Même si la saison régulière et les séries éliminatoires du hockey junior canadien ont été annulées en raison de la pandémie de la COVID-19, l’évaluation des recruteurs des équipes de la LNH n’en souffrira pas trop, estime Luc Gauthier.

Saison annulée: peu d’impacts sur les listes des recruteurs de la LNH

Même si la saison régulière et les séries éliminatoires du hockey junior canadien ont été annulées en raison de la pandémie de la COVID-19, l’évaluation des recruteurs des équipes de la LNH n’en souffrira pas trop, estime Luc Gauthier.

Depuis maintenant 12 ans, le Sherbrookois sillonne les arénas de la province et des Maritimes, épiant le talent québécois des clubs de la LHJMQ pour les Penguins de Pittsburgh.

Même si cette saison 2019-2020 a été légèrement écourtée, et qu’elle a été amputée de ses séries éliminatoires et de la coupe Memorial, Gauthier aura quand même regardé 103 matchs et fait 1170 rapports sur différents joueurs, au profit de l’organisation de la Pennsylvanie, aux États-Unis.

Des statistiques légèrement inférieures à sa moyenne habituelle, confirme-t-il, sans que cela ait cependant un impact définitif.

« En moyenne, je vois entre 120 et 150 matchs par saison, en incluant les séries. Cette évaluation des joueurs s’amorce dès le mois d’août, et elle se poursuit tout au long de la saison régulière. Au moment où la saison a été arrêtée, je dirais qu’entre 80 % et 85 % des évaluations étaient faites. Et je crois que notre équipe aura en main suffisamment d’informations pour faire une bonne évaluation en vue du repêchage de la LNH », a-t-il indiqué à La Tribune.

Ainsi, le classement des espoirs pour les équipes de la LNH était pratiquement complété, lorsqu’on a annoncé l’annulation des derniers matchs prévus au calendrier régulier du hockey junior.

Les impacts de cette annulation ne seront pas si importants, juge Luc Gauthier.

« Avec la saison régulière, on a déjà une très bonne idée du potentiel de développement de chaque joueur. L’évaluation, lors des séries éliminatoires, nous permet d’entrer dans les détails. C’est là qu’on peut voir la constance du joueur, son côté compétitif, comment il se comporte dans les matchs qui ont une signification importante, bref, le comportement du joueur en général. Pour ses habiletés individuelles, on a eu le temps de les évaluer auparavant. À partir de janvier, la base de la liste est pas mal solide. »

« L’évaluation des joueurs, pendant les séries, c’est plus “ rock and roll ”, car toutes les équipes jouent en même temps, ou presque. Ça représente plus de déplacements, dans des délais très courts, surtout en première ronde. On se concentre donc sur les joueurs qui sont placés en haut de nos listes. Oui, le rendement d’un joueur en séries peut influencer un peu son évaluation finale, mais pas de façon drastique. »

Et l’équipe de recruteurs des Penguins a poursuivi le travail d’analyse malgré le fait que l’équipe n’a pas de choix de première ronde, ni de deuxième ou de troisième tour, lors du repêchage 2020.

« On se prépare comme si l’équipe avait tous ses choix; on ne sait jamais ce qui peut se passer. Si un échange survient, et qu’on acquiert un choix dans les trois premières rondes, il faut être prêt. On est minutieux, et on fait nos listes en conséquence », a analysé Luc Gauthier.

La LNH n’a toujours pas statué sur l’avenir de son calendrier régulier, ni même sur la tenue ou non des séries éliminatoires qui monopolisent habituellement le printemps.

Idem pour le repêchage des joueurs juniors, qui doit se dérouler en juin, à Montréal.

Dans la LHJMQ, par contre, la décision est tombée cette semaine; le repêchage des joueurs midgets, qui devait se dérouler à Sherbrooke, au Palais des sports, se fera plutôt en ligne.

« Je ne sais pas encore ce qui va se passer, si le repêchage aura lieu ou non. S’il est annulé, ce sera bien dommage pour les joueurs et leurs familles. Cet événement marque en quelque sorte l’entrée des joueurs dans le hockey professionnel, être repêché par un club de la LNH, c’est tout un accomplissement », a jugé Luc Gauthier.

Une bonne cuvée pour la LHJMQ

Luc Gauthier croit que la LHJMQ et ses joueurs connaîtront un repêchage intéressant, en juin.

« Ce sera une bonne cuvée. Pas une cuvée extraordinaire, mais il y a de la profondeur. Outre Alexis Lafrenière, il n’y aura pas de “ superstars ”, mais il y aura de très bons joueurs de hockey disponibles et bien peu de choses qui les séparent entre eux. Ça va générer de très bonnes discussions entre les dirigeants, aux tables lors du repêchage. Des gars comme Jérémie Poirier (Saint John’s), Dawson Mercer (Chicoutimi), Lukas Cormier (Charlottetown) seront certainement à surveiller en première ronde.