Entraîneur de l’Armada de Blainville-Boisbriand, Bruce Richardson ira toujours à la guerre pour le circuit qui l’a formé.

«L’herbe n’est pas plus verte l’autre bord»

CHRONIQUE / Le retour au Québec de Zachary Bolduc la semaine dernière a relancé le débat NCAA et LHJMQ, qui s’était invité au dernier repêchage des joueurs midgets en juin dernier.

Bolduc, comme plusieurs autres choix potentiels de première ronde, avait avisé les équipes qu’il désirait s’aligner aux États-Unis en 2019-20. Ça l’a fait reculer jusqu’au 14e rang du repêchage, où l’Océanic l’a cueilli comme un fruit mûr. Une petite visite de Rimouski, un appel de Sidney Crosby, quelques semaines au Mount St.Charles et hop, Bolduc est revenu sur sa décision.

Comme les autres hommes de hockey du circuit, Bruce Richardson a suivi le dossier de loin. Il était de ceux qui, l’été dernier, avaient plaidé en faveur du hockey junior canadien. Le dossier Bolduc lui montre qu’il n’était pas dans le champ gauche.

«Je l’ai dit et je le répète, l’herbe n’est pas plus verte de l’autre bord. Je ne dis pas que c’est une mauvaise option. Je dis que notre option est meilleure que les gens ne le croient. Il faut le dire!»

Bruce Richardson

Richardson sait bien que ce sont les études qui attirent souvent les familles de l’autre côté de la frontière. Selon lui, bien des parents sont toutefois mal informés.

«Je parle à des jeunes qui partent jouer USHL ou BCHL pour faire leur 12e année, sans même avoir une bourse d’études NCAA. Souvent, ils passent une année complète sans aller à l’école par la suite! Comment peut-on en arriver à la conclusion que le système est meilleur aux États-Unis? Un jeune qui joue chez nous entre 16 et 20 ans, il va récolter assez de bourses d’études pour aller à Concordia ou McGill. Je m’excuse, mais si mon gars a le choix entre aller à l’Université du Vermont ou à McGill, McGill a le dessus haut la main!», lance le pilote de l’Armada de Blainville-Boisbriand, qui ira toujours à la guerre pour le circuit qui l’a formé.

«C’est grâce à la LHJMQ si je suis devenu un bon père de famille, et que je gagne ma vie comme entraîneur. En plus, côté encadrement, c’est le jour et la nuit si je compare à mon époque. La ligue cherche toujours des moyens de s’améliorer, Gilles Courteau et Pierre Leduc sont à l’écoute quand nous arrivons avec des suggestions. Ce n’est pas assez connu.»

Non, Richardson ne prétend pas que le hockey junior est parfait. Mais il croit sincèrement qu’un jeune motivé peut y puiser tous les outils nécessaires pour faire sa marque autant sur la glace que sur les bancs d’école.

«Il faudrait éliminer les longs voyages en semaine. Peut-être songer à réduire un peu le calendrier. Maintenant, je sais que c’est déjà à l’étude, mais que les solutions ne sont pas si simples. Ce que je sais aussi par contre, c’est que nos joueurs ont tout le soutien nécessaire pour concilier études et hockey. Les écoles collaborent bien, ça aussi il faut le dire. Chez nous, les gars doivent tous aller à l’école. Et s’ils échouent leurs cours, ils vont les payer de leurs poches! L’Armada prend la réussite scolaire très au sérieux et je sais que c’est répandu dans la ligue. Si les joueurs ont de la volonté, qu’ils utilisent un peu de leur temps dans l’autobus pour étudier par exemple, la conciliation études-hockey, c’est très possible.»

Les Richardson réunis... uniquement à l'aréna

Il y a deux Richardson dans le vestiaire de l’Armada. Le premier dirige la circulation, le second est l’un des 23 joueurs de l’équipe. Bruce Richardson est ravi de côtoyer son fils Blake à l’aréna mais question de ne pas mélanger les affaires, ce dernier habite en pension comme les autres.

«C’est la meilleure manière de garder intacte notre relation père-fils. Il vient parfois souper le dimanche soir mais sinon, il est en pension. Et à l’aréna, il serait le premier à te dire qu’il est traité comme les autres», sourit le pilote, réuni à son fils depuis les Fêtes l’an dernier. «Il a été repêché par l’équipe avant mon arrivée. Il a commencé la saison dernière dans le collégial et il a fait son chemin. Quand il a eu sa chance, il l’a saisie.»

Richardson confie que son fils Blake est dirigé par un entraîneur qui s’est adouci avec le temps. «Je contrôle mieux mes émotions, c’est certain! Je pense que j’ai toujours su tisser de bonnes relations avec mes joueurs, mais c’est encore plus important de nos jours. Faut montrer que l’entraîneur n’est pas contre les joueurs, que c’est au contraire un travail d’équipe. Je travaille de la même façon avec Blake…»