Les travaux de déneigement ont pris quelques heures lundi, afin de poursuivre les travaux en vue de la Classique hivernale.

«On va livrer quelque chose d’unique»

CHRONIQUE / L’audace a toujours servi les actionnaires des Cataractes.

Rappelez-vous de la faillite technique de la concession au moment où Martin Mondou et ses partenaires sont venus à la rescousse des bénévoles essoufflés. Fallait un front de bœuf pour croire que cette équipe pouvait non seulement survivre, mais prospérer au sein de l’un des plus petits marchés de la Ligue canadienne. Personne d’autre n’avait levé la main à ce moment-là, preuve que c’était loin d’être gagné d’avance.

Cette audace est revenue sur le tapis souvent depuis le début de ce règne. Le match des meilleurs espoirs, le tournoi de la Coupe Memorial, le repêchage, des cycles plus agressifs sur la glace, deux galas de boxe, les bandes lumineuses, alouette.

Mais le plus gros pari, l’état-major l’a pris en 2015 en créant la première Classique hivernale de l’histoire de la LHJMQ. Le site des Grandes Estrades Coors Banquet avait beau être parfait pour ce genre d’événement, c’était loin d’être acquis de rentabiliser un festival extérieur de deux jours dont l’investissement dépassait les 300 000 $. Il y avait pas mal de sceptiques. D’ailleurs, le concept avait été étudié par bien des franchises, personne n’avait eu le courage de se lancer avant ces téméraires Shawiniganais.

Les amateurs de hockey junior auront encore droit à des installations de premier plan pour la Classique hivernale à Saint-Tite.

Ils ne l’ont pas regretté: grâce en partie à Dame Nature, ils ont attiré près de 13 000 personnes, dégagé un profit et surtout fait l’histoire encore une fois du hockey junior. Qui ne se souvient pas de ces images léchées de Marvin Cüpper, Anthony Beauvillier et Samuel Girard sous une petite neige? Ceux qui étaient sur place peuvent témoigner, le party avait levé dans les estrades.

«Les gens nous ont tellement remerciés de mettre sur pied quelque chose d’aussi flyé. Ceux qui ne sont pas venus en ont entendu beaucoup parler, et nous promettaient d’être là pour la deuxième édition. C’est un peu pour ça qu’on a décidé de foncer à nouveau. Pour notre 50e anniversaire, c’était parfait, du hockey extérieur. Ça ne peut pas nous connecter davantage à nos racines», explique Roger Lavergne.

Le président des Cataractes est reconnu pour son optimisme. Mais cette fois, à deux semaines de la deuxième fournée, il confie être un peu inquiet par les ventes aux guichets. Ça tourne au ralenti pour les matchs des 8 et 9 février. Un peu plus de 6000 billets ont été écoulés jusqu’à maintenant. Ce n’est pas un fiasco. Mais ce n’est pas non plus la réponse attendue. «Les fans de sport ont toujours été derrière nous quand on arrivait avec un produit solide. On s’attend à la même chose, car on va livrer quelque chose d’unique. Pour battre la première Classique en terme d’ambiance, on a mis le paquet. Le tailgate sera beaucoup plus gros, l’événement se tient sur 10 jours, on a des surprises en réserve. Ce serait mentir que de dire que l’on n’espère pas que la vente va s’activer au cours des prochains jours…»

Lavergne sait que le rendement de l’équipe fait un peu grincer des dents en Mauricie. La reconstruction est plus lourde qu’anticipée. Les Cataractes sont menacés de rater les séries pour une deuxième année d’affilée, ce qui ne s’est jamais produit depuis la triste époque des Dynamos. Il n’est pas dupe, il sait que les ventes peuvent être affectées par ça. «Notre base de partisans connaît très bien le cycle du junior. C’est la recette à Martin (Mondou) et quand je regarde nos deux finales et notre bague de la Coupe Memorial en 10 ans, je la trouve excellente! Mais pour ceux qui sont un peu plus éloignés de notre réalité, c’est peut-être plus dur à comprendre. À ceux-là, il importe de dire que la Classique hivernale, c’est bien plus que juste deux matchs de hockey junior. C’est une chance unique de célébrer notre sport national dans un endroit festif où le maximum aura été déployé pour enrober les matchs. C’est comme dans la NFL: le tailgate est parfois plus l’fun que le match. Chez nous, on pense qu’on aura les deux. Du gros fun avant, pendant et même après les matchs. Il faut en profiter car on ne recommencera pas l’année prochaine…»

Les Cataractes disent avoir choisi avec soin leurs partenaires de danse. Ils voulaient permettre à leurs fans de voir Alexis Lafrenière en action, ce surdoué qui pourrait être le premier joueur réclamé au repêchage de la LNH en 2020. Ils tenaient aussi à accueillir Patrick Roy. «Lafrenière, dans un avenir pas si lointain, ça va coûter pas mal plus cher aller le voir jouer! Il ne lui reste plus beaucoup de matchs dans notre coin avant de quitter pour la LNH. Quant aux Remparts, nos deux derniers matchs ont été serrés contre eux. On a gagné l’un des deux. Plongée dans cette ambiance unique, je suis convaincu que notre jeune équipe sera très stimulée par cette expérience.»

L’an dernier à Drummondville, la Ville avait dû éponger un déficit dans les six chiffres. Les Cataractes ont besoin de vendre au moins 10 000 billets pour ne pas se retrouver dans une situation aussi périlleuse… Y arriveront-ils?