C’est beaucoup demander à de jeunes hockeyeurs de 15, 16 et 17 ans de disputer sept parties en autant de journées.

Sept matchs en sept jours, c'est trop

COMMENTAIRE / Sept matchs en sept jours. N’est-ce pas trop pour des adolescents de 15 à 17 ans? La formule du tournoi de la Coupe Telus doit être remise en question, par mesure de sécurité.

Les joueurs de la Ligue nationale de hockey ont de la difficulté à performer lorsqu’ils jouent deux matchs en 24 heures. Des machines de guerre, surentraînées et à pleine maturité, considèrent difficile de jouer deux parties de hockey en deux jours. Il est donc complètement illogique de demander à de jeunes ados de chausser leurs patins deux fois en 20 h, plusieurs fois de suite!

Les dirigeants de cette ligue se rendront compte de leur erreur lorsqu’un joueur s’écroulera sur la surface glacée. Pourquoi s’entêter à faire jouer des jeunes aussi souvent, sachant qu’ils ne peuvent pas récupérer du match de la veille? Au moins une journée de repos devrait être attribuée aux équipes, afin de couper la semaine en deux.

J’exagère? Dans les ligues professionnelles, trois joueurs se sont écroulés au banc de leur équipe et trois sont décédés. Sergei Zholtok (2004), Alexei Cherepanov (2008) et Stéphane Morin (1998) sont tous morts lorsqu’ils ont été victimes d’arrêts cardiaques. Rappelons-nous de Rich Perveley, qui avait pu être sauvé après s’être effondré au banc des Stars de Dallas, il y a quelques années.

Dans la catégorie moins intense, les joueurs ne sont pas capables de récupérer après avoir subi des blessures mineures. Une simple élongation musculaire peut vite devenir un vrai cauchemar pour un joueur qui ne se laisse pas le temps de guérir.

N’oublions pas que ces joueurs ne veulent aucunement manquer de match. Ils luttent pour obtenir le plus prestigieux trophée du hockey midget AAA au Canada.

De la fatigue

Outre l’aspect physique, le mental des jeunes n’est pas nécessairement aussi dur que celui de Bob dans Les Boys. Parlez-en à Olivier Adam, le jeune gardien de 15 ans des Cantonniers. Celui qui a vu son coéquipier Rémi Poirier quitter pour l’hôpital après un seul match a dû garder les filets cinq fois en cinq soirs.

S’il racontait à La Tribune après son troisième match que « ce n’était pas brûlant de garder les buts » et « qu’il avait de l’énergie en masse », son non verbal en disait long à la suite de sa victoire en demi-finale, quelques jours plus tard. Le jeune avait l’air « brûlé », pour reprendre ses termes.

De plus, les Cantonniers ne pouvaient pas amener leur propre gardien d’urgence au tournoi. Trois gardiens substituts de la région de Sudbury étaient appelés à prendre les filets en cas d’urgence.

La solution

Comment ces jeunes, qui vont tous à l’école secondaire, peuvent jouer un tournoi si important et si intense, tout en pouvant se reposer quelque peu entre leurs performances?

Serait-ce pertinent de commencer les matchs le premier samedi, plutôt que le lundi? Est-ce que les dirigeants peuvent réduire le nombre de matchs présentés chaque jour? Est-ce qu’un pool pourrait être créé, afin que les joueurs n’aient pas à affronter toutes les équipes? Est-ce possible que ces adolescents puissent récupérer de leurs bobos?

L’organisation

Je me dois de lever mon chapeau aux nombreux bénévoles qui ont rendu ce tournoi possible. Plusieurs d’entre eux, portant un chandail vert en honneur des Broncos d’Humboldt, ont participé aux activités durant les sept jours du tournoi. Vous aussi, vous pouvez maintenant aller vous reposer.