Le Triolet offre 14 sports reconnus par leurs fédérations sportives respectives, et une vingtaine de sports en tout, aux quelque 850 étudiants-athlètes de l’institution secondaire.
Le Triolet offre 14 sports reconnus par leurs fédérations sportives respectives, et une vingtaine de sports en tout, aux quelque 850 étudiants-athlètes de l’institution secondaire.

Revoir les calendriers sportifs au profit des athlètes

La pandémie de la COVID-19 a des répercussions concrètes et immédiates sur le quotidien de milliers de jeunes qui font partie des programmes sport-études, ou des concentrations sportives, au niveau secondaire, partout en province. Si le sport s’est arrêté le temps d’un souffle, c’est le temps idéal pour revoir certaines façons de faire et de penser, afin de réellement mettre de l’avant l’approche multisport, croit Jean-Benoît Jubinville.

Responsable des programmes sport-études à l’école secondaire du Triolet, M. Jubinville a cette idée en tête depuis des années.

« Je caresse un vieux rêve qu’un jour au Québec, on va avoir une approche multisport dans nos offres sportives, afin que les calendriers puissent mieux s’agencer. Le but serait qu’un jeune puisse faire deux ou trois sports dans son année scolaire. J’ai participé à plusieurs rencontres avec le MELS (ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport) et on commence à peine à parler du multisport. Le contexte actuel nous permettra, peut-être, d’amorcer une discussion plus sérieuse à ce sujet. »

Le Triolet offre 14 sports reconnus par leurs fédérations sportives respectives, et une vingtaine de sports en tout, aux quelque 850 étudiants-athlètes de l’institution secondaire.

Pourtant, dans le lot, bien peu peuvent dans les faits, pratiquer plus d’une discipline sportive de haut niveau lors de la même année scolaire.

Le casse-tête de l’agencement des horaires est trop complexe.

« Est-ce qu’on pourrait mieux travailler avec les fédérations sportives ? On ne peut pas changer les pratiques usuelles d’un seul coup, j’en suis conscient. Mais pour l’instant, ce que je constate encore et toujours, c’est que les saisons s’entremêlent. Donc le jeune qui est de calibre, qui a le désir de jouer en division 1 au hockey et au football, par exemple, ça demande une logistique prenante », a poursuivi M. Jubinville.

« Ça se fait, on en a toujours quelques-uns, chaque année. Mais si on regarde dans d’autres provinces canadiennes, ou même aux États-Unis, ils le font depuis longtemps. On doit se diriger vers ça. »

Les entraîneurs sous la loupe

Si l’approche multisport doit être abordée de front, croit M. Jubinville, il en va également pour le traitement des entraîneurs sportifs, croit-il.

« Dans son développement, chacune des disciplines sportives va connaître autant de succès que ses ressources humaines, principalement de ses entraîneurs. Et dans la situation actuelle, ce sont ces derniers qui écopent encore plus, d’après moi. Ils ne sont pas payés du tout. Oui, il y a la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ou le chômage. Les entraîneurs, on le sait, n’ont pas des salaires de fou, au Québec, loin de là. Ils vivent principalement de leur passion. Et présentement, ils sont à la maison, sans salaire qui entre. Si les athlètes ne peuvent pratiquer la discipline sportive qu’ils aiment, les entraîneurs ne peuvent exercer leur passion et leur métier. »

Le contexte, justement, change la donne. Et la changera pour la période du « après », également.

« Pour l’instant, on n’anticipe pas une baisse de la fréquentation en sport-études. Aucun parent ne s’est manifesté pour annuler l’inscription de son jeune pour l’an prochain. On s’est assuré d’avoir une politique spéciale, dans les circonstances. Il y avait un paiement prévu, début avril, mais on l’a repoussé à une date ultérieure. C’est certain qu’on a très très hâte de voir le rôle que le sport va jouer, lors du retour à la normale, après tout ça. Étant une école à vocation sportive, c’est certain qu’on a hâte ! Je crois qu’après tout ça, les gens, les jeunes, vont avoir besoin de bouger. Je sais que certains sports sont craintifs. Ils craignent une baisse de membership. Sans trop être inquiet, je pense qu’on va s’en sortir quand même. Et surtout, je crois qu’on doit pousser nos réflexions pour amorcer certains changements. »