Mario Pouliot écoule sa quatrième année à la barre du Titan, à Bathurst. Et on semble enfin voir la lumière au bout du tunnel dans cette petite ville des Maritimes.

À contre-courant, le Titan

Pendant que la majorité des équipes de la LHJMQ ont fait un virage ces dernières années pour prioriser le repêchage, le Titan nage à contre-courant. L’équipe, qui a de grandes ambitions, a été bâtie par une série de transactions réalisées par le directeur-gérant Sylvain Couturier.

Et ce n’est pas terminé! Depuis un mois, même si les transactions sont limitées aux vétérans de 20 ans et aux Européens, quatre nouveaux joueurs ont fait leur apparition dans le vestiaire. Paraît que ce sont des portes tournantes qui le protègent! «C’est vrai que notre méthode est différente. Nous avons encore l’espoir de nous améliorer», sourit Mario Pouliot.

Le pilote du Titan est loin de se plaindre de son sort, au contraire. Il dirige la meilleure cuvée de l’organisation depuis son arrivée. Le vieux routier est récompensé après quelques années de misère. Couturier ne manœuvre pas dans des conditions optimales, le Titan avait du mal ces dernières années à attirer les meilleurs espoirs à Bathurst. 

Antoine Morand et Noah Dobson pourraient contribuer à changer les données de ce côté. Voilà deux surdoués dont la progression n’a certainement pas été freinée par leur séjour dans cette petite ville des Maritimes. Morand est l’un des beaux espoirs des Ducks d’Anaheim, Dobson (voir autre texte) est l’un des adolescents dont la cote est à la hausse depuis le début de la saison en vue du prochain repêchage de la LNH. 

L’autre élément qui peut aider le Titan, c’est le palmarès de l’équipe. Pouliot voit bien que le plancher de danse n’est pas encombré par des superpuissances cette année. Il dirige l’une des équipes plus talentueuses du plateau. Et son directeur-gérant a encore pas mal de munitions s’il veut s’amuser durant les Fêtes, lors de la période de transactions. Est-ce l’année du Titan? 

«Je le pense. On travaille en fonction de ça. Nous avons de la profondeur à toutes les positions. J’aime notre groupe. On peut patiner, on peut être physiques. Oui, notre groupe est solide.»

Pouliot espère seulement que les dieux du hockey ne se placeront pas au travers de la route de son club. Si vous le croisez d’ici Noël, souhaitez-lui surtout de la santé pour son équipe! «Les blessures peuvent gâcher bien des choses», soupire-t-il. «Pour aller jusqu’au bout, une équipe a besoin d’un peu de chance. Je regarde ce qui s’est passé avec les Huskies il y a deux ans, les choses ont bien tourné pour eux. Ils ont notamment récupéré un joueur comme A.J. Greer aux Fêtes sans avoir à donner en retour. Si les choses tombent en place comme on le pense, nous serons dangereux», avertit-il. 

Pouliot écoule sa quatrième saison à la barre du Titan. Un plan a été mis en place pour amener l’équipe à maturité en 2017-18.  Avec une fiche de ,500, l’équipe ne performe pas encore à la hauteur des attentes mais les ingrédients pour y arriver sont à bord. Restera aux fans de hockey junior à revenir au centre régional K.C. Irving. Le Titan n’a eu droit qu’à une seule foule de plus de 2000 personnes depuis le début de la saison, lors du match d’ouverture. Depuis, l’assistance a toujours été sous les 1800. Les propriétaires ont été patients ces dernières années. 

Mais s’ils n’arrivent pas à boucler leurs frais en fin de cycle, pas convaincu que cette patience sera éternelle…

Noah Dobson

Dobson, un diamant à polir

Noah Dobson peut-il imiter Jean-Jacques Daigneault et Samuel Girard et devenir seulement le troisième adolescent de 17 ans à être sacré le meilleur défenseur de la LHJMQ?

Natif de l’Île-du-Prince-Édouard, son nom est sur toutes les lèvres depuis le début de la  saison. Fluide, solide dans son territoire, du pif offensif et une charpente de 6 pi 3 po, voilà une combinaison d’outils qui fait rêver les dépisteurs. 

Dobson revendique 20 points depuis le début du calendrier régulier, soit quatre de moins que le meneur, Olivier Galipeau. Ce dernier a 20 ans… «Pour moi, il est déjà le meilleur défenseur de notre ligue», tranche son pilote Mario Pouliot. «Dès l’an passé, il nous a obligés à l’utiliser contre les meilleurs joueurs adverses. Cette saison, son potentiel offensif est plus évident. J’ai vu que Craig Button (analyste à TSN) l’a placé au 17e rang sur son dernier bulletin en vue du repêchage. Il va continuer de monter. C’est un vrai.»

Pouliot vante aussi la maturité de son cheval. Il y a deux ans, Dobson n’a pas hésité à s’expatrier en Autriche pour maximiser son développement. Une expérience qu’il l’a fait grandir aussi à l’extérieur de la glace. «Il y a des joueurs qui veulent jouer pro qui n’ont pas de plan pour y arriver. D’autres ont un plan, mais ils ne le mettent pas totalement à exécution. Lui, il fait partie de l’autre catégorie, des gars qui savent exactement où ils s’en vont», explique le pilote du Titan. 

«Juste le regarder se préparer pour un match, tu comprends le sérieux du jeune homme. J’ai hâte de le voir à l’œuvre quand il aura ajouté une vingtaine de livres de muscles sur sa charpente. Il va devenir tout un joueur», prédit Pouliot.

Si la majorité des amateurs de hockey junior sont en train de découvrir Dobson, Pouliot assure que le Titan a toujours cru qu’il avait un diamant entre les mains. L’état-major de l’équipe priait à la table au repêchage afin qu’il glisse jusqu’au sixième échelon. 

«Nous sommes tombés en amour avec lui au Combine. On a véhiculé dans les semaines suivantes qu’on avait beaucoup d’intérêt pour (Xavier) Bouchard et (Gabriel) Fortier afin de mêler les cartes!»