François Lefebvre

Shapovalov et Auger-Aliassime confirment leur statut de futures vedettes

Avec leurs prestations inspirées à la Coupe Rogers présentée cette semaine à Toronto, Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime confirment qu’ils représentent l’avenir du tennis canadien et ce, probablement pour plusieurs années. Deux jeunes joueurs qui se sont fait les dents entre autres sur le circuit Futures de tennis et qui, comme Milos Raonic, sont passés par Sherbrooke tout récemment.

À voir la foule torontoise littéralement conquise par les deux jeunes joueurs, il est facile d’oublier qu’ils étaient il n’y a pas si longtemps, les têtes d’affiche du Futures de Sherbrooke.

Et n’eût été le forfait de Shapovalov pour cause de maladie, les deux bons amis se seraient fort probablement affrontés en finale du tournoi sherbrookois, en mars 2017.

Des résultats qui sont loin de surprendre le professionnel de tennis de l’école Tennestrie, François Lefebvre.

« Ce qui se passe à Toronto en ce moment, c’est vraiment spécial. On voit clairement qu’on met l’emphase beaucoup sur les deux jeunes, davantage que sur Milos Raonic; ça en dit très long sur leur importance pour le tennis canadien présentement », a dit celui qui s’occupe du volet compétition du Futures.

« Ce sont deux jeunes très solides, mais Shapovalov a une petite longueur d’avance pour l’instant. Il a davantage d’expérience lors des matchs cruciaux, disputés lors de gros tournois devant une grosse foule. Mercredi soir, face à l’Italien Fabio Fagnini, il a connu une baisse de régime au deuxième set, surtout à 0-4. Mais on sentait que Shapovalov savait que s’il réussissait le bris à ce moment, il pouvait remonter. Et c’est ce qu’il a fait. Avec 72 % des points remportés sur son premier service, Shapovalov avait l’avantage. »

L’an dernier, Shapovalov avait soulevé la foule montréalaise par son parcours étincelant à la Coupe Rogers.

Sa victoire face à Raphael Nadal fut tout simplement éblouissante.

Auger-Aliassime, lui, s’est incliné mercredi soir face au Russe Daniil Medvedev, mais sans avoir écarté au passage la 18e raquette mondiale, le Français Lucas Pouille, mardi.

« À ce stade, parmi les joueurs du top 50 mondial, la maîtrise du jeu tactique est supérieure. Techniquement, les joueurs peuvent aussi frapper des cibles encore plus petites lorsque l’occasion se présente. L’expérience joue aussi un grand rôle. On a vu mercredi que Shapovalov a saisi le momentum de son match grâce aux motivations et encouragements de la foule. Il a pu s’inspirer de ça, il devient créatif et il s’alimente de l’énergie des gens », a dit François Lefebvre.

« À 5-5, en situation de bris, Shapovalov a incité la foule à l’encourager en agitant les bras. La foule a embarqué, mais Fabio Fagnini n’a pas apprécié, je crois! »

« Et c’est ce qui fait la différence entre les deux jeunes, présentement. Félix, mercredi, lors du bris d’égalité face à Medvedev, n’a pu le faire. On le sentait un peu nerveux, surtout lorsqu’il a raté certains services par beaucoup. Quand même, il a tous les coups dans son arsenal, il n’a peur de personne. Il ne lui reste qu’à acquérir cette fameuse expérience pour passer au prochain niveau. »

Lefebvre précise que Auger-Aliassime a gagné 107 points lors de ce match contre 106 pour Medvedev.

« La différence fut qu’il a gagné seulement 41 % de ses points sur son deuxième service, contre une moyenne de 58-60 % habituellement. Shapovalov, contre Fabio Fagnini, a réussi 65 % de ses points sur sa deuxième balle de service. C’est là que ça se joue chez les meilleurs joueurs. »

François Lefebvre confiait qu’il allait suivre avec attention le parcours de Denis Shapovalov à Toronto. Son récent affrontement était justement face à un autre joueur qui est passé par le Futures de Sherbrooke, le Hollandais Robin Haase.