L'entraîneur-chef de l'équipe de football des Cougars du Collège Champlain n'entend pas demander à ses joueurs de se présenter à un camp d'entraînement sans savoir s'il y aura une saison.
L'entraîneur-chef de l'équipe de football des Cougars du Collège Champlain n'entend pas demander à ses joueurs de se présenter à un camp d'entraînement sans savoir s'il y aura une saison.

Reprise sportive à l’automne : le réseau collégial fixé la semaine prochaine

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
SHERBROOKE — Qui dit mois d’août, dit généralement rentrée scolaire, et rentrée sportive pour les équipes des différentes disciplines sportives collégiales et secondaires. Si les universités québécoises ont déjà statué pour un calendrier modifié pour l’automne prochain — au football principalement — au collégial, c’est toujours le statu quo.

Les joueurs, entraîneurs et intervenants des paliers collégial et secondaire devraient en savoir un peu plus dès la semaine prochaine, alors qu’une importante réunion d’orientation se déroulera le 10 août. 

Des directives plus claires quant au déroulement, ou non, de la session sportive d’automne, devraient par la suite émerger.

Mais il commence à se faire tard, compte tenu du contexte actuel et des mesures sanitaires toujours en place, pour espérer une saison normale, croient plusieurs intervenants.

Jean-François Joncas, l’entraîneur-chef de l’équipe de football des Cougars du Collège Champlain, aurait pu amorcer la préparation de son équipe depuis le 1er août dernier.

Certains programmes, comme celui des Spartiates du Vieux-Montréal, ont indiqué sur Twitter avoir amorcé leur camp préparatoire.

Mais pour M. Joncas, il était impensable de demander à des joueurs provenant de Québec ou de Montréal de se pointer en Estrie afin de participer à un camp d’entraînement, sans savoir s’il y aurait une saison.

« C’est un peu ce qui est désolant de notre niveau. En maintenant le statu quo, on maintient l’incertitude. Au niveau universitaire, ils se sont mis une date limite, rien ne se passe d’ici le 1er septembre. Ils ont des réunions sur une base régulière, ils ont des comités auxquels participent des médecins à titre de consultants. Au collégial, à ce que je sache, rien n’a été fait à ce niveau-là. On attend. Le 10 août, on va réévaluer si les différents scénarios ont du sens, ou non », a-t-il expliqué.

« J’ai entre 60-70 % de mes jeunes qui viennent de l’extérieur de Sherbrooke. C’est un fait à considérer. »

Si les entraînements intraéquipes ont repris pour les formations secondaires, collégiales et universitaires, la Fédération de football du Québec n’a toujours pas donné son aval à la présentation de matchs, ou d’entraînements, impliquant deux équipes différentes.

« Le premier match de notre saison est prévu à Montréal, face aux Spartiates du Vieux-Montréal. Leurs matchs se déroulent au Collège Notre-Dame et on n’a toujours pas accès aux vestiaires. Et même chose ici; je n’ai pas accès au Coulter Field ni au vestiaire. En ce moment, je n’ai pas de place pour me changer, ni l’équipe adverse. Il faut être réaliste. On va attendre de voir ce que le niveau universitaire va mettre sur la table comme solutions. Et peut-être que le niveau collégial va suivre. On verra », a dit l’entraîneur-chef des champions en titre.

« Faire venir des « kids » de Montréal ou de Québec, en attendant que... L’école ne commence que le 8 septembre chez nous, alors je n’ai pas l’intention de leur demander de venir en espérant qu’il y ait un match. Ça représente des frais pour eux. »

« Si la saison est déplacée, ou écourtée, on va s’asseoir avec notre direction et on va voir si ça a du sens ou non d’embarquer dans ce projet-là ».

Au total, ce sont 31 cégeps qui ont des programmes de football classés en division 1, 2 et 3, partout au Québec.

Le hockey, le soccer, le basketball et le volleyball, entre autres, sont aussi des disciplines sportives très populaires au niveau collégial.

Tous ces athlètes sont en attente.

L’importance des études

Jean-François Joncas croit que les équipes sportives pourront s’entraîner. En même temps, ce dernier explique que ça n’a aucun sens que le parcours des équipes sportives s’amorce avant le parcours scolaire.

« La mission première d’une école, c’est d’éduquer les jeunes, et ça doit être fait de façon sécuritaire. Le sport, c’est une offre parallèle. Ça ne n’aurait pas de sens de commencer le sport avant l’école. On mettrait des jeunes à risque en partant, sans savoir comment se fera la rentrée scolaire? En principe, on va avoir une session avec du présentiel. Mais tout ça peut changer tellement vite. On pourrait commencer l’école, pratiquer entre nous, et si tout va bien, on pourra évoluer vers autre chose », a-t-il poursuivi.

Des matchs contre les Volontaires?

Dans cette optique, M. Joncas confirme qu’il a déjà eu des discussions avec l’entraîneur-chef des Volontaires du Cégep de Sherbrooke Jean-Philippe Gauthier quant à la possibilité de faire des entraînements communs, ou même des matchs simulés.

« Il va falloir être créatifs dans notre offre aux jeunes. On va les encadrer pour qu’ils s’entraînent à fond, au cas où il y aurait une saison. Sinon, on se préparera pour l’an prochain. Peut-être un tournoi à la ronde le printemps prochain, ou des matchs intraéquipes lors des desquels on pourrait inviter les entraîneurs universitaires, pour favoriser le recrutement.

Le 31 août, date limite au niveau universitaire

Si les différentes universités ont déjà avisé le RSEQ qu’elles planchaient davantage sur un calendrier sportif modifié, pour l’automne prochain, elles ont jusqu’au 31 août pour confirmer leur adhésion à la prochaine session sportive, confirme le directeur général du RSEQ, Gustave Roel.

« On entend que la plupart des universités seront de retour. Mais encore là, tout est spéculation. Plusieurs universités vont offrir des cours de façon hybride (présentiel et en ligne). Ça évolue. On est toujours en attente de confirmation de la part des universités, et je serais très surpris d’en avoir avant la date limite », a-t-il indiqué.

Le RSEQ travaille actuellement sur un protocole de gestion en cas de COVID, avec un groupe de médecins et en compagnie de la Santé publique.

« Ça va aider la prise de décision des universités. Ça pourrait devenir un protocole appliqué à l’ensemble du réseau, éventuellement. Quel est le niveau de risque qu’elles voudront prendre, en termes de responsabilité civile, eu égard à envoyer des jeunes dans une autre région. Aussi, il faut préciser que la Fédération de football du Québec, comme Hockey Québec, n’a toujours pas donné son aval pour la présentation de matchs entre deux équipes différentes. La compétition ne peut pas reprendre, pour l’instant. »

« Le RSEQ va établir les calendriers secteur par secteur, discipline par discipline. Le collégial n’a pas encore établi qu’ils évolueraient selon un calendrier modifié. Ils se rencontrent la semaine prochaine pour faire cette évaluation. Techniquement, les équipes collégiales peuvent faire un camp d’entraînement. »

Quant au secteur scolaire, c’est aussi le statu quo.

Le RSEQ et Football Québec doivent se rencontrer mardi.

« La bonne nouvelle, c’est qu’on peut avoir 250 personnes lors d’un événement sportif. On pourrait avoir des matchs de hockey ou de football avec des spectateurs. Mais encore une fois, Football Québec et Hockey Québec n’ont toujours pas donné leur aval. Et évidemment, il faut aussi l’approbation des écoles pour tenir les événements », a dit M. Roel.

« Les fédérations sportives sont responsables de l’application des règles de sécurité dans leurs sports et elles sont accompagnées par le ministère de l’Éducation et la Santé publique. Mais la décision revient aux fédérations, en fonction des mesures sanitaires. »