Après huit années à traiter les joueurs des Cantonniers de Magog aux petits soins, Vicky Fyfe part relever un nouveau défi avec l’Université McGill.

Sidney et Vicky

COMMENTAIRE / Le retrait du chandail numéro 87 porté par Sidney Crosby avec l’Océanic Rimouski dans la LHJMQ m’a donné l’occasion de plonger dans de beaux souvenirs reliés au meilleur hockeyeur de notre époque. Je remonte au milieu de la décennie 2000 lorsque Crosby a participé au tournoi À bout de souffle de Yanic Perreault à l’aréna de Magog.

Pensez-y deux minutes! Crosby avait assurément d’autres chats à fouetter que venir se pointer le nez en pleine saison estivale dans une petite municipalité comme Magog dont il ignorait possiblement l’existence avant d’y mettre les pieds, deux fois plutôt qu’une.

Évidemment, Crosby a fait les délices des amateurs qui remplissaient l’aréna de Magog. Peu importe où l’amateur s’assoit à l’aréna de Magog, il est proche de l’action. J’avais les yeux aussi grands que les spectateurs. C’était presque surréaliste. Je me souviens encore des flashs des caméras lorsque Crosby avait sauté sur la surface glacée de l’aréna de Magog pour sa première partie. On se serait cru à un spectacle d’une vedette rock.

Sur la glace, Crosby avait été égal à lui-même : magicien, spectaculaire et très intense. Crosby savait que les amateurs se déplaçaient pour lui et pas question de les décevoir. Le tournoi À bout de souffle avait beau être amical et pour une bonne cause, les équipes adverses, aussi composées de joueurs de la Ligue nationale, avaient toutes un objectif avoué : battre le kid. Personnellement, c’est à l’extérieur de la glace que j’avais hâte de rencontrer ce phénomène.

Vous dire tout le bien que je pense de Crosby après l’avoir vu agir à Magog avec les partisans et les jeunes me prendrait une page entière dans le journal. Il devait signer des autographes pendant 30 minutes chaque jour de match, il en prenait parfois le double. Il essayait autant que possible de s’exprimer dans la langue de Molière, surtout avec les plus jeunes. Parlez français leur répétait-il souvent.

Je n’ai jamais senti que je le dérangeais. Encore mieux! Je profitais de mes incursions dans le vestiaire de son équipe dans l’exercice de mes fonctions pour me faire accompagner d’un jeune que je présentais au 87 des Penguins. Crosby prenait toujours le temps de questionner le jeune sur ses intérêts.

Je n’ai pu m’empêcher de l’encenser. Il s’attendait possiblement à ce que je vante ses talents de hockeyeur, mais je l’ai pris par surprise en glorifiant plutôt la personne qu’il était. Je lui ai parlé de sa simplicité, sa maturité et sa générosité. Par la poignée de main qui avait suivi, je crois qu’il avait apprécié.

Si vous croyez qu’on a beurré épais sur l’hommage rendu à Crosby à Rimouski, que la couverture journalistique a été exagérée, je vais ajouter mon grain de sel et vous dire que cela aurait pu durer une heure de plus.

Vous avez le droit de détester le joueur de hockey, mais l’homme, il devrait faire l’unanimité.

Vicky Fyfe

La physiothérapeute Vicky Fyfe a œuvré son dernier match avec les Cantonniers de Magog. Huit ans qu’elle était en poste. Sur le site des Cantonniers, Vicky exprime en plusieurs paragraphes tout son amour et sa reconnaissance envers l’organisation magogoise. D’ailleurs, elle préfère le mot famille à organisation. Vicky, dans sa grande classe habituelle, n’oublie personne. De Félix Potvin et les membres du personnel hockey, en passant par le conseil d’administration du président Renaud Légaré jusqu’aux partisans, sans oublier les joueurs évidemment. La Ligue midget AAA du Québec a aussi droit aux bons mots de Vicky.

Félix Potvin m’avait déjà vanté les mérites de Vicky Fyfe et tout le professionnalisme qui l’habitait. Pourtant, le Chat en a vu d’autres, lui qui a connu une carrière d’une douzaine d’années dans la Ligue nationale. C’est vous dire.

Vicky Fyfe passe le flambeau à Kathryne Homan-Provencher. Celle-ci est allée à la bonne école en ayant la chance de côtoyer Vicky Fyfe chez les Cantonniers. Voilà qui est rassurant.

Vicky Fyfe poursuivra sa carrière avec l’Université McGill. J’y vais d’une prédiction : tôt ou tard, vous la verrez avec une équipe professionnelle, peu importe la discipline. Les Cantonniers auront été en quelque sorte le tremplin de sa carrière qui ne fait que commencer.

Les Cantonniers ne perdent pas seulement une physiothérapeute exceptionnelle, mais aussi une personne authentique, humaine. Un peu comme Sidney finalement.