Respecter les règles, coûte que coûte

Le déconfinement sportif s’est amorcé le 20 mai dernier, avec l’autorisation de pratique de certains sports individuels. Le football, comme les autres sports collectifs extérieurs, se croise les doigts afin de pouvoir fouler le terrain de nouveau, prochainement. Et les consignes actuelles de la santé publique, plus que jamais, doivent être suivies à la lettre, dit Football Québec.

Radio-Canada Québec a fait état, mercredi, que le certains membres de l’équipe de football universitaire du Rouge et Or de l’Université Laval, et des entraîneurs, auraient tenus un entraînement physique, sur le synthétique du Stade Telus.

Une activité sportive qui n’est toujours pas permise par le gouvernement et dont les échos se sont rendus jusqu’aux oreilles de la directrice des activités sportives de l’Université Laval, Julie Dionne, qui n’a pas approuvé la démarche.

Quelque 35 joueurs au total, divisés en cinq groupes, se sont entraînés le matin et l’après-midi, toujours selon Radio-Canada.

Malgré les interdictions, des mesures ont été appliquées lors de ces entraînements, comme la distanciation à 2 mètres et même la prise de la température de chaque joueur.

Pourtant, les consignes sont claires, a exprimé le directeur général de Football Québec, Mathieu Joyal.

« C’est la troisième communication qu’on fait à cet effet-là. On a été clair à ce sujet -là, on se désengage et on désapprouve ces rassemblements. Les joueurs ne sont pas couverts par les assurances de Football Québec. Je suis très content de voir que la direction du Rouge et Or a rapidement pris position et il semblerait que des actions ont été prises à l’interne. À partir de là, on va les laisser gérer leurs choses. S’ils œuvrent en ce sens, et qu’une directive est émise à l’interne, moi ça me convient », a dit celui qui est à la tête de Football Québec depuis avril dernier.

Mathieu Joyal, directeur général de Football Québec

De 25-35 % de garçons affectés

Le monde du football se raccroche donc à l’espoir que ses activités pourront reprendre prochainement.

Et le football doit reprendre, a martelé Mathieu Joyal, notamment pour ces garçons qui ont des difficultés scolaires.

« C’est bien connu et documenté, l’une des missions du football est d’aider les garçons à persévérer à l’école. Quand j’ai des discussions avec les responsables de programmes collégiaux ou universitaires, ils me disent que 25 % à 35 % de leurs joueurs ne seraient probablement pas de retour en classe s’il n’y avait pas de football, l’automne prochain. C’est pratiquement un sur trois. Ce n’est pas une étude exhaustive, c’est certain. Ça peut être plus, comme ça peut être moins. Mais quand même, ça nous préoccupe énormément et ça devient l’une des raisons qui nous motivent à trouver les solutions possibles pour un retour », a poursuivi M. Joyal.

« On est réalistes, c’est la santé collective, qui prime. On regarde ce qu’on peut faire. La vraie problématique, c’est le respect du 2 m de distance. Après la remise du ballon, les lignes entrent en contact, il peut y avoir remise du ballon par le quart au porteur, ou même une passe à un receveur. Est-ce qu’il faudra désinfecter le ballon entre chaque possession? C’est dur de trouver des solutions, pour l’instant. »

« Ce qui est dommage, c’est que la pratique du football était encore très abordable, pour les familles. Les clubs, civils ou scolaires, fournissent les casques, les épaulettes, alors les déboursés nécessaires pour chaque joueur se limitent aux souliers, des bas. C’est plutôt minime et abordable. Mais là, si on instaure des nouveaux casques, avec des visières complètes, comme la NFL a demandé à la compagnie Riddell, qui va payer pour ça? Le dilemme est entier. »

Mathieu Joyal et Football Québec se réjouissent par contre de l’allure positive que semble prendre le déconfinement sportif. Pour l’instant.

« Si on s’était parlé, il y a à peine quelques semaines, je n’aurais pas été aussi optimiste. On espère un retour, et on voit qu’on est dans la phase 6 du déconfinement. Il y a de l’espoir, mais aussi beaucoup de travail à faire encore. »