Lors des Championnats du monde tenus en Autriche, Magdeleine Vallières-Mill a participé à la course sur route, même avec un pouce dans le plâtre.

Rouler 72 km avec un pouce dans le plâtre

L’aventure des Championnats du monde de cyclisme sur route en Autriche ne s’est pas passée comme prévu pour la junior Magdeleine Vallières-Mill. La Sherbrookoise prometteuse a dû renoncer à ses espoirs de bons résultats : une vilaine chute au contre-la-montre l’a obligé à poursuivre les autres épreuves avec un pouce cassé.

« J’ai chuté après trois kilomètres. C’était encore un peu mouillé et je suis arrivée dans un rond-point trop vite, alors j’ai glissé », raconte la cycliste de 17 ans.

L’adrénaline et la détermination l’ont rapidement fait remonter sur son vélo, même si plusieurs spectateurs lui ont fait valoir leurs inquiétudes.

« Je sentais que j’avais mal au bras durant la course, mais pas plus que ça. Quand l’adrénaline est redescendue, là ça commençait à faire mal. »

Dès que Vallières-Mill s’est remise des émotions de sa première course, elle a pris la direction de l’hôpital. Le verdict de la cassure l’a surprise, elle ne pensait pas s’être cognée si fort. 

« Je ne pensais vraiment pas qu’il était cassé. J’étais déjà motivée pour faire l’autre course. C’était pas mal un choc. On a parlé avec le docteur pour faire un plâtre plus petit, pour que je puisse rouler avec », explique Vallières-Mill.

Ce qui inquiétait son équipe en Autriche, c’était la difficulté du parcours. Les manœuvres techniques étaient importantes, et le plâtre rendait le tout encore plus risqué pour la jeune athlète.

« Tout le monde me disait que c’était dangereux, ça m’a un peu joué dans la tête. Il y avait de grosses descentes avec de gros virages. Quand tu fais des courses comme ça, tu essaies d’être à ton meilleur. J’avais un gros choix à faire. »

Elle a finalement enfourché son vélo avec son plâtre spécialement conçu pour qu’elle puisse tenir son guidon. Elle a participé à la course sur route en enregistrant des temps pas trop mal compte tenu de sa situation.

« Ça n’arrive pas tous les jours les championnats du monde. Ça vaut le coup de prendre un risque. Si je ne l’avais pas fait, je me serais toujours demandé ce qui se serait passé si je l’avais fait », exprime-t-elle.

Même si elle espérait de meilleurs résultats, elle reste satisfaite de son aventure.

« C’était un gros apprentissage. Je suis contente de l’expérience gagnée ».

Revenue à la maison, Vallières-Mill est en période de repos jusqu’à ce que son pouce soit guéri. Elle s’est équipée d’un plâtre plus conventionnel, pour faciliter le rétablissement.

Elle sera de retour sur son vélo bien vite, en cyclo-cross cette fois. Elle souhaite participer aux sélections de novembre et être de l’équipe nationale pour les Championnats du monde de cet hiver.