Cataractes

Benoît et Sylvestre premiers de classe

La première moitié de saison des Cataractes fait maintenant partie de l’histoire. Collectivement, les résultats sont médiocres. Mais sur une base individuelle, certains n’ont pas à rougir de leur parcours. À l’approche du temps des Fêtes, voici le traditionnel bulletin de mi-parcours.

A

Simon Benoît

Les Cataractes anticipaient une grosse progression de sa part et ils ont vu juste. Il est utilisé plus de 30 minutes par match, à toutes les sauces. Pas étonnant qu’il soit très convoité actuellement sur le marché des transactions. 

Gabriel Sylvestre

Le leader du groupe. Un guerrier, un vrai. Qui a ajouté une petite touche offensive à sa palette. Logiquement, il sera de retour pour une cinquième saison l’an prochain, alors les Cataractes ont tout intérêt à le garder pour élever les jeunes. Mais bon, si le marché s’emballe autour de lui, ça va forcer Mondou à réfléchir.


B+

Antoine Demers

On le savait teigneux et fiable. Demers avait le profil pour débloquer offensivement à 19 ans. Il est un an en avance sur ce scénario! Type de joueur dont les entraîneurs raffolent. Demers prend très rarement une soirée de congé.

Samuel Blier

Le cœur gros comme le Centre Gervais Auto. Un exemple pour ses coéquipiers. Le genre de vétérans dont les Cataractes ont besoin pour guider les jeunes dans cette saison de reconstruction. 

Lucas Fitzpatrick

Pas évident pour un gardien recrue d’apprendre son métier dans une équipe de dernière place. Fitzpatrick est en train de relever le défi. Aussi solide que Mikhail Denisov, qui a deux ans de plus. Facile de deviner qu’il aura plus de départs à partir de janvier.

Vincent Senez

Une belle surprise. Plus les semaines avancent, moins il est plaisant de jouer contre lui. Le jour n’est pas loin où il va commencer à faire plus de dégâts autour du filet adverse. Ne pariez pas contre ses chances d’être toujours dans les parages à 20 ans l’an prochain.

Alex DeGagné

La grande surprise de cette première moitié de saison. Modeste choix de neuvième tour en juin dernier, il est utilisé dans le top 4 à la ligne bleue, ainsi que sur l’avantage numérique. Du millage de grande qualité pour une recrue de 17 ans. 

Hockey junior

En paix, Claude Bouchard

La poignée de main est franche, le feu est toujours bien visible dans ses yeux. Claude Bouchard ne changera jamais. Il va droit au but, il n’a pas de temps à perdre.

Six mois après avoir quitté son job de pilote chez les Cataractes, il est comme un poisson dans l’eau à Chicoutimi, de retour dans son rôle d’adjoint à Yannick Jean chez les Saguenéens. 

Bouchard n’a peut-être plus les feux de la rampe pour lui. Soyons honnêtes, il est du genre à ne pas détester ça! Il n’est pas le capitaine à bord non plus. Mais il a retrouvé son Saguenay, qui lui a tant manqué l’an dernier. «J’ai été parti tellement longtemps. Un peu partout, pendant une quinzaine d’années. Ça m’a frappé l’an dernier. Les derniers mois ont été longs. L’ennui, tu as beau essayer, tu ne contrôles pas ça. Pour moi, ce fut une décision logique de revenir chez nous», rappelle Bouchard. 

Bien sûr, la chute abrupte des Cataractes le printemps dernier n’a fait que renforcir ses états d’âme. «Martin (Mondou) était au courant de mes sentiments depuis un bon moment. Ça n’a pas rendu cette élimination plus facile à accepter pour autant. C’est la tache noire à un parcours presque parfait. Quand tu regardes à partir de mon arrivée à Shawinigan, on peut dire que ça s’est très bien passé. On s’est rendus en grande finale face aux Huskies. Puis en saison régulière l’année suivante, ça roulait. Plus ça avançait par contre, plus le départ prématuré d’Anthony Beauvillier nous a fait mal. Sur glace, mais surtout hors glace. Son leadership, on n’a pas été en mesure de le combler. On le savait, les sociogrammes faits avec Pierre Villemure étaient clairs.»

Aussi, quand la zizanie s’est installée dans le vestiaire en fin de saison, il devenait difficile pour Bouchard, contesté dans son propre bureau d’entraîneurs, de régler le problème. «En ce qui concerne la gestion des joueurs, je ne changerais rien. Mais pour le reste, c’est sûr que si je pouvais revenir en arrière, il y a des choses qui changeraient», lance le coloré homme de hockey sans se défiler. «Ceci dit, j’ai adoré mon séjour à Shawinigan. Ça prenait du cran comme directeur-gérant pour faire un changement d’entraîneur en février et ramener à la barre de l’équipe un gars qui n’avait pas été pilote depuis 2006. J’ai attendu ce coup de fil longtemps. Je voulais tellement une deuxième chance. Je suis très reconnaissant envers Martin (Mondou) de me l’avoir donnée. Je regarde encore un peu ce qui se passe chez vous, je vois que les fans sont toujours au rendez-vous même si l’équipe est en reconstruction. Des foules de 3000 personnes dans ces conditions, c’est génial!»

Pilote un jour…

Bouchard vient d’atteindre le cap de la cinquantaine. Il se voit finir sa carrière aux côtés de son chum Jean, qui lui délègue pas mal de responsabilités. Bon, si jamais un club à maturité lui lance un S.O.S., il avoue que l’instinct l’obligera à analyser la proposition! 

«Je n’attends plus aux côtés du téléphone. Je suis en paix avec mon parcours. Mais bon, j’ai appris que dans mon métier, il ne faut jamais dire jamais! J’ai l’afficheur sur mon téléphone, je sais à qui répondre si jamais il sonne une autre fois», rigole Bouchard.

LHJMQ

À contre-courant, le Titan

Pendant que la majorité des équipes de la LHJMQ ont fait un virage ces dernières années pour prioriser le repêchage, le Titan nage à contre-courant. L’équipe, qui a de grandes ambitions, a été bâtie par une série de transactions réalisées par le directeur-gérant Sylvain Couturier.

Et ce n’est pas terminé! Depuis un mois, même si les transactions sont limitées aux vétérans de 20 ans et aux Européens, quatre nouveaux joueurs ont fait leur apparition dans le vestiaire. Paraît que ce sont des portes tournantes qui le protègent! «C’est vrai que notre méthode est différente. Nous avons encore l’espoir de nous améliorer», sourit Mario Pouliot.

Le pilote du Titan est loin de se plaindre de son sort, au contraire. Il dirige la meilleure cuvée de l’organisation depuis son arrivée. Le vieux routier est récompensé après quelques années de misère. Couturier ne manœuvre pas dans des conditions optimales, le Titan avait du mal ces dernières années à attirer les meilleurs espoirs à Bathurst. 

Antoine Morand et Noah Dobson pourraient contribuer à changer les données de ce côté. Voilà deux surdoués dont la progression n’a certainement pas été freinée par leur séjour dans cette petite ville des Maritimes. Morand est l’un des beaux espoirs des Ducks d’Anaheim, Dobson (voir autre texte) est l’un des adolescents dont la cote est à la hausse depuis le début de la saison en vue du prochain repêchage de la LNH. 

L’autre élément qui peut aider le Titan, c’est le palmarès de l’équipe. Pouliot voit bien que le plancher de danse n’est pas encombré par des superpuissances cette année. Il dirige l’une des équipes plus talentueuses du plateau. Et son directeur-gérant a encore pas mal de munitions s’il veut s’amuser durant les Fêtes, lors de la période de transactions. Est-ce l’année du Titan? 

«Je le pense. On travaille en fonction de ça. Nous avons de la profondeur à toutes les positions. J’aime notre groupe. On peut patiner, on peut être physiques. Oui, notre groupe est solide.»

Pouliot espère seulement que les dieux du hockey ne se placeront pas au travers de la route de son club. Si vous le croisez d’ici Noël, souhaitez-lui surtout de la santé pour son équipe! «Les blessures peuvent gâcher bien des choses», soupire-t-il. «Pour aller jusqu’au bout, une équipe a besoin d’un peu de chance. Je regarde ce qui s’est passé avec les Huskies il y a deux ans, les choses ont bien tourné pour eux. Ils ont notamment récupéré un joueur comme A.J. Greer aux Fêtes sans avoir à donner en retour. Si les choses tombent en place comme on le pense, nous serons dangereux», avertit-il. 

Pouliot écoule sa quatrième saison à la barre du Titan. Un plan a été mis en place pour amener l’équipe à maturité en 2017-18.  Avec une fiche de ,500, l’équipe ne performe pas encore à la hauteur des attentes mais les ingrédients pour y arriver sont à bord. Restera aux fans de hockey junior à revenir au centre régional K.C. Irving. Le Titan n’a eu droit qu’à une seule foule de plus de 2000 personnes depuis le début de la saison, lors du match d’ouverture. Depuis, l’assistance a toujours été sous les 1800. Les propriétaires ont été patients ces dernières années. 

Mais s’ils n’arrivent pas à boucler leurs frais en fin de cycle, pas convaincu que cette patience sera éternelle…