Le port du masque est obligatoire chez les joueurs et entraîneurs à l’extérieur de la patinoire lors du camp 2020 du Phoenix de Sherbrooke.
Le port du masque est obligatoire chez les joueurs et entraîneurs à l’extérieur de la patinoire lors du camp 2020 du Phoenix de Sherbrooke.

Rentrée du Phoenix: le spectre de la COVID-19 vole la vedette

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
 C’était jour de rentrée partout dans la LHJMQ. La première présence des recrues au Palais des sports aurait normalement dû attirer l’attention dimanche. Ou bien encore le retour de Samuel Poulin à Sherbrooke. Mais comme il n’y a rien de normal en cette année 2020, c’est plutôt le spectre de la COVID-19 qui a volé la vedette à l’ouverture du camp du Phoenix.

Des masques au visage. Des stations de désinfectant pour les mains aux quatre coins de l’aréna. Seulement 34 joueurs présents au camp plutôt que 60. L’absence de spectateurs dans les gradins. Des joueurs ne pouvant quitter leur pays d’origine. Et aussi, un agent libre atteint de la COVID-19 qui a dû refuser l’invitation du Phoenix. Voilà quelques exemples prouvant que le camp 2020 n’aura rien d’ordinaire.

Le plus grand défi de l’organisation? Frôler la perfection en ce qui concerne les mesures sanitaires et de distanciation. 

«On doit garder les gars dans cette structure-là et répéter souvent pour que nos efforts en ce sens soient constants, indique l’entraîneur et directeur général, Stéphane Julien. On devra éviter les relâchements.»

Ce vocabulaire normalement emprunté dans le monde du hockey décrit cette fois le «plan de match» pour éviter que la COVID-19 ne vienne encore jouer les trouble-fête, comme en mars dernier alors que le Phoenix trônait au sommet du classement de la LHJMQ avant de voir sa saison de rêve prendre fin abruptement.

«Nos joueurs sont conscients que s’ils dérogent, ce sera difficile de maintenir nos activités. On veut garder notre équipe en santé et pour ça, il faudra s’habituer à cette nouvelle routine, que ce soit à l’aréna ou à l’extérieur. Mais après quelques mois, ces habitudes font partie de notre quotidien et on commence à être habitués. Ça devient un réflexe de porter le masque et se laver les mains», poursuit l’entraîneur.

Comme chez les Penguins

Après avoir vécu la même expérience lors du camp des Penguins de Pittsburgh, qui a débuté quelques semaines avant la phase qualificative de la Ligue nationale de hockey, Samuel Poulin constate que les différentes procédures deviennent déjà une habitude. 

«Tout est pareil comme lors du camp des Penguins, constate le premier choix de Pittsburgh en 2019. On doit porter le masque durant les déplacements ou dans le gym, faire prendre notre température et se désinfecter les mains. La seule différence, c’est que les joueurs doivent rester masqués même dans le vestiaire durant le camp du Phoenix. C’est fatigant de porter le masque. Je suis presque rendu habitué après un mois à Pittsburgh, mais ce n’est pas naturel encore.»

Une quarantaine terminée

Quatre candidats provenant des autres provinces canadiennes touchaient la glace pour la première fois en 14 jours dimanche après-midi après une quarantaine obligatoire. 

«Je n’ai pas du tout eu la chance de visiter Sherbrooke, explique Maxime Blanchard, un nouveau défenseur d’Ontario qui s’ajoutera cette année à la brigade sherbrookoise. Je me suis aussitôt dirigé vers ma famille de pension. Je suis resté dans ma chambre et je me suis entraîné dans le sous-sol. C’est spécial d’être isolé comme ça. J’ai limité mes sorties pour sprinter dehors, mais c’est tout. J’avais hâte de retourner sur la patinoire.»

Ce dernier admet que les nouvelles mesures sont le prix à payer pour renouer avec l’action. 

«On n’a jamais vécu ça dans un environnement hockey, mais j’ai travaillé cet été dans le public et je suis devenu habitué. On doit faire attention pour que tout le monde reste en santé et c’est le sacrifice à faire pour avoir une saison!» ajoute Maxime Blanchard.

«J’ai l’impression que les joueurs se sentent quand même bien malgré tout ça et réagissent de la bonne façon dans ce nouvel environnement créé par la COVID-19», assure Stéphane Julien.

Pas de bulles

Contrairement aux Cataractes de Shawinigan, qui ont fait l’acquisition d’un immeuble pour loger tous leurs joueurs et ainsi créer une bulle, le Phoenix envoie ses joueurs dans des familles de pension, comme il l’a toujours fait.

«Si toutes les équipes avaient créé des bulles, j’aurais compris, affirme Stéphane Julien. Je félicite les Cataractes d’avoir trouvé les moyens financiers pour créer une bulle. On y avait pensé aussi, mais financièrement, c’était très coûteux. Mais en étant la seule organisation à le faire, je me pose la question sur la pertinence.»

S’habituer aux gradins vides

En plus d’avoir écourté la saison et obligé les équipes à disputer que des matchs entre adversaires de même division, rappelons que la LHJMQ a annoncé que les 60 parties de chaque équipe se joueront à huis clos. 

«S’habituer de jouer dans un amphithéâtre vide sera un défi pour nous, estime Samuel Poulin. On a été habitués la saison dernière à de bonnes foules durant nos matchs. Ce sera par contre un ajustement pour toutes les équipes. Quand on ira à Boisbriand, personne ne sera là pour encourager leur équipe non plus. On espère que si tout se passe bien, on pourra jouer dans un amphithéâtre rempli au tiers de sa capacité pour commencer, par exemple.»

Est-ce que l’on devra s’attendre à des matchs moins intenses ou spectaculaires pour autant?

«L’émotion sera peut-être moins présente, croit Poulin. C’est évident que c’est toujours plus agréable de jouer devant des gens qui nous encouragent. Mais on est capables de se motiver par nous-mêmes. Quand une partie sera serrée et que notre équipe brisera l’égalité, on va autant célébrer même s’il n’y aura personne dans les gradins!»