Une équipe de chercheurs de l’Université Laval s’apprête à lancer une vaste étude sur les tiques, qui couvrira le Nouveau-Brunswick, l’est du Québec et pourrait se rendre jusqu’en Estrie.

Sur le radar des scientifiques

CHRONIQUE / En plus d’être le territoire désigné pour expérimenter une nouvelle approche de chasse pour le chevreuil, l’Estrie pourrait se retrouver sur le radar des scientifiques planifiant une vaste étude sur l’infestation des tiques chez les orignaux. Le territoire de recherche couvrira le Nouveau-Brunswick, l’est du Québec et, dépendamment des sommes qui seront disponibles, pourrait s’étendre jusqu’à notre région.

En plus d’être le territoire désigné pour expérimenter une nouvelle approche de chasse pour le chevreuil, l’Estrie pourrait se retrouver sur le radar des scientifiques planifiant une vaste étude sur l’infestation des tiques chez les orignaux. Le territoire de recherche couvrira le Nouveau-Brunswick, l’est du Québec et, dépendamment des sommes qui seront disponibles, pourrait s’étendre jusqu’à notre région.

« Notre souhait est évidemment d’avoir le plus grand bassin d’échantillonnage possible. Il ne faut cependant pas diluer nos efforts non plus. Le projet implique la capture d’orignaux auxquels nous installerons des colliers émetteurs pour suivre leurs déplacements et les retracer en cas de mortalité », explique Jean-Pierre Tremblay, professeur et chercheur au département de biologie de l’Université Laval.

L’équipe scientifique est en démarche de financement depuis plus d’un an. Elle collaborera avec les instances gouvernementales des deux provinces et bénéficiera également de fonds privés. Omniprésente dans plusieurs secteurs économiques du Nouveau-Brunswick, dont celui de la forêt, la compagnie Irving a accepté d’être un partenaire privé de premier plan.

Propriétaire de 100 000 hectares en Estrie et de 60 000 hectares en Beauce, la papetière Domtar a été approchée et se montrerait réceptive du côté québécois.

« Nous sommes à ficeler les dernières mailles du budget et à compléter la demande de subvention.

Nous aurons bientôt un document qui pourra circuler entre les partenaires, dont fera vraisemblablement partie Domtar », ajoute le directeur de l’équipe de recherche sans se prononcer sur les probabilités que l’Estrie soit intégrée au périmètre de recherche.

Le Québec et le Nouveau-Brunswick veulent se donner les mêmes outils de surveillance que ceux qui ont été mis en place en Nouvelle-Angeleterre où, à l’image de ce qui se passe dans le sud du Québec, les tiques d’hiver sont un facteur de mortalité important.

Lors des hivers froids, les orignaux parviennent à se débarrasser des tiques engourdies. Ce n’est toutefois pas le cas lors d’hivers plus doux. Les bêtes s’arrachent le poil à se frotter contre les arbres pour se soulager des démangeaisons. Les parasites en viennent à les vider de leur sang.

Les tiques sont tenues responsables d’une baisse importante du cheptel dans les États du Maine et du New Hampshire, constats qui se répercutent au nord puisque les régions frontalières bénéficiaient auparavant de l’effet de débordement d’une forte densité d’orignaux.

Si cette étude à grande échelle se rend jusqu’en Estrie, elle augmentera les sources d’information en complément des suivis effectués localement, notamment avec l’examen de carcasses à des stations d’enregistrement. Présents à la station de Nantes, les 1er, 2, 15 et 16 octobre, des membres du bureau régional d’aménagement de la faune ont à nouveau constaté que 100 % des bêtes examinées étaient porteuses de tiques.

« Les résultats seront acheminés à notre coordonnatrice de Québec pour la production du bilan. Difficile de porter un jugement en se fiant uniquement aux données recueillies, car les données météo devront être mises en relation afin d’estimer leur effet sur le phénomène », rapporte le biologiste Éric Jaccard, responsable de la grande faune en Estrie.

M. Jaccard ne dispose pas de suffisamment d’information pour le moment pour porter un jugement sur le déroulement de la présente saison de chasse à l’orignal.