé, l’air un peu incrédule. Il a froncé les sourcils. Il m’a ensuite offert la réponse la plus courte, mais la plus précise et la plus révélatrice de ses trois années passées à Ottawa.

« C’est ça, ma job. »

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Boucher ne pourra jamais contester son congédiement. Il dirige une équipe de dernière position. À défaut de promettre des victoires, il avait juré qu’on verrait une progression, défensivement, dans la deuxième moitié de la saison. Les Sénateurs ont alloué plus de 35 tirs à leurs adversaires à sept reprises, dans les 10 dernières parties.

Les déclarations presque trop honnêtes de Craig Anderson, vendredi, résument parfaitement la situation.

À travers toutes les difficultés rencontrées dans les 15 derniers mois, il faudra quand même reconnaître quelque chose. Boucher s’est comporté comme un véritable professionnel, du premier au dernier jour.

Ce n’est pas rien.

Il faut passer un peu de temps dans le giron de l’équipe, ces jours-ci, pour vraiment comprendre à quel point les choses vont mal. Les employés de soutien longent les murs. Les préposés à l’équipement et les thérapeutes ont le moral à plat.

Derrière les faces d’enterrement se cache un directeur général qui a parfois du mal à gérer ses émotions. Avec tout ce qui s’est passé, dans la dernière semaine, je n’ai pas eu le temps de vous parler de ce douloureux moment de radio qu’a offert Dorion aux auditeurs de TSN 1200.

Le DG s’est présenté dans les studios de la station de radio sportive d’Ottawa, lundi, quand il a échangé Mark Stone. Il s’en est suivi un véritable affrontement avec les animateurs. La voix tremblotante, sur la défensive, il a fini par mettre au défi les partisans. Que ceux qui sont mécontents viennent me le dire en pleine face ! Je serai à l’aréna de Navan, ce soir !

Ça ne volait pas haut.

Boucher, dans tout ça ?

Boucher, dans le délicat rôle du principal porte-parole de l’organisation auprès des médias, n’a jamais perdu son sang-froid. Patient, il a continué à chercher des réponses. Jeudi, alors qu’il se préparait à diriger son dernier match à Ottawa, il disait aux médias qu’il avait hâte de voir comment Rudolfs Balcers réagirait, après avoir passé un match dans les gradins.

C’était « sa job ». D’ailleurs, il a développé — un peu — son idée, mardi matin, à Washington.

« Je ne suis pas une recrue. Ça fait 22 ans que je suis un entraîneur. Je n’ai pas uniquement connu la Ligue nationale. Il y a eu la Ligue américaine, le junior… J’en ai vécu de toutes les sortes. À mon âge, avec toute l’expérience accumulée, je suis capable de gérer tout ça », m’a-t-il dit.

« On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Je ne changerai pas mon attitude. La job, c’est toujours dur. Certaines journées sont plus difficiles que d’autres. Il n’a pas été toujours facile de prévoir certaines choses, dernièrement. Comme je te dis, ça fait partie de ma job. Quand je me lève le matin, je suis toujours en mode attaque », a-t-il résumé.

Guy Boucher, en résumé, c’est ça. Un vrai pro.

Un pro qui s’est acquitté de ses tâches avec beaucoup de classe et de dignité.

Ça n’a l’air de rien, comme ça. Pourtant, ça m’apparaît essentiel.

Dieu sait que l’organisation des Sénateurs a besoin de gens comme lui, en ce moment.