Vendredi matin, sur le terrain synthétique près de l’Université de Sherbrooke, une dizaine de joueurs du Vert & Or ont suivi le programme de course du préparateur physique de l’équipe, Louis Leclerc.
Vendredi matin, sur le terrain synthétique près de l’Université de Sherbrooke, une dizaine de joueurs du Vert & Or ont suivi le programme de course du préparateur physique de l’équipe, Louis Leclerc.

S’entraîner en prévision d'une hypothétique saison

Ce sont quelque 80 joueurs de l’équipe de football du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke qui ont repris l’entraînement, depuis lundi, en vue d’une hypothétique saison de foot universitaire à l’automne. Même si la coupe Vanier ne sera pas octroyée cette année, et l’incertitude quant à la prochaine saison, les joueurs étaient tout sourire et heureux d’être sur le terrain et de se revoir. Le football, c’est ça, aussi.

Le terrain synthétique du Vert & Or paraissait très grand, vendredi matin. Seulement une dizaine de joueurs exécutaient le programme de course du préparateur physique de l’équipe, Louis Leclerc.

L’entraîneur-chef Mathieu Lecompte, de même que le coordonnateur à la défensive Guillaume Boucher étaient également sur place.

80 joueurs à l’entraînement

Le retour au jeu est progressif et il suit le plan de déconfinement proposé par Football Québec.

Depuis lundi donc, les 80 joueurs sont divisés en groupes de 10 et ils participent à des sessions de musculations, qui se déroulent à l’extérieur, au Stade de l’Université de Sherbrooke. Ils ont aussi des sessions de course, sur le terrain synthétique du chemin Sainte-Catherine, à raison de quatre fois par semaine.

« On commence très tôt le matin. On passe tous nos groupes. Avoir 80 joueurs ici avec nous à Sherbrooke, sur un total de 120, c’est très bon! C’est un record de participation pour nous. On est très contents, surtout dans le contexte actuel. Les autres continuent à s’entraîner à la maison, en attendant d’arriver ici, probablement en juillet. Ils se filment à l’entraînement et on assure un suivi avec eux », a dit Mathieu Lecompte.

La décision de trois des quatre conférences USPORTS d’annuler leurs sports l’automne prochain a ébranlé le monde sportif universitaire d’un océan à l’autre.

Au Québec, cependant, la situation est toujours à l’étude, et une décision du RSEQ et de ses partenaires est attendue à la mi-juillet.

Une situation qui ne gène nullement le Vert & Or.

Viser la Dunsmore

« Je crois que l’impact est différent d’un programme à l’autre. Ici, à Sherbrooke, est-ce qu’on a besoin d’une coupe Vanier pour nous stimuler? Chaque jour, depuis mon arrivée, je parle aux gars de gagner une coupe Dunsmore, de gagner le Québec. Comme tout le monde, on souhaite qu’il y ait une compétition cet automne. Mais encore là, quelles seront les universités qui pourront y participer, on ne le sait pas encore. Et, oui, ça serait intéressant si Bishop’s obtenait le feu vert pour jouer avec nous », a dit l’entraîneur-chef.

« Ce que je peux dire, c’est qu’on est très motivés. On veut affronter Québec, on veut les battre. Peu importe nos compétiteurs, on sera prêts. On a une belle équipe, remplie de talent. Je suis impressionné. »

La compétition, justement, a fait place à la collaboration entre les différents programmes de football universitaire au Québec, dit Mathieu Lecompte.

« On se parle au moins une fois par semaine, pour échanger sur plusieurs sujets, sur les entraînements. On a tous à cœur notre sport, et on veut qu’il demeure en santé. Je dirais qu’on a mis de côté nos casques de compétiteurs. On veut s’entraider pour le bien du football. C’est important que le sport se déroule cet automne. Le football est un sport fragile, on doit en prendre soin. Si le hockey n’est pas recommencé à l’automne et que nous on peut jouer, ce serait une occasion unique pour avoir une fantastique visibilité », a poursuivi l’entraîneur-chef.

Le préparateur physique du Vert & Or, Louis Leclerc.

Santé mentale et santé physique

Parmi les entraîneurs du Vert & Or qui ont redoublé d’efforts depuis le début de la pandémie, il y a le préparateur physique de l’équipe, Louis Leclerc.

Ce dernier devait, dans un contexte jamais vu, s’assurer que les joueurs de l’équipe maintiennent la forme physique et mentale.

« J’ai déchiré ma préparation annuelle et j’ai tout recommencé! », a-t-il d’abord rigolé.

« On a quitté le vendredi 13 mars, sans savoir quand on pourrait être de retour. Au départ, c’était pour deux semaines, alors j’ai monté un programme en conséquence pour les gars. Un programme sans équipement, meublé de courses à l’extérieur. On utilisait les marches, des serviettes, les gars sont allés acheter des cruches d’eau », a-t-il précisé.

« Quand on s’est rendu compte que l’absence serait plus longue, il a fallu ajuster. On est six entraîneurs à temps plein, alors on a divisé l’équipe en six. On faisait le tour de nos joueurs, voir comment ils allaient, comment se portait leur famille, on voulait connaître l’environnement où ils allaient passer le confinement. »

« Ensuite, on a mis sur pied une petite compétition à l’interne, entre les six groupes, qu’on a appelés le Find a way Bowl. Chaque lundi, je leur mettais une séance d’exercices à faire qu’ils devaient filmer et nous l’envoyer. On avait différentes catégories; la vidéo la plus drôle, la mieux exécuté, la plus originale. Ça changeait un peu de l’entraînement routinier. On ne s’est pas vu pendant trois mois, mais on est restés en contact. Le gars qui était seul dans son appartement, il a quand même vu ses chums s’entraîner. Ça a créé un vibe le fun dans l’équipe, ça a été apprécié des gars. »

« Quand je regarde la forme physique des gars cette semaine, je suis agréablement surpris. Je commençais à m’inquiéter un peu, il y a une limite à ce qu’on peut accomplir, sans équipement, pour des joueurs de football qui ont besoin de travailler des aspects spécifiques. Ça augure bien pour le reste de l’été », a poursuivi Louis Leclerc.

Avec le sourire

L’entraînement de courses de vendredi n’était pas le plus intense. Sans équipement et sans casque, les joueurs se sont élancés sur le terrain synthétique, sourire aux lèvres.

« Je suis vraiment content, ça fait tellement de bien! J’ai trouvé le temps long, par moment, en confinement dans mon petit appartement de Sherbrooke. Juste d’être sur le terrain, même si c’est en petit groupe, pour reprendre l’entraînement, ça fait du bien. On retrouve l’esprit football, et ça fait du bien au football », a dit le secondeur Charles Davidson-Parent.

Est-ce que c’est difficile de se motiver à l’entraînement, sachant qu’il n’y aura pas de coupe Vanier à l’enjeu?

« Honnêtement non, on est tous ici avec le même but commun qui est de performer au maximum. L’important, c’est de ne pas se laisser distraire par ce qui se passe autour de soi, et de se concentrer sur la tâche. C’est notre priorité ici. On ne veut pas perdre de temps sur ce qu’on ne contrôle pas, et c’est l’attitude qui va nous aider à gagner un championnat dans le futur. »