Un retour en urgence de l'île d'Anticosti est dans l'ombre de sensations fortes et c'est la dernière chose à laquelle on pense une fois débarqué sur ce territoire de rêve. La Sépaq Anticosti m'a offert un support exemplaire la semaine dernière pour  un retour précipité.

Sépaq Anticosti : plus qu'un paradis de chasse

CHRONIQUE / Nous sommes tous fébriles avant de prendre l'avion vers une destination d'évasion. À la veille d'une excursion de chasse, le rêve de se retrouver en face du trophée d'une vie ajoute un tour de vis à l'excitation.
J'avais fait l'inventaire de mes bagages trois fois plutôt qu'une avant de partir pour Anticosti. Je m'étais assuré d'avoir mon arme, des munitions, mes bottes, j'avais apporté plus de vêtements que moins étant donné que les séjours peuvent être prolongés à sept jours durant les mois de septembre et octobre.
Transport à l'aller dans des conditions idéales, beau temps à l'horizon, la semaine s'annonçait plus qu'agréable. J'ai toutefois appris le décès de mon père le premier matin suivant mon arrivée, avant d'avoir mis les pieds dans le bois.
Mes pensées ont pris le large, elles se sont perdues dans l'immense masse d'eau qui était le miroir des premières lueurs du matin. Autant le décor était beau, autant je me suis soudainement senti loin des miens...
Havre-Saint-Pierre et Natashquan ne sont pas à la porte. Google calcule une distance de 1200 à 1500 km d'ici. Au pavillon McDonald, à mi-chemin de cette île du golfe du Saint-Laurent couvrant en longueur la distance entre Sherbrooke et Québec, j'étais à la hauteur de ces villages de la Côte-Nord.
Y'a pas des vols tous les jours vers Anticosti. Plusieurs camps sont à plus de 100 kilomètres du village de Port-Menier, où se trouve l'aéroport.
« Ne vous en faites pas, nous allons trouver le moyen de vous sortir avec le prochain vol afin que vous puissiez aller retrouver les vôtres », m'a vite rassuré le directeur du service à la clientèle de la Sépaq Anticosti, Robin Plante, dès qu'il a été mis au fait de ma situation.
Mon retour a été devancé de quatre jours, un guide s'est tapé un aller-retour de 200 km pour me conduire à l'aéroport. J'ai reçu bien plus que de la sympathie.
Certaines d'entre vous se disent probablement en lisant cela que j'ai eu droit à un traitement de faveur comme journaliste, pour éviter les critiques d'un manque de compassion.
« Nous n'avons pas de procédure établie pour gérer ces cas qui sont très rares, mais c'est la moindre des choses que nous agissions de la sorte pour prêter assistance aux gens. Ça fait partie du service + que la Sépaq s'efforce d'offrir », m'a répondu à ce sujet le directeur de la Sépaq Anticosti, Michel Threlfall.
On ne trimbale pas ce scénario dans nos valises. C'est un aspect voilé, dans l'ombre des sensations fortes qu'un chasseur vit au milieu du cheptel de cervidés envié d'Anticosti. On ne s'arrête même pas à penser que cela puisse nous arriver. Le jour où on le vit, par contre, on apprécie ne pas être laissé à soi-même...
Le territoire de la Sépaq Anticosti n'est pas qu'un paradis de chasse. C'est le milieu de travail de gens dédiés, attentionnés et profondément humains. Sans complaisance, je peux vous le certifier.
La chaleur complique les choses
Nous le vivons également ici durant les saisons de chasse au chevreuil ou à l'orignal, ça complique les choses lorsque le beau s'installe durant plusieurs jours et que le mercure se maintient largement au-dessus des normales. Mes confrères journalistes ont dû se montrer patients pour récolter les deux cerfs qu'ils avaient droit de rapporter d'Anticosti.
Avec des températures de canicule pour les premiers jours de la saison à l'arc et arbalètes, à compter de samedi dans les zones 4, 5 ouest et 5 est de la région, les chevreuils risquent également d'être las et discrets durant les heures de chasse. Le meilleur viendra tôt ou tard.