Le Sherbrookois Shawn Cameron a passé les quatre dernières années en NCAA division 1, avec les Tigers de RIT.
Le Sherbrookois Shawn Cameron a passé les quatre dernières années en NCAA division 1, avec les Tigers de RIT.

Shawn Cameron gagne son pari

Le parcours hockey du Sherbrookois Shawn Cameron était peut-être atypique, mais il lui aura permis de toucher une partie de son rêve. Il y a quelques jours, il a signé son premier contrat professionnel, un contrat d’un an avec le club-école des Blues de Saint-Louis, après un passage de quatre ans dans la NCAA.

L’histoire de Cameron a été racontée dans La Tribune, en août 2019, avant son départ pour sa quatrième et dernière année au Rochester Institute and Technology (RIT), qui possède un programme de hockey NCAA en division 1.

Un an plus tard, Cameron a un contrat en poche avec les Thunderbirds de Springfield et il se rapproche de plus en plus de son rêve ultime, celui de jouer dans la LNH.

Le jeune homme de 24 ans est rentré au pays récemment, et il doit pour l’instant se soumettre aux consignes de confinement de 14 jours, à la maison.

« C’est un gros stress qui s’est enlevé de mes épaules. Je ne croyais pas que je pouvais recevoir ce genre de nouvelles là par les temps qui courent, je croyais que tout était sur pause à cause de la pandémie. Je suis vraiment très content », a-t-il dit.

Le processus fut long, parsemé d’embûches, de moments de désespoir et de remise en question.

Après un passage de cinq ans à Bishop’s College School (BCS) sous la gouverne de l’ancien CH Stephan Lebeau, Cameron a par la suite hésité entre sa passion pour le hockey et la poursuite de ses études.

C’est dans le Main, à Hebron plus précisément, dans un « prep school » américain qu’il a poursuivi son parcours, avant de bifurquer vers l’Ontario, où il a joué deux saisons au sein de la CCHL (Central Canada Hockey League), avec Kemptville et Cumberland.

« J’ai aussi passé un peu de temps à l’Université Carleton. Ce n’était pas évident, je jouais au hockey à temps plein, j’étais loin de la maison, je ne connaissais personne », s’est-il rappelé.

S’il a connu une première saison plutôt correcte dans la CCHL (47 points en 61 matchs avec Kemptville), Cameron a explosé la saison suivante avec une récolte de 91 points en 61 matchs. À l’âge de 20 ans, avec Cumberland.

Des statistiques qui lui ont permis de se retrouver sous les réflecteurs de plusieurs universités américaines.

« L’équipe était dirigée par Sylvain Favreau, qui est actuellement adjoint avec les Mooseheads (Halifax, LHJMQ). Tout a vraiment bien été, ce fut une année de rêve pour moi, j’avais des coéquipiers incroyables. C’est lors de cette saison-là que j’ai reçu mes premières offres de programmes de division 1 de la NCAA, et le RIT fut la première à m’être offerte et c’est la première université que j’ai visitée ».

Le coup de foudre est instantané pour le Sherbrookois, qui y passera les quatre années suivantes, tout en complétant des études en finances.

Il obtiendra d’ailleurs son baccalauréat dans quelques semaines, après avoir complété deux cours à distance.

« Rochester est situé à une heure à l’est de Buffalo, soit environ à 7 h de Sherbrooke. Alors mes parents pouvaient venir en auto pour me voir. Quand tu rentres sur le campus, c’est complètement différent d’ici, et l’aréna est incroyable. C’est un donateur qui a fait don de 45 millions dans son testament pour bâtir un aréna. C’était un des plus beaux de la ligue. J’ai pris un deux ou trois semaines pour y penser avant de finalement accepter. »

Shawn Cameron a connu sa meilleure saison avec RIT la saison dernière, avec une récolte de 29 points en 36 matchs.

Comme à son année avec Cumberland, Cameron fut le meilleur pointeur de son équipe.

« L’horaire du hockey universitaire américain est très facilitateur pour les études, on ne joue que les vendredis et les samedis soirs. Le lundi, tu es de retour à l’école. On joue toujours des matchs aller-retour contre la même équipe. Ça crée une intensité, une rivalité. On joue 28 matchs en saison, en plus de six à huit matchs hors conférence. »

Le RIT est un programme de hockey de la NCAA division 1, membre de la conférence Atlantique.

Dans l’œil de Keith Tkachuck

Shawn Cameron a commencé à attirer le regard des recruteurs professionnels à sa dernière saison universitaire.

« Ça a commencé en octobre passé, durant nos premiers matchs, à Toledo en Ohio, lors du NCAA Ice Breaker Tournament. On a joué contre Bowling Green et Ohio State, deux équipes très bien classées au pays, et c’est à ce moment-là que Keith Tkachuk, qui travaille pour le service du développement des joueurs pour les Blues de Saint-Louis a contacté mon entraîneur », s’est rappelé Cameron.

Tkachuck, dont les deux fils Matthew (Flames de Calgary) et Brady (Ottawa) jouent dans la LNH, a connu une longue carrière dans la LNH, entre autres avec Saint-Louis.

« J’ai dû rapidement me trouver un agent, et c’est par son entremise que des négociations se sont amorcées avec l’organisation des Blues. Ça a commencé à être vrai jeudi il y a trois semaines, en fait. Mon agent m’a appelé pour me dire que le DG du Rampage de San Antonio, qui était alors le club-école des Blues l’an passé, voulait me parler. Finalement, on m’a offert un contrat que j’ai signé ce lundi. »

Ce contrat est pour une durée d’un an, et valide dans la LAH.

Le club-école des Blues, qui se trouvaient l’an passé à San Antonio, est dorénavant déménagé à Springfield.

Et l’avenir?

Avec l’incertitude qui plane au-dessus du monde sportif actuellement, Shawn Cameron est un peu dans le noir, comme plusieurs autres athlètes professionnels.

« Pour l’instant, je ne sais pas trop, tout est sur pause. J’ai reçu mes entraînements à faire à la maison, de la part du préparateur physique de l’équipe, mais pour les camps de développement, dont celui qui était prévu tout de suite après le repêchage de la LNH, je ne sais pas s’il aura lieu », a-t-il dit.

« Mais simplement de pouvoir signer un premier contrat pro, dans le contexte actuel, c’est déjà énorme. Ça m’enlève un stress, je peux maintenant me concentrer à mon entraînement. Quant au calibre de jeu, je soupçonne que ce sera plus rapide, plus intense, plus physique. »

Continuer vers son rêve

« Je continuer à rêver à la LNH, c’est certain. C’est toujours là, derrière la tête, mais je ne veux pas trop y penser. C’est une grande motivation de me retrouver une marche en dessous de la grande LNH, l’entonnoir est très très fermé rendu-là et ce sera encore plus dur à passer au prochain niveau. En même temps, je me dis qu’il ne me reste qu’une étape avant d’y parvenir, alors oui je me laisse rêver, et ce rêve va toujours me motiver. À certains moments, je n’y croyais plus; je me retrouvais un peu partout sur le continent, et je n’étais pas sûr d’y arriver. Maintenant que je suis tout près, il ne faut pas lâcher et persévérer. »