Les directions des universités et des cégeps ont adopté unanimement une motion pour repousser au 14 septembre la décision de participer ou non à une saison sportive automnale, principalement en soccer, en golf et en football.
Les directions des universités et des cégeps ont adopté unanimement une motion pour repousser au 14 septembre la décision de participer ou non à une saison sportive automnale, principalement en soccer, en golf et en football.

Sports d’automne : sursis jusqu’au 14 septembre pour les universités et les cégeps 

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Les secteurs universitaire et collégial membres du RSEQ ont décidé d’emboîter le pas au secteur scolaire. Les activités sportives universitaires et collégiales sont donc sur pause jusqu’au 14 septembre, en cohérence avec la décision annoncée par le premier ministre du Québec François Legault, vendredi dernier. Mais y aura-t-il une saison de football au Québec ?

Le but de la démarche annoncée lundi midi est de permettre une rentrée sécuritaire de la population étudiante du Québec, d’abord, et de faciliter la mise en place d’une éthique sanitaire uniforme.

En gros, les différentes directions des secteurs universitaire et collégiale veulent voir comment se déroulera la rentrée scolaire, avant d’amorcer les activités sportives.

Des adaptations possibles et spécifiques pourront être apportées aux calendriers sportifs, en respectant les besoins de chacun des trois secteurs.

Les athlètes des différentes disciplines sportives, tant au collégial qu’à l’université, peuvent poursuivre l’entraînement, en attendant une décision finale, le 14 septembre.

Les recteurs des universités québécoises sont très préoccupés par la situation, et ils veulent se donner un temps d’observation. Précisons que les dates d’entrées dans les universités québécoises ne sont pas toutes identiques.

Le premier ministre François Legault a confirmé vendredi dernier que les activités parascolaires et les sports scolaires seraient sur pause jusqu’au 14 septembre, afin de faciliter la rentrée scolaire. 

Cette annonce est venue calmer le jeu. La veille, le ministre de l’Éducation avait semé l’émoi dans les milieux scolaires en précisant que la pause sportive s’étirerait jusqu’au premier octobre.

Ajuster le tir

« Les deux semaines additionnelles vont permettre de s’ajuster à la situation. Elles n’ont même pas pu évaluer, encore, la portée des mesures sanitaires et la sécurité en contexte de COVID, à la rentrée. Justement, l’intention, derrière ce délai, est de permettre aux jeunes de faire leur entrée à l’école. On n’étire pas la sauce pour étirer la sauce, ni pour le réseau, les établissements ou les étudiants. On n’a aucun intérêt à faire ça. Si dans les deux prochaines semaines, il n’y a pas de pandémie ou d’éclosion, ça va faciliter le processus de décision. S’il y en a, d’autres mesures seront mises en place », a insisté le directeur général du RSEQ, Gustave Roel.

Une saison compromise

Chose certaine, la date du 14 septembre est une date butoir. Pas question de repousser à nouveau une éventuelle décision, a confirmé M. Roel.

Et dernier, dans le même souffle, a estimé qu’il sera probablement plus facile de matérialiser des saisons de football au niveau scolaire et collégial, qu’au niveau universitaire.

« On comprend que la saison est compromise. Est-ce qu’on pourrait reporter une autre fois, la décision d’aller de l’avant, au-delà du 14 septembre ? La réponse est non. C’est impensable, pour une saison d’automne, de dépasser la date du 14 septembre. C’est clair.

«On risque donc plus facilement de voir une saison scolaire ou collégiale se matérialiser, plutôt qu’une saison universitaire. Ce qui est plus compliqué, pour le niveau universitaire, c’est le facteur nombre. À 52 ou 54 cégeps, c’est beaucoup plus facile d’avoir un noyau important pour faire une ligue. Au niveau universitaire, si on ajoute Bishop’s (si Bishop’s joint le RSEQ pour 2020 uniquement), on est seulement à six universités, six équipes. Si on en perd trois, on perd 50 % des effectifs, et ça peut jouer pour beaucoup», a averti Gustave Roel.

«Est-ce que oui ou non il y aura une ligue ? Chose certaine, on ne sera pas dans un calendrier habituel, pour se rendre à la troisième semaine du mois de novembre. On rajoute deux semaines de plus, car il n’y a pas de finale canadienne, mais il reste qu’on est au Québec et il y a une question de température, également. Toutes les équipes universitaires s’entraînent, tout le monde connaît les dates avec lesquelles on travaille.»

Pas de vote sur la participation

Aucune université ne s’est donc positionnée sur sa participation éventuelle à une saison. Il n’y a donc pas eu de vote en ce sens, lundi matin, lors de l’appel conférence des directions des universités. 

La proposition de retarder de deux semaines a été adoptée unanimement. 

«La préoccupation des recteurs présentement est de protéger l’ensemble des étudiants, pas seulement les étudiants athlètes. Comparativement à du scolaire, et même à du collégial, il y a du déplacement hors région. Si une équipe se déplace, comment ça peut compromettre le contexte de sécurité pour les étudiants qui sont déjà présents à l’université de l’équipe en question ?»

«L’université, ce n’est pas un seul établissement avec une porte d’entrée et de sortie. C’est un ensemble de plusieurs bâtiments, c’est un campus et des milliers d’étudiants, qui sont à 30 % en présentiel. C’est très variable d’une université à l’autre. Et comme le mandat du RSEQ et des universités est de favoriser la réussite scolaire, avant même de parler de sport, il faut que les étudiants puissent entrer de façon sécuritaire à l’école.»

Réactions de l’Université de Sherbrooke

Le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette, a préféré s’exprimer via un communiqué, pour commenter la décision prise lundi matin.

«Le sport fait partie intégrante de l’expérience universitaire. L’Université de Sherbrooke souhaite offrir un maximum d’opportunités au plus grand nombre d’étudiantes et étudiants-athlètes du Vert & Or cet automne. Nous sommes sensibles aux enjeux de sécurité qui ont guidé ce report et continuerons de travailler avec le RSEQ et ses membres d’ici le 14 septembre, afin de prendre la meilleure décision. Entretemps, cela permet à nos établissements de se concentrer sur la rentrée sur nos différents campus. Nos étudiantes et nos étudiants-athlètes poursuivront d’ici cette date butoir leurs camps et entraînements, en tout respect des consignes sociosanitaires spécifiques à leur sport.»