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Sylvain St-Laurent

Anderson, quelqu'un?

CHRONIQUE / Nous sommes rendus au Match des étoiles. Déjà. Les choses devraient aller vite, à compter de maintenant.

Les Sénateurs vont reprendre le collier lundi. Sur la glace, déjà, ils seront occupés. Ils devront se remettre dans le bain rapidement, avec une séquence de deux matches en deux jours, dans deux villes différentes.

Dans les bureaux, aussi, ça va grouiller. Il restera moins d’un mois à écouler avant la date limite des transactions. La vente de feu – troisième consécutive pour Pierre Dorion – pourrait débuter n’importe quand.

Il faudra surveiller les trois principaux morceaux à liquider. Mark Borowiecki, Dylan DeMelo et Jean-Gabriel Pageau pourraient avoir une certaine valeur, sur le marché, en cette année qui s’annonce assez pauvre en matière de joueurs de location.

À condition, bien entendu, qu’ils soient à échanger. On vous rappelle les dernières déclarations publiques de Dorion. 

Il faut garder de bons vétérans pour encadrer les jeunes, a-t-il déclaré, avant de rassurer les partisans quant aux négociations qui progressent lentement. « Un contrat, ça peut se régler assez rapidement. »

Sinon, Tyler Ennis est certainement échangeable. Il ne faudrait quand même pas s’attendre à ce que les enchères soient élevées. Il a le cœur gros à l’aréna et son contrat modeste lui permettrait de se joindre à n’importe quelle équipe de pointe. Dans les séries de la coupe Stanley, toutefois, son gabarit peut constituer un handicap.

C’est pas mal ça qui est ça.

Il y a toujours Craig Anderson. Il écoule, lui aussi, la dernière année de son contrat.

Il est forcément disponible. Y aura-t-il des intéressés ?

***

Cartes sur table. Je ne suis pas convaincu qu’une équipe de pointe aura de l’intérêt pour lui.

Je le lui souhaite, quand même.

Il a presque 39 ans. Il a été blessé plus souvent qu’à son tour au cours des cinq dernières saisons. Depuis 2018, sa fiche est largement déficitaire. Il n’a pas gagné trop souvent.

Je lui souhaite, quand même, de trouver un club qui sera prêt à l’héberger, temporairement. Parce qu’il n’a plus l’air de filer le parfait bonheur à Kanata.

Il dit toutes les bonnes choses depuis le début de la saison. Il est fier de participer aux efforts de reconstruction des Sénateurs. Il est convaincu que l’organisation est sur la bonne voie. En attendant les victoires, il apprécie l’ambiance dans le vestiaire.

Il ne doit quand même pas trouver tous les jours très drôles.

En octobre, Anderson a perdu son poste de gardien de but numéro un au profit d’Anders Nilsson avec une certaine grâce.

En décembre, il s’est fait doubler par un deuxième géant suédois.

Ces derniers temps, on l’a senti un peu maussade, dans son rôle d’adjoint de Marcus Högberg.

Un peu contrarié, mettons.

Le vétéran a peut-être juste du mal à se faire apprécier du nouveau groupe d’entraîneurs.

On lui souhaite donc de trouver quelqu’un, quelque part, qui sera prêt à lui donner une autre chance.

On parle, bien sûr, d’un club qui aurait besoin d’une police d’assurance. Les chiffres récents d’Anderson ne sont pas exceptionnels, mais on ne peut pas non plus effacer sa feuille de route dans les séries éliminatoires.

Il a eu la chance de jouer quatre fois au printemps, durant sa carrière. 

En 2012, il a dominé Henrik Lundqvist, même si les Sénateurs ont perdu en sept matches contre les Rangers de New York. L’année suivante, il a eu le dessus sur Carey Price, dans son duel contre le Canadien de Montréal.

En 2015, Price a savouré sa revanche. La série a toutefois pris un virage important, quand Anderson a pris la relève d’Andrew Hammond après quelques parties.

En 2017, sans Andy, les Sénateurs n’auraient jamais atteint la Finale de l’Association Est.

Pour ce que ça vaut, il me disait au début du mois qu’il a toujours envie de gagner.

« Le jour où je perdrai le feu, je ne serai plus capable de faire mon travail. À ce moment-là, je me retirerai. »

On se disait que les Panthers de la Floride auraient peut-être de l’intérêt. Et ça, c’était avant que le réserviste Chris Driedger se blesse au bas du corps. Aux dernières nouvelles, il devra s’absenter pendant « plusieurs » semaines.

Ça pourrait accélérer le processus. Il faudra voir.

Sylvain St-Laurent

Un congé qui a tout changé

CHRONIQUE / Éric Landry a fêté ses 45 ans dans un autocar. Sur l’autoroute 20. Sur le long chemin qui sépare Gatineau et Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

En fait, ce n’est pas tout à fait exact.

Lundi, jour de son anniversaire, Landry a eu le temps de souper en famille. Les Olympiques ont quitté le Centre Guertin en direction des provinces de l’Atlantique aux environs de 23 heures.

Tous les joueurs ont eu la chance de lui souhaiter bonne fête.

Je l’ai fait à mon tour, mardi, quand l’équipe a enfin atteint sa destination.

Je lui ai demandé ce qu’on pouvait lui souhaiter de mieux, à l’aube de cette nouvelle année.

« Gagner des games », a-t-il répondu sans hésitation.

« Tout est toujours relatif à cela. »

C’était le deuxième objet de mon appel.

Les Olympiques viennent de gagner neuf de leurs 10 dernières parties.

Cette séquence est encore plus remarquable quand on se souvient de l’autre séquence, celle de 12 revers consécutifs, survenue entre le 14 novembre et le 14 décembre.

Avant les Fêtes, tout le monde voulait savoir ce qui pouvait se passer chez les Olympiques.

Depuis le début de la nouvelle année, tout le monde se pose la même question.

Pour des raisons différentes.

J’ai posé la question, directement, à l’entraîneur-chef.

Il m’a répondu que la pause, dans le calendrier, a fait toute la différence.

Pour vrai.

***

Les Olympiques ont fait relâche pendant très exactement deux semaines, entre le 14 et le 28 décembre. Leurs dirigeants en ont profité pour compléter le ménage. Le président et le directeur général ont démissionné. Il faut croire que les actionnaires qui ont choisi de rester ont grand ouvert toutes les portes et toutes les fenêtres de Guertin, histoire de purifier l’air.

« Le changement de discours, après Noël, a fait une différence. Avec Marc Saumier, avec Norm, la communication est très différente », dit-il, en pesant ses mots.

Jusque là, Landry pesait ses mots.

Mais il s’est ouvert assez rapidement.

En gros, il m’a fait comprendre qu’il fallait sortir au plus vite les joueurs de l’Outaouais. Il fallait leur permettre d’échapper à l’environnement néfaste dans lequel ils ont baigné trop longtemps.

Ils devaient se changer les idées. C’était vital.

« Ils sont revenus avec une tête beaucoup plus claire », me jure Landry.

« Ce n’était pas facile, pour eux, la situation dans laquelle on se trouvait. Les médias parlaient de nos problèmes chaque jour. Les joueurs de la LNH ont parfois du mal à composer avec cette pression. Nos joueurs à nous, ils ont entre 16 et 20 ans ! »

« On leur en demande beaucoup, à nos gars. On s’attend à ce qu’ils réagissent comme des pros. Ils sont dans les rangs juniors pour apprendre à se comporter comme des pros ! »

Je dois reconnaître que tout ça m’avait échappé. Quand on couvrait chaque jour la crise qui secouait les Olympiques, je pensais constamment aux conséquences que nos articles pouvaient avoir sur l’avenir, à très long terme, du club junior majeur de l’Outaouais.

Je n’ai pas pensé une seule fois aux conséquences que toute cette histoire pouvait avoir sur les joueurs de l’édition actuelle.

Landry insiste. Les joueurs sont au cœur de tout.

« Je n’avais pas de contrôle sur ce qui allait se passer pendant les deux semaines de pause, mais je me disais que les petites blessures auraient le temps de guérir. J’espérais aussi que les parents sauraient dire les bonnes choses. Passer du temps avec les parents, ça fait du bien. Moi, dans les années où je jouais au hockey, ma mère et mon père étaient deux personnes très importantes. Ils trouvaient toujours des façons de m’appuyer. »

***

J’aurais voulu parler à Landry de la façon dont il a lui-même vécu la crise. Il aurait bien pu perdre son job, lui aussi.

On aura sans doute la chance d’y revenir, plus tard.

À 45 ans, l’entraîneur-chef a l’air plein d’énergie, porté par un enthousiasme que nous n’avons pas vu souvent.

« Depuis qu’on a recommencé, après Noël, les joueurs se concentrent sur tous les petits détails. Ça paraît dans les yeux des gars. Ils sont fiers et ils veulent en donner plus. »

« Il n’y a rien de plus agréable que d’enseigner des choses et de voir que ça fonctionne. »

Sylvain St-Laurent

Ovi rejoindra-t-il Gretzky ?

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / Une fête se prépare, à Washington. Alexander Ovechkin va bientôt marquer son 700e but en carrière. L’organisation des Capitals de Washington doit absolument souligner ça !

C’est quand même un peu plus difficile que ça en a l’air.

Sylvain St-Laurent

Il ne faudrait pas oublier Maxence Guénette

CHRONIQUE / Deux défenseurs d’avenir des Sénateurs ont monopolisé l’attention, dans les dernières semaines. On a beaucoup parlé de Lassi Thomson. On a probablement dit encore plus de bien de Jacob Bernard-Docker.

C’est normal. Ils se sont tous les deux retrouvés sous le plus grand projecteur sur la planète, au Championnat mondial junior. Et ils ont tous les deux brillé.

Bernard-Docker a été le défenseur le plus utilisé au sein de l’équipe qui a fini le tournoi sur la plus haute marche du podium.

Thomson n’a pas rapporté de médaille. À 18 ans, il a quand même été le capitaine d’une coriace petite équipe scandinave qui s’est bien battue.

Avec ces deux jeunes hommes, croit-on, l’avenir est radieux à Ottawa. La relève semble assurée, du côté droit, en défensive.

Et le pire, c’est que ça ne s’arrête même pas là.

Cette chronique sera un petit rayon de soleil, en ce samedi de blizzard. Les Sénateurs ont subi neuf revers consécutifs. Ils vont tout faire pour ne pas en subir un 10e, quand les Flames passeront par le Centre Canadian Tire.

La relève est vraiment solide, défensivement, du côté droit.

Les Sénateurs ont Maxence Guénette. On l’oublie vite, lui, parce qu’il n’a pas joué des matches devant des centaines de milliers de téléspectateurs, au temps des Fêtes.

On a perdu Guénette de vue, à la fin du mois de septembre, quand il a quitté le camp d’entraînement des Sénateurs.

Il était de retour dans le coin, vendredi soir. Il était là pour affronter les Olympiques de Gatineau, avec ses coéquipiers des Foreurs de Val-d’Or.

Je suis allé à sa rencontre. J’ai parlé à son entraîneur.

Il connaît une très bonne saison.

 ***

Guénette a surpris bien des gens, en septembre. Personne ne s’attendait à ce qu’un adolescent de 18 ans, choix de septième ronde au repêchage, passe plus de quelques jours au camp.

Il est tombé dans l’œil des nouveaux entraîneurs. Ces derniers lui ont même permis de participer à un match préparatoire.

Guénette a surpris bien des gens. Il s’est probablement surpris lui-même.

On m’a dit un truc très intéressant à son sujet, à ce moment-là. « Maxence doit prendre conscience de certaines choses. Il devrait d’abord prendre conscience de son propre talent. »

J’en parlais notamment avec Mathieu Turcotte, un entraîneur qui connaît Guénette depuis longtemps. Ils ont commencé à travailler ensemble à l’époque où le gamin donnait ses premiers coups de patin dans le MAHG. Une dizaine d’années plus tard, ils ont travaillé ensemble avec les Chevaliers de Lévis, dans la Ligue midget AAA du Québec.

« Souvent, les gars qui ont autant de talent ont trop confiance en leurs moyens. Avec Maxence, c’est le contraire », me dit-il.

Guénette sourit, quand on lui parle de cela.

« Tu n’es pas le premier à m’en parler », réagit-il.

Les yeux de Pascal Rhéaume s’écarquillent quand le sujet tombe sur la table. 

Entraîneur-chef des Foreurs depuis bientôt deux ans, il commence à bien connaître son protégé. Selon lui, les choses ont commencé à changer, pour le mieux, lorsque le joueur est rentré en Abitibi. « Ça lui a fait réaliser certaines choses, son séjour à Ottawa. Il est revenu avec une attitude A-1, un désir de s’améliorer chaque jour. »

Pas que son attitude faisait défaut, dans le passé.

Avec son humilité caractéristique, il a toujours été un joueur assez facile à diriger.

Les Sénateurs lui ont simplement fait comprendre qu’il avait tout ce qu’il fallait pour connaître une belle et longue carrière... À condition de continuer à mettre toutes les chances de son côté.

« Les forces que les Sénateurs ont identifiées, il trouve des façons de les mettre en valeur », estime Rhéaume.

« Ses principales forces, c’est son coup de patin et l’exécution des passes. Quand il utilise ses forces, dans le feu de l’action, il devient un défenseur très dangereux, pour nous. Il devient pratiquement un quatrième attaquant. »

Contrairement à Bernard-Docker et Thomson, Guénette n’évoluera pas dans les rangs professionnels, l’an prochain. Il aura besoin d’un peu plus de temps.

Combien ? C’est dur à prédire.

Vous savez, cette séquence de cinq années de « succès sans précédent » promise par Eugene Melnyk aux partisans ? Il devrait être en mesure d’y contribuer.

Sylvain St-Laurent

Ces joueurs gâtés pourris

CHRONIQUE / Les responsables des communications des Golden Knights nous ont dit que le directeur général serait disponible aux environs de 12 h 30.

Kelly McCrimmon a fait son apparition, au bout du couloir, à 12 h 29. Quand il a commencé à répondre aux questions des journalistes, il était – précisément – 12 h 30. Les Knights ne font rien à peu près.

Sylvain St-Laurent

Toute la pression sur Dorion

CHRONIQUE / «Les gens qui évoluent dans le monde du hockey depuis un certain temps savent qu’un contrat, ça peut se négocier assez rapidement. »

Ces mots sont importants parce qu’ils sortent de la bouche de Pierre Dorion.

Sylvain St-Laurent

Cinq équipes, un seul Alexis

RUBRIQUE À TRAVERS LA LNH / On a senti que de nombreux partisans du Canadien ont décroché, la semaine dernière. En plein cœur d’une séquence de huit revers consécutifs, nombreux sont ceux qui ont rejoint les fans des Sénateurs. Le prochain repêchage amateur est désormais plus important que l’issue de la saison en cours.

L’opportunité de repêcher une future superstar francophone, au premier rang, ne se présente quand même pas chaque année.

Sylvain St-Laurent

Les choses «un peu» brisées

CHRONIQUE / Les Sénateurs ont embauché un nouveau chef de la direction. Il s’appelle Jim Little. Son mandat : élaborer « la stratégie commerciale globale » de l’organisation. Il devra s’attarder plus particulièrement au marketing, tout en tissant de nouveaux liens communautaires.

Déjà, c’est une bonne nouvelle.

Sylvain St-Laurent

Notre Alexis, votre Alexis...

CHRONIQUE / Au début, c’était juste une blague.

Le collègue François Gagnon, a décidé que la saison du Canadien de Montréal est gâchée. La défaite subie à Détroit, mardi soir, a été, pour lui, la goutte qui a fait déborder le vase.

Sylvain St-Laurent

Les belles Fêtes de Mario

CHRONIQUE / Juste avant Noël, André Tourigny m’a dit qu’il partait avec la conscience tranquille. Il s’envolait vers l’Europe avec Équipe Canada junior, convaincu que ses adjoints le remplaceraient adéquatement derrière le banc des 67’s d’Ottawa.

« Je suis vraiment choyé, qu’il m’avait dit. Je mise sur un vrai groupe d’entraîneurs, pour m’épauler. »

À LIRE AUSSI : Tourigny part avec l'esprit tranquille

Il m’avait parlé de Mario Duhamel, en particulier. Un adjoint de luxe, qui pourrait occuper, n’importe où, un poste d’entraîneur-chef.

« Je parie que mes adjoints vont me faire mal paraître », avait-il ajouté, sur un ton léger.

André Tourigny a vraiment dit tout cela.

En quelque part, il n’avait pas vraiment le choix.

Sylvain St-Laurent

Une «vraie» équipe nationale

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / André Tourigny venait de franchir les portes de l’aéroport Cartier-MacDonald, à Ottawa, lorsqu’il a répondu à notre appel. La soirée de lundi débutait. Il n’avait pas dormi depuis une bonne quarantaine d’heures.

On sentait encore, dans sa voix, toute l’euphorie de la victoire en finale du Championnat mondial de hockey junior.

Sylvain St-Laurent

Retour sur la décennie (partie 3 de 5): Des départs et des retours

La décennie qui se termine fut, possiblement, la plus chargée de l’histoire, sur la scène sportive, dans la région d’Ottawa-Gatineau. Chaque jour, cette semaine, nous revenons sur les événements marquants qui ont fait travailler les journalistes sportifs du quotidien Le Droit. Aujourd’hui : les années 2014 et 2015.

Février 2014 : Bons baisers de Sotchi

Caroline Calvé a bien représenté l’Outaouais, sur la scène internationale, pendant une décennie. Six fois championne canadienne, la planchiste d’Aylmer termine sa carrière olympique de belle façon, à Sotchi, en prenant le sixième rang du slalom géant parallèle.

Sylvain St-Laurent

Retour sur la décennie (partie 2 de 5): Moments forts à Ottawa

RETOUR SUR LA DÉCENNIE #2 / La décennie qui se termine fut, possiblement, la plus chargée de l’histoire, sur la scène sportive, dans la région d’Ottawa-Gatineau. Chaque jour, cette semaine, nous revenons sur les événements marquants qui ont fait travailler les journalistes sportifs du quotidien Le Droit. Aujourd’hui : les années 2012 et 2013.

JANVIER 2012 : VOIR DES ÉTOILES

Les Sénateurs célèbrent leur 20e anniversaire et la LNH leur offre un cadeau. On leur donne le droit d’organiser le 59e Match des étoiles de la LNH. Les amateurs de hockey d’Ottawa se gâtent. Ils font élire quatre de leurs joueurs – Daniel Alfredsson, Erik Karlsson, Milan Michalek et Jason Spezza – dans la formation débutante. Le Festival des partisans, au centre-ville, obtient un vif succès. Le rappeur Drake livre un spectacle entre deux périodes d’un match remporté 12-9 par l’équipe du capitaine Zdeno Chara. Avec trois buts et une passe, Marian Gaborik mérite le titre de joueur par excellence.

Sylvain St-Laurent

Pageau doit avoir le choix

CHRONIQUE / Jean-Gabriel Pageau a inscrit deux autres points, jeudi soir, dans la victoire des Sénateurs contre les Predators de Nashville.

Ce type de performance ne devrait plus vraiment nous étonner. Il est en train de connaître la meilleure saison de sa carrière.

Selon ce que j’ai pu comprendre, cette semaine, Pierre Dorion n’a pas encore discuté avec son agent, en ce qui a trait à la prolongation de son contrat.

Ça, c’est un peu plus étonnant.

Très étonnant, même.

Je veux bien croire que le dossier des futurs joueurs autonomes n’était pas le dossier prioritaire du directeur général, cet automne.

Sauf que les Fêtes sont à nos portes. Le temps commence à presser.

Généralement, les vétérans qui entreprennent la nouvelle année sans garanties contractuelles finissent par changer d’adresse avant la date limite des transactions.

Je ne connais rien des intentions de Pageau. Je ne sais pas s’il souhaite poursuivre sa carrière à Ottawa ou s’il préférerait tenter sa chance ailleurs.

Les joueurs ne partagent généralement pas ces détails avec les journalistes.

Si je me place dans ses souliers, je me dis que j’aimerais qu’on m’offre le choix. J’aimerais que les Sénateurs déposent une offre honnête, rapidement, pour me donner le temps d’y réfléchir. Ou de négocier.

Pageau a été repêché par les Sénateurs en 2011. Si on fait le bilan des neuf années qui ont suivi, le nombre de bons matches joués excède largement le nombre de mauvaises performances. Pageau a été un soldat loyal, vaillant. Il aurait pu baisser les bras, l’an dernier, quand tous ses amis sont partis dans la vente de liquidation. Il a plutôt choisi de se retrousser les manches.

On prédisait aux Sénateurs le dernier rang du classement général, en début de saison. Si Pageau – et Anthony Duclair – n’étaient pas là, ce serait probablement en train de se matérialiser.

Pour tout ce qu’il a donné aux Sénateurs, jusqu’à présent, Pageau mérite d’être traité avec le plus grand des respects.

***

Le passage de Matt Duchene à Kanata, jeudi, nous a donné l’opportunité de réfléchir à la vente de feu qui a été dirigée par Dorion, la saison dernière.

Le DG des Sénateurs s’en est plutôt bien tiré, je dirais.

En retour d’Erik Karlsson, il a obtenu deux attaquants – Rudolfs Balcers et Josh Norris – qui jouent du très bon hockey à Belleville. Il a également soutiré le choix de première ronde des Sharks de San Jose, en 2020. Ce choix pourrait lui donner une chance de plus de gagner la loterie, puisqu’ils ont passé la première moitié du calendrier en dehors du portrait des séries.

Dorion a peut-être obtenu davantage, encore, quand il a cédé Ryan Dzingel et Duchene aux Blue Jackets de Columbus. Il a obtenu un premier choix qui est devenu Lassi Thomson. Il détient toujours deux choix de deuxième ronde. Il a mis la patte sur deux autres espoirs intéressants. Vitaly Abramov connaît lui aussi une grosse saison dans les mineures. Et Duclair, le petit cadeau supplémentaire, qui pourrait bien connaître une saison de 30 buts.

Sylvain St-Laurent

Alain Sear voulait nous parler

CHRONIQUE / Alain Sear est sur le point de partir en voyage. Il n’est pas certain de sa destination finale, mais il vise la Floride. Il ne sait pas non plus combien de temps dureront ses vacances.

« Je vais m’acheter 12 douzaines de balles de golf. Je reviendrai quand ma réserve sera épuisée », me lance-t-il, mi-sérieux, mi-blagueur.

Sylvain St-Laurent

La reconstruction peut commencer

CHRONIQUE / On va s’entendre sur un truc, avant d’aller plus loin. Durant ses 15 années au sein de l’organisation des Olympiques, Alain Sear n’a pas fait que du mauvais.

C’est bien ça, le drame, dans toute cette histoire.

Sylvain St-Laurent

Des changements nécessaires

CHRONIQUE / Je vais vous dire comment la rencontre de mardi a pris fin, au centre Robert-Guertin.

Nous étions un petit groupe de journalistes, à faire le pied de grue, à l’extérieur du salon où les discussions avaient lieu. Tous les médias d’information sérieux de la région étaient représentés : Le Droit, Radio-Canada, le 104,7 FM, TVA et V...

J’étais un peu en retrait.

J’ai compris que la rencontre était finie quand j’ai entendu quelqu’un s’énerver, tout en haut des marches. J’ai compris plus tard qu’il s’agissait de Martin Lacasse. Le président des Olympiques semblait surpris de trouver des caméras, alors qu’il aurait dû s’y attendre. Il a dit quelque chose à propos d’un « manque de respect ».

Je peux vous garantir que tous les collègues qui étaient sur place ont travaillé à l’intérieur des normes de la profession. Tout a été fait selon les règles de l’art.

Un individu s’est rapidement interposé pour calmer le jeu. Bien gentil, quoiqu’un peu agité, cet homme qu’on ne connaissait pas a demandé à tout le monde de bien vouloir quitter. Les actionnaires n’avaient rien à dire, de toute façon. Un communiqué de presse serait envoyé sous peu, jurait-il. Il a ramassé quelques cartes d’affaires.

Nous avons bien tenté de connaître son rôle dans cette histoire. Malgré nos demandes répétées, il a refusé de s’identifier.

Ça ne faisait pas trop sérieux.

Un peu comme la réaction de Martin Lacasse, d’ailleurs.

Un peu comme tout ce que les Olympiques ont fait, publiquement, depuis le début de l’automne.

On ne peut pas savoir exactement ce que l’organisation nous annoncera, mercredi après-midi, en conférence de presse. Mais on espère de tout cœur que tout le brouhaha des derniers jours aura été productif.

Les Olympiques ne peuvent pas nous dire qu’ils gardent le cap. Le statu quo n’est, tout simplement, pas envisageable. 

Cette organisation a besoin d’un grand coup de barre. Elle doit trouver une façon de modifier ses pratiques, en profondeur, de façon à redorer son image.

Est-ce que ce ménage peut se faire avec le personnel qui est en place, présentement ? Je ne sais pas. J’en doute.

La façon dont les choses ont été gérées à Guertin, mardi après-midi, est tout, sauf anecdotique. Elle nous dit à peu près tout ce qu’il faut savoir au sujet de cette organisation qui navigue à vue depuis très longtemps. Une organisation qui n’est plus à la hauteur de sa réputation.

***

Ça fait bientôt quatre ans que j’alimente cette chronique.

Cette affectation m’a poussé à élargir mes horizons.

Pendant longtemps, à titre de journaliste affecté au hockey professionnel, au Droit, je passais l’essentiel de mes hivers à Kanata. Durant ces années, j’étais vaguement conscient que tout ne tournait pas rond au Vieux-Bob. À titre de président, Alain Sear ne jouissait pas d’un énorme capital de sympathie. On me disait qu’il avait du mal à retenir ses collaborateurs. On me parlait de la grogne qui semblait gagner les partisans.

Je prenais tout cela avec un grain de sel.

Je me disais que l’homme souffrait possiblement d’un problème d’image. Qu’il ne méritait peut-être pas toutes les critiques dirigées contre lui.

Mon mandat a changé. Je me suis mis à visiter le Vieux-Bob plus régulièrement. Je me suis mis à écouter, plus attentivement, les gens qui œuvrent dans le hockey junior.

Le mandat de M. Sear a changé, aussi, durant cette période. Il a réalisé un rêve en accédant au poste de directeur des opérations hockey. Il a fait preuve d’une certaine humilité en s’excusant publiquement pour ses erreurs du passé.

Il voulait qu’on le juge désormais pour ses décisions en tant qu’homme de hockey. Soit.

Je lui ai consacré une chronique complète, à ce moment-là, pour s’expliquer.

Alain Sear a eu beaucoup de mal à se refaire une réputation, depuis. 

Les histoires qu’on entend, depuis quelques jours, nous laissent croire que sa cote de popularité est à son niveau le plus faible.

Les détracteurs de M. Sear se sont fait entendre, dans les derniers jours.

Si M. Sear compte toujours quelques alliés, en ville, ceux-ci se sont montrés plutôt discrets.

Ils n’ont pas fait de bruit du tout.

Sylvain St-Laurent

Une année pour le progrès

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / On vit présentement les derniers jours d’une année fort intéressante, dans le monde du hockey. À plusieurs niveaux, on a été témoins de profonds changements.

Des façons de travailler, de penser et d’agir qu’on croyait profondément ancrées dans la culture du sport sont en voie de disparaître. Des portes s’ouvrent, un peu partout. L’année 2019 a été marquée par le progrès.

Sylvain St-Laurent

La cavalerie

CHRONIQUE / Au bout du fil, Maxime Talbot était mal à l’aise.

« Je ne peux pas nier que j’ai participé à une rencontre avec Luc Robitaille », m’a-t-il avoué.

« Mais les gens doivent comprendre que c’est embryonnaire. »

Avec ses 285 000 habitants, Gatineau est une grande ville. Mais une « petite » grande ville. Une ville dans laquelle on connaît bien son voisin. Et une ville dans laquelle les potins circulent assez rapidement.

Nous étions quelques-uns à savoir qu’un groupe d’anciens hockeyeurs de la LNH s’est réuni, cet automne, pour jeter les bases d’un projet. Et ce projet, c’est le rachat de la franchise la plus titrée de l’histoire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Nous ne connaissions pas tous les détails. Les gens qui nous avaient mis la puce à l’oreille ne voulaient pas trop en dire. Mais le mot continuait à circuler. C’était une question de temps avant que ça devienne public.

Tout le monde sait, maintenant. Alors que le groupe de 10 propriétaires actuel des Olympiques traverse une crise sans précédent, des collègues du 104,7 FM ont décidé que le temps était venu. Le chat est sorti du sac en début de journée.

Sylvain St-Laurent

Quand le Centre Bell parle du Vieux-Bob...

CHRONIQUE / J’étais au Centre Bell, mercredi soir. J’ai fait une petite visite éclair, dans le grand temple du hockey, pour couvrir le match opposant les Sénateurs au Canadien.

Vous ne devinerez jamais quel sujet monopolisait les conversations, mercredi soir, dans le grand temple du hockey.

Au Centre Bell, mercredi soir, on me parlait constamment de ce qui se passait au Centre Robert-Guertin.

Pour vrai.

Au moment où les Sénateurs rendaient visite au Canadien, les Olympiques de Gatineau accueillaient l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Durant l’hymne national, le collègue Jean-François Plante a partagé une photo dans les réseaux sociaux. On pouvait y voir des sections entières des gradins pratiquement vides, derrière le banc du club à domicile.

Sylvain St-Laurent

Pasta et le club des 70 buts

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / Il faut peut-être s’inquiéter, un peu. Lors des matches disputés les 3,5 et 7 décembre, David « Pasta » Pastrnak n’a pas marqué.

C’était la première fois en 2019 qu’il jouait trois matches consécutifs sans toucher la cible.

Sylvain St-Laurent

Andrée comme Heihei

CHRONIQUE / Pour comprendre Cédrick Andrée, il n’est pas absolument nécessaire de posséder un abonnement à la plate-forme de diffusion en ligne Disney+.

Mais ça peut aider.

Sur le masque qu’il porte depuis la saison dernière, le gardien des 67’s a fait peindre un personnage du film d’animation Moana.

Il s’agit du coq Heihei.

Les jeunes parents qui ont vu le film se souviendront de cet oiseau, disons, sous-estimé.

Je cite un personnage secondaire qui parle de Heihei, dans le premier acte :

«Je me pose des questions à propos de ce poulet qui avale de gros cailloux. Il semble manquer du minimum d’intelligence pour... presque tout. Il vaut peut-être mieux qu’on le plume ?»

Et Moana, de répondre, avec toute la sagesse qu’on attend d’une princesse de l’univers Disney...

«Parfois, les qualités ne sont pas visibles au premier abord.»

«Je suis persuadée que Heihei est plus doué qu’on ne le croit.»

Le coq, bien entendu, finit par jouer un petit rôle – mais un rôle essentiel – dans sa quête.

Au moment où tout semble perdu, il sort de nulle part et il trouve un moyen de sauver la mise.

***

Tirons tout de suite une chose au clair. Personne ne doute de l’intelligence de Cédrick Andrée.

Il est doté d’une personnalité bien particulière, qui le rend très populaire auprès des gens qui le côtoient à la Place TD.

J’en parlais un peu avec André Tourigny, jeudi matin. Je lui demandais s’il trouvait son gardien plus fébrile que d’habitude, à la veille de la série de matches interligues contre les Olympiques.

«Je n’ai rien senti de différent chez lui, a-t-il répondu. Pour ceux qui côtoient Cédrick chaque jour… Disons que c’est un gars qui est high tempo ; un gars qui a de l’énergie à tous les jours. S’il fallait qu’il en aille plus, ce serait épeurant.»

Et il se trouvait bien drôle.

Les gens qui ont douté d’Andrée, dans le passé, n’étaient pas convaincus de ses qualités athlétiques.

Il a été le 232e joueur sélectionné lors du repêchage de la LHOntario, en 2016. Ça nous dit pas mal déjà tout ce qu’il faut savoir.

Andrée a réussi à convaincre la plupart des sceptiques, au cours des trois dernières années (et demie). On a même sérieusement étudié sa candidature, au moment d’envoyer les invitations au camp de sélection d’Équipe Canada Junior (ÉCJ).

Il n’a pas été invité, en fin de compte. Mais on me dit qu’au moins trois personnes plaidaient en sa faveur, au moment de trancher.

«D’habitude, je suis toujours excité de regarder le tournoi à la télévision. Cette année, ça va être moins excitant», m’a dit Andrée, jeudi.

Il est visiblement déçu.

«C’est un peu plate, enchaîne-t-il. Même si je n’avais pas d’énormes chances de me tailler une place avec l’équipe, j’aurais aimé qu’on me donne une chance. J’aurais voulu être là.»

On pourrait essayer de lui remonter le moral avec des phrases un peu creuses. On pourrait par exemple lui dire que le Championnat mondial, c’est une aventure qui dure un mois.

Un mois, dans une vie de hockeyeur, c’est court.

Andrée travaille présentement dans la poursuite d’un objectif plus grand. À 19 ans, il doit surtout convaincre un club professionnel de lui accorder un contrat. Ce contrat pourrait lui permettre de continuer à s’amuser, sur la patinoire, pendant quelques années.

On pourrait aussi lui dire qu’il sera plus utile dans le rôle de gardien numéro un, à Ottawa, qu’à réchauffer le banc en République tchèque.

On pourrait lui dire tout ça, mais ça ne servirait à rien.

Andrée trouvera sans doute, tout seul, sa source de motivation.

Et ça commencera par la série aller-retour du week-end.

André Tourigny dit que la Coupe Alexandra revêt un cachet particulier pour ses joueurs franco-ontariens.

«Je dirais que les matches contre Gatineau sont spéciaux pour tous les joueurs de la région. Les gars de notre équipe qui sont originaires de Toronto ne peuvent pas comprendre à quel point ce sont des matches importants.»

En passant... Andrée m’a dit qu’il est sur le point de ranger son masque de Heihei.

Un autre masque devrait lui être livré, sous peu. Avec un autre personnage de Disney, bien en évidence.

Sylvain St-Laurent

Les boys de la dernière chance

CHRONIQUE / Au cœur de cette histoire, il ne faut pas l’oublier, il y a un stade. Un sympathique petit stade de baseball, qui a perdu son lustre d’antan, mais qui n’a pas atteint la fin de sa vie utile.

Ce stade, c’est une infrastructure unique. C’est le seul stade de baseball qu’on a. Si on voulait construire quelque chose d’équivalent, de nos jours, il faudrait probablement investir entre 60 et 70 millions $.

Sylvain St-Laurent

Enfin, le BoroCop est apprécié [VIDÉO]

CHRONIQUE / Ne me dites surtout pas que vous êtes surpris ! Ça fait des années qu’on vous le dit ! Des années qu’on vous casse les oreilles avec Mark Borowiecki.

Je vais l’écrire, une fois de plus, en utilisant le moins de mots possible.

Borowiecki est un être humain d’exception.

On a vite compris qu’il se passait quelque chose de spécial, il y a une dizaine d’années, quand ce choix de cinquième ronde a gagné le cœur de tous les entraîneurs de l’organisation dans un temps record.

Le jeune BoroCop n’avait pas assez de talent pour atteindre la Ligue nationale. Mais avec son acharnement et son ardeur au travail, il se donnait une chance.

Après trois années à Binghamton, il a fini par se faire une place à Ottawa.

Rubrique LNH

Cinquante ans sans gagner

RUBRIQUE / C’était soir de célébration, lundi, à Buffalo. Les Sabres ont profité de la visite des Devils du New Jersey pour souligner, officiellement, le 50e anniversaire de leur fondation.

Bon. Les Sabres célèbrent depuis le début de l’automne. Ils ont organisé une série de soirées thématiques. On leur a confectionné un uniforme spécial. Etc., etc.

Sylvain St-Laurent

Ces fichus tirs de barrage...

CHRONIQUE - À TRAVERS LA LNH / Robin Lehner n’a pas complètement changé. Il a vieilli, il a mûri. Il a trouvé l’aide dont il avait besoin pour vaincre ses démons. Il a quand même gardé le feu intérieur. Il est un féroce compétiteur. Il est toujours prêt à se chamailler.

Dimanche, le gardien suédois de 28 ans s’est branché sur Twitter pour s’en prendre à ses détracteurs.

Sylvain St-Laurent

Le plus grand Olympique ?

CHRONIQUE / C’est l’histoire de deux gars qui ne se connaissaient pas. Au départ, ils avaient une seule chose en commun : personne ne croyait vraiment en leurs chances de réussir au hockey.

L’histoire commence au même endroit et au même moment pour les deux gars.

Sylvain St-Laurent

Deux Acadiens à Philly

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / ​​​​​Il pourrait s’agir d’une grande première, dans l’histoire de la Ligue nationale de hockey. A-t-on déjà vu, auparavant, deux patineurs acadiens au sein de la même formation ?

Ça se passe à Philadelphie, cet automne.

Sylvain St-Laurent

Tout le monde vieillit

CHRONIQUE / Chris Therrien, l’ancien défenseur devenu commentateur, parlait vendredi matin d’un « transfert des pouvoirs » à Philadelphie. Il dit que le rôle de Claude Giroux se transforme, chez les Flyers. Le Magicien franco-ontarien est en voie de remettre le flambeau à la prochaine génération. Et il accepterait cette réalité avec beaucoup de grâce.

Ça m’a quand même un peu surpris.

Le temps n’a pas le même effet sur tout le monde. Giroux a encore l’air d’un jeune premier. Il ne fait pas ses – presque – 32 ans.

J’ai pris le temps d’en jaser avec des amis qui gravitent dans l’entourage des Flyers. Ça m’a permis de recevoir un différent son de cloche.

Ces gens-là m’ont suggéré de ne pas trop me fier au classement des meilleurs marqueurs. Giroux demeure le général à l’attaque de son club.

Giroux a pris le temps de bavarder avec les journalistes francophones, après l’entraînement matinal d’avant-match. Le sujet est arrivé sur le tapis. En jasant avec lui, on comprend que la vérité se trouve à quelque part entre les deux.

« Quand j’étais plus jeune, il y a quelques années... Si tu m’avais parlé d’une production de 13 points à mes 19 premières parties, j’aurais été déçu », a-t-il admis d’emblée.

« Maintenant, je comprends que si tu joues bien défensivement, si tu fais les bonnes chances sur la glace, tu n’auras peut-être pas autant de points. Mais ton équipe va mieux jouer. »

Giroux parle donc avec sagesse. Ça nous rappelle que le temps passe.

« En même temps, je dis ça... C’est évident que, plus tu fais de points, plus ton équipe a de chances de gagner. »

Giroux s’assagit, donc. Il s’assagit, mais son ADN ne change pas.

La vérité, je vous dis, se situe quelque part au milieu.

« L’idée, dit-il, c’est de trouver le parfait équilibre, entre les deux. »

***

Giroux mûrit, c’est évident. Son nouvel entraîneur, Alain Vigneault, nous en a parlé, un peu plus tard, dans la matinée. Il a fait état d’une conversation déterminante, l’été dernier.

Dans cette franche discussion, le joueur a commencé à parler de l’héritage qu’il aimerait laisser aux amateurs de sports de Philadelphie.

On a cousu le « C » sur ses chandails en 2013. Depuis, les Flyers ont participé aux séries éliminatoires à trois occasions. Ils n’ont jamais franchi la première ronde.

Il ne voudrait pas qu’on se souvienne de lui comme d’un type franchement doué, qui n’a jamais été capable de mener son équipe nulle part.

La réflexion de Giroux n’a pas commencé dans la dernière année. On me dit que les signes de maturité ont commencé à se manifester durant le règne de l’entraîneur précédent.

Au début du camp d’entraînement de 2017, Dave Hakstol avait eu l’idée de transférer son centre numéro un à l’aile droite. Il avait pris cette décision dans le but de le jumeler à son autre vedette francophone, Sean Couturier.

Un joueur en manque de maturité aurait pu très mal réagir. En tout cas, c’est ce qu’on me dit.

Giroux n’en a jamais fait de cas. Devant les médias, il a fait tout ce qu’il fallait.

Les statistiques racontent le reste de l’histoire.

En 2017-18, Giroux a franchi le plateau des 30 buts pour la première – et la seule – fois de sa carrière. Il a connu sa première – sa seule – saison de 100 points. Il a figuré au quatrième rang du scrutin du trophée Hart.

Il a, en somme, connu la meilleure saison de sa carrière.

On peut s’attendre à ce que l’épanouissement de Giroux se poursuive.

Il est devenu père pour la toute première fois, à la fin de l’été. « C’est le fun », dit-il, en nous parlant de son héritier, un garçon prénommé Gavin.

Depuis bientôt trois mois, il découvre ce que tous les autres papas hockeyeurs ont découvert avant lui. « Quand je rentre à la maison après un voyage de trois jours, je découvre un bébé différent. C’est fou comme il grandit vite. »

Le petit Gavin pousse le père à songer à plus long terme. « J’aimerais jouer assez longtemps pour qu’il se souvienne de moi. Il faudrait que je me rende jusqu’à 40 ans », a-t-il lancé.

Un collègue a glissé, de façon innocente, le nom de Jaromir Jagr dans la conversation. Le 68 n’a toujours pas accroché ses patins. Il fêtera ses 48 ans en février.

Giroux a souri.

« Je peux vous garantir que je ne me rendrai pas jusque-là.