Sarah Vaillancourt, ex-olympienne devenue assistante-entraîneure des Spartans du Collège de Stanstead, est entourée de deux joueuses de l'équipe, Tricia Deguire et Élizabeth Giguère.

Sarah Vaillancourt à Sotchi en pensée

Ayant tiré sa révérence du programme olympique de Hockey-Canada pour permettre à son corps meurtri de retrouver un second souffle, Sarah Vaillancourt, même éloignée des réflecteurs, continue de vivre intensément l'aventure olympique de ses anciennes coéquipières à Sotchi.
La double médaillée d'or (Turin 2006 et Vancouver 2010) affiche nettement ses couleurs. «Je ne suis pas la partisane la plus expressive, mais disons que j'ai encore le logo de l'équipe nationale tatoué sur le coeur. C'est difficile de décrocher. Je regarde toutes ces retraitées, d'anciennes coéquipières, qui agissent comme analystes lors de la retransmission des parties du Canada à la télé anglophone et francophone. C'est plaisant de demeurer dans l'entourage de l'équipe. Personnellement, je compte de nombreuses amies dans l'équipe et on reste en contact», souligne Sarah Vaillancourt qui a regardé calmement le premier affrontement entre le Canada et les États-Unis.
«Les deux équipes n'avaient pas à se tracasser pour leur survie puisque c'était un match de la ronde préliminaire. Je n'avais pas besoin de pousser avec les filles», de blaguer la Sherbrookoise d'origine qui a tout de même trouvé la performance canadienne réconfortante.
«J'ai vu une équipe canadienne plus dynamique, toujours en mouvement, tout le contraire de ce que j'avais vu d'elles dans les semaines précédentes. Les filles ne semblaient pas dans leur assiette avant les Jeux. Elles avaient l'air au bout du rouleau. Faut croire que l'air de la Russie leur a procuré une cure de rajeunissement. C'est de bon augure pour le reste du tournoi.»
Rivalité avec les Américaines
Quoique certains pays commencent à montrer des signes encourageants, le hockey féminin a toujours été l'affaire de la rivalité entre le Canada et les États-Unis. Tout ce qu'on peut entendre, lire dans les journaux, est-ce que cela s'approche de la réalité ou si le tout est un brin exagéré?
«Il faut vivre cette rivalité de l'intérieur pour bien la comprendre et saisir jusqu'à quel point c'est intense. Là où je suis en désaccord, c'est quand on prétend que cette rivalité dépasse la limite permise. Sur la glace, il n'y a pas de place à la fraternité, mais à l'extérieur il y a une certaine forme de respect qui s'installe. En dehors du programme olympique, certaines Canadiennes et Américaines sont coéquipières. D'ailleurs, quand on atteint ce niveau et qu'on représente son pays aux Olympiques, c'est parce qu'on est très compétitif et c'est juste normal de ne rien vouloir laisser aux autres athlètes qui ont le même objectif. C'est vrai pour toutes les disciplines et le hockey féminin ne fait pas exception à la règle», a commenté Vaillancourt.
Pas de regret
Sarah Vaillancourt jure qu'elle a tourné la page même si elle sait qu'elle serait à Sotchi en ce moment n'eût été du repos dont son corps avait besoin. «À quoi ça servirait de me torturer l'esprit. Mon corps ne pouvait suivre le rythme de l'équipe olympique avec tous ses entraînements, les voyages. J'ai deux médailles d'or à la maison qui me rappellent mes beaux moments. J'écoutais le match Canada-USA au petit écran et on mentionnait que les filles jouaient devant une salle comble de 7000 spectateurs. Moi, mon dernier match olympique, c'est devant 20 000 fans canadiens à Vancouver que je l'ai disputé et j'ai quitté la glace avec la médaille d'or autour du cou. Ne comptez pas sur moi pour me plaindre», de terminer Sarah Vaillancourt.