Le Palais des sports sera complètement vide ce week-end, avec la suspension des activités dans la LHJMQ. Le Phœnix espère que ce soit le calme avant la tempête en souhaitant une reprise rapide.
Le Palais des sports sera complètement vide ce week-end, avec la suspension des activités dans la LHJMQ. Le Phœnix espère que ce soit le calme avant la tempête en souhaitant une reprise rapide.

Saison suspendue pour le Phœnix

La crainte se confirme pour la LHJMQ et le Phoenix de Sherbrooke, qui connaissait la meilleure saison de son histoire: toutes les activités du circuit sont suspendues jusqu’à nouvel ordre en raison de la  COVID-19.

Pour l’instant, le Phœnix évite le pire puisqu’il s’agit d’un report des activités et non de l’annulation. L’organisation a d’ailleurs déjà indiqué que les billets ne seront pas remboursés, sauf si les matchs de saison seront annulés.

Rappelons que pour une deuxième fois consécutive, l’organisation s’attendait à faire salle comble samedi au Palais des sports face à l’Océanic de Rimouski et le premier choix potentiel du prochain encan de la LNH, Alexis Lafrenière. 

«C’est une vraie douche froide pour nous, confie la directrice des opérations, Charline Durand. Nous devons respecter l’interdiction des rassemblements de plus de 250 personnes annoncée par le gouvernement provincial.»

«Nous n’avions pas le choix, confirme Ronald Thibault, président et actionnaire du Phœnix. Ce n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour nous, mais pour tout le monde. Le milieu des affaires sera particulièrement affecté. On prendra les meilleures décisions pour nos jeunes, le personnel et les amateurs. Ça va bien au-delà du sport.»

Même les entraînements ont été suspendus.

«Toutes les activités hockey et promotionnelles sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Il faut prendre les grands moyens pour limiter les risques. S’il faut que toute la population reste confinée à la maison pour freiner le COVID-19, ce sera ça! C’est la réalité. Tout a évolué tellement vite en peu de temps. Lundi, on ne pensait même pas à remettre à plus tard la partie de samedi. Même mercredi matin lors de la mise en vente de nos billets de séries, il n’y avait aucun cas de déclaré en région », ajoute Charline Durand.

Stéphane Julien peu inquiet

En repos forcé, les joueurs du Phœnix continueront de se côtoyer au Palais des sports, puisque leurs cours ne seront pas suspendus. 

«Nos joueurs continueront d’aller à l’école et à se retrouver en classe, pour ceux qui étudient à distance à partir de leur local du Palais des sports, soutient l’entraîneur Stéphane Julien. Personne ne peut être frustré de la situation. Ce sera la même chose pour tout le monde. Les joueurs semblent assez sereins malgré tout. Pour ma part, je reverrai les joueurs probablement mardi, mais d’ici là, on est en pause.»

Un risque financier

Tout cela arrive au moment le plus faste pour l’organisation sherbrookoise. Le Phœnix trône au premier rang du classement général de la LHJMQ et est toujours considéré comme la meilleure équipe de hockey junior au pays.

« On connait une excellente année financière. Ça faisait du bien au compte de banque. Nos partenariats, nos commandites et la vente de billets étaient à leur meilleur. On espère limiter les dégâts avec une reprise rapide des activités. Il y a quelque chose qui plane au-dessus de nous on dirait. Décidément, nous n’avons pas de chance depuis quelques années à Sherbrooke », termine la directrice des opérations du Phœnix.

Dans le cas d’une annulation des activités, il s’agirait d’une première dans la LHJMQ.

Même la grippe H1N1 n’avait pas occasionné de suspension des activités en 2009. Il faut remonter jusqu’en 1919 pour voir un virus nuire aux activités sportives, alors que la grippe espagnole avait provoqué l’annulation des séries dans la LNH, entre autres.

«Nous sommes tributaires de la décision du gouvernement. Il n’y aura donc pas de parties jusqu’à ce que la Sécurité publique autorise les rassemblements de 250 personnes et plus», conclut Ronald Thibault.

Des conséquences pour le Phœnix?

Que représenterait l’annulation de la fin de la saison pour un club prometteur comme celui du Phœnix de Sherbrooke?

« Regardez la conséquence du lockout au baseball en 1993, répond le professeur de l’Université de Sherbrooke, David Pavot. Les Expos étaient en voie de remporter le titre suprême. Je ne veux pas être catastrophiste, mais si on a une suspension de compétitions, il faut s’attendre à ce que la saison de la LHJMQ soit annulée. Soit que le Phœnix gagne par défaut ou soit que ce soit simplement annulé. »

« Aujourd’hui, ce qui se passe, c’est pour maintenir le système de santé à flot », renchérit le professeur.

« Le mot d’ordre, c’est de rester chez soi. Les matchs de hockey à Sherbrooke, c’est triste à dire, c’est de ne pas y aller. Est-ce qu’on est prêts à aller à l’hôpital pour un match du Phœnix de Sherbrooke? » demande le professeur. 

Tommy Brochu