Michael Bisping est un adepte du trash talk. Il aime provoquer, insulter, se bagarrer. Tout le contraire de GSP, reconnu comme étant le gentleman du UFC. L'exemple à suivre pour les jeunes.

Retour de GSP: la bonne décision?

BILLET / Le scénario est parfait. Comme à Hollywood. Parce que c’est un peu ça, le UFC. Du spectacle. Et pour la première fois en quatre ans, le rôle principal a été décerné à George St-Pierre, qui effectue un retour par la grande porte.

En 2013 après un combat face à Johny Hendricks, GSP s’est retiré pour diverses raisons. D’abord, pour retrouver la passion. Ensuite, en espérant que le dopage soit enrayé à son retour grâce à de meilleurs contrôles.

Le Québécois le plus connu sur la scène mondiale a laissé planer le doute longtemps. Je l’ai rencontré il y a deux ans. Il rendait alors visite aux employés de l’usine de bottes Royer à Lac-Drolet. Parce qu’il en est le fier représentant. C’est à ce moment qu’il avait ouvert la porte sur un éventuel retour.

Puis deux ans après cette rencontre, il remontera dans l’octogone lors de l’UFC 217. Non pas pour reprendre son titre chez les mi-moyens qu’il a défendu neuf fois consécutives. Ce serait trop facile. Il préfère plutôt affronter le champion des poids moyens : Michael Bisping.
Bisping s’est toujours battu contre des plus gros que GSP : 15 livres environ. Bisping est un adepte du trash talk. Il aime provoquer, insulter, se bagarrer. Tout le contraire de GSP, reconnu comme étant le gentleman du UFC. L’exemple à suivre pour les plus jeunes.

L’Anglais contre le Québécois. Le bon contre le truand. Bisping tente de jouer la carte de l’intimidation. Des paroles qui ne semblent pas heurter la légende du UFC. Ce qui me ramène à ma rencontre avec lui, durant laquelle il m’avait lancé ces mots après la défaite dévastatrice de son ami Rory MacDonald contre Roby Lawler : « Si je reviens, ce ne sera pas pour une question de vengeance. La promotion des combats est basée sur les sentiments. Mais les combats ne sont pas gagnés grâce aux émotions, mais bien par la logique et grâce à ce que les athlètes font chaque jour. C’est toutefois le drame et les émotions qui attirent les amateurs. En tant qu’athlète, on doit voir les choses d’une façon logique et non émotive. Je ne dois pas me laisser envahir par les sentiments. Parce que c’est là que je ferai des erreurs et que je pourrais perdre. »

Depuis quatre ans, il prépare son retour. À l’image d’un Olympien. Doit-on douter de sa forme ? Non.

« Dans le cas d’un retour, je ne devrai pas seulement être bon : je devrai être encore meilleur que ce que j’étais, avait-il ajouté aussitôt. C’est pour ça que je me garde en forme. J’ai changé beaucoup de choses dans ma vie et maintenant, tout va bien. Je ne reviendrais pas pour l’argent. Si je décide de reprendre les combats, ce sera par passion et pour avoir du succès. Je ne veux pas faire comme certains athlètes qui ont effectué un retour et faire un fou de moi. Si je reviens, je vais me faire tester et mes entraîneurs ne me permettront pas d’effectuer un retour sans être à la hauteur de leurs attentes. »

Mais pourquoi est-il revenu dans le UFC alors qu’il avait déjà presque tout prouvé ? Pour justement enlever le mot « presque » dans ma dernière question.

« C’est certain que j’ai plus à perdre qu’à gagner si j’effectue un retour dans l’octogone, avait poursuivi GSP lors de mon interview avec lui. Je prendrais beaucoup de risques en effet. J’aurais quand même quelque chose à gagner. En vérité, le moment n’est pas idéal en ce moment. Puis si je veux revenir, ne vous inquiétez pas : vous allez le savoir ! »

Ah ça oui, pour le savoir, on le sait maintenant. Ça se passe samedi. C’est ce soir que le monde entier saura si GSP était une superstar de son sport… ou la légende des légendes. Ce qui me convaincra alors que son retour était la bonne décision. D’ici là, j’en doute. Et j’ai probablement tort de douter du meilleur combattant livre pour livre de l’histoire.

Bonne chance, GSP.