Lance Stroll
Lance Stroll

Stroll ne sera pas le faire-valoir de Vettel

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne
Lance Stroll a assuré qu’il ne sera pas le faire-valoir de Sebastian Vettel au sein de l’équipe Aston Martin la saison prochaine en Formule 1.

Racing Point, qui sera rebaptisée Aston Martin en 2021, a annoncé l’arrivée de Vettel tôt jeudi matin, au lendemain de l’annonce du départ de Sergio Perez à la fin de la présente campagne. L’écurie a mentionné que Vettel avait accepté un contrat pour la saison 2021 «et au-delà», sans préciser la durée de l’entente.

Ceci étant dit, même s’il respecte énormément le quadruple champion du monde, Stroll a assuré qu’il n’y aura pas de hiérarchie au sein de l’équipe qui appartient à un groupe d’hommes d’affaires mené par son père Lawrence Stroll.

«Non, nous ne faisons pas les choses comme ça dans cette équipe. Nous disposons de la même voiture, et le pilote qui fait le meilleur travail finira devant. C’est comme ça que ça marchera avec lui», a déclaré Stroll en visioconférence à l’aube du Grand Prix de Toscane.

Le Québécois âgé de 21 ans a néanmoins indiqué qu’il pourra apprendre beaucoup de Vettel, l’un des pilotes qui a connu le plus de succès en F1 au cours de la dernière décennie. Après tout, l’Allemand a signé 53 victoires en carrière, et il n’est devancé à ce chapitre que par Michael Schumacher et son éternel rival, Lewis Hamilton.

«Il est extrêmement talentueux et compte quatre championnats du monde à son actif, a rappelé Stroll à propos de Vettel. Il possède également beaucoup d’expérience en F1, donc il apportera beaucoup de connaissances et nous aidera à bâtir cette équipe.»

Pas son plus grand moment en carrière

D’autre part, Stroll a déclaré qu’il a apprécié son podium acquis dimanche dernier au Grand Prix d’Italie, mais il a ajouté qu’il ne s’agissait pas de son meilleur moment en carrière. Loin de là.

«C’est un grand moment, mais j’ai aussi été très chanceux, a-t-il rectifié. Je suis plus satisfait d’autres courses plus tôt cette saison, comme ma quatrième place à Barcelone ou en Hongrie. Ces résultats-là ont été acquis sans l’intervention de la chance. C’est moi qui a acquis ces résultats-là.

«Ce n’est donc pas le meilleur moment de ma carrière, mais il faut aussi compter sur un peu de chance dans ce sport. Et savoir la saisir, a-t-il ajouté. Je vais essayer de répéter ça cette semaine (à Mugello), mais en misant sur mon rythme pur.»

Il s’agissait de son premier podium depuis sa troisième place au Grand Prix d’Azerbaïdjan en juin 2017. Aucun Québécois n’a signé de victoire en F1 depuis Jacques Villeneuve, le 28 septembre 1997, au Grand Prix du Luxembourg.

«C’est incroyable de me retrouver avec deux podiums en carrière en F1. Le deuxième a mis un peu de temps à venir, et malheureusement l’absence des partisans italiens au bas du podium a rendu le moment un peu moins spécial», a admis Stroll.

Ce podium l’a tout de même hissé au quatrième rang du championnat des pilotes avec 57 points, soit le même nombre que le pilote McLaren Lando Norris, et seulement neuf points devant le pilote Red Bull Alexander Albon.

Ainsi, derrière le ‘Big Three’ - constitué de Lewis Hamilton (164), Valtteri Bottas (117) et Max Verstappen (110) -, le pilote de Mont-Tremblant est conscient qu’une belle lutte se dessine d’ici la fin de la saison pour la quatrième place du classement des pilotes.

«C’est super de voir ça après une demi-saison. On a marqué beaucoup de points, mais il reste encore beaucoup de courses. Il faut rester calme et concentré pour le reste de la saison», a-t-il évoqué.

Le troisième rang des constructeurs dans la mire

Stroll a ajouté que Perez et lui allaient tout faire d’ici la fin du calendrier afin d’assurer que Racing Point finisse au troisième rang du championnat des constructeurs. L’équipe canadienne est présentement quatrième avec 66 points, deux points derrière McLaren.

«Il reste encore neuf courses cette saison, et il nous reste encore beaucoup de travail sur la planche afin de permettre à l’équipe de terminer au troisième rang des constructeurs cette saison. C’est envisageable, mais il faudra qu’on marque le plus de points possibles», a-t-il confié.

Cette lutte reprendra dès ce week-end à Mugello, lors de la neuvième manche du calendrier 2020 écourté par la pandémie de coronavirus. Ce sera alors le 1000e Grand Prix de l’histoire de Ferrari dans la série reine du sport automobile - et un retour aux sources pour Stroll.

Ce dernier avait triomphé sur ce circuit en 2014, alors qu’il pilotait en F4. Ce ne sera toutefois pas la même expérience cette fois-ci, dans la cour arrière de Ferrari.

«C’est 35 secondes plus lent au tour (entre la F1 et la F4), alors ce sera très différent. C’est la piste la plus rapide du calendrier présentement. C’est vraiment intense, et ce sera vraiment impressionnant de voir comment tout ça va aller», a-t-il conclu.