En 2007, Sidney Crosby était déjà une vedette établie dans la LNH. Son passage à Magog a fait courir les foules, qui faisaient la file pour avoir son autographe. Patiemment, le joueur des Penguins s’est prêté à l’exercice avec le sourire.
En 2007, Sidney Crosby était déjà une vedette établie dans la LNH. Son passage à Magog a fait courir les foules, qui faisaient la file pour avoir son autographe. Patiemment, le joueur des Penguins s’est prêté à l’exercice avec le sourire.

Quand Crosby avait adopté Magog et son tournoi estival

En plein mois de juillet, le hockey faisait courir les foules à l’aréna de Magog en 2006 et 2007. Pendant quatre ou cinq jours, soit durant la présentation du tournoi À bout de souffle, le hockey éclipsait toutes les autres disciplines. Il y en avait que pour le sport national des canadiens. Le responsable:   Sidney Crosby.

Le 87 des Penguins de Pittsburgh était catégorique. Il s’amenait à Magog pour se donner en spectacle sur la glace et donner la chance aux amateurs de le voir en action le nez presque collé sur la baie vitrée. Pas question de se contenter d’un rôle honorifique. Les médias étaient venus de partout, même de la Métropole. 

Conscient de son impact, Crosby, qui venait d’écouler sa saison comme recrue dans la LNH lors de son premier passage à Magog, ne s’était jamais défiler devant les amateurs de tout âge. C’était le Crosby show! Nombreux sont ceux qui étaient bouche bée devant tant de générosité de la part du jeune homme qui n’hésitait pas non plus à s’exprimer dans la langue de Molière, surtout avec les plus jeunes.

Le tournoi faisait salle comble tous les soirs. Des amateurs prenaient leur mal en patience dans le hall d’entrée de l’aréna et attendaient que des spectateurs  quittent pour avoir le feu vert et se rendre du côté de la patinoire. Il faut dire que Crosby n’était pas le seul joueur de la LNH sur place. La classe des pros comptait plusieurs visages connus comme Patrice Bergeron, Marc-André Fleury, Jack Johnson, Stéphane Robidas, Jocelyn Thibault et Guillaume Latendresse. Une dizaine d’autres joueurs de la LNH étaient aussi de la partie.

Tous les médias de Sherbrooke et de Montréal s’arrachaient la jeune vedette des Penguins, qui a toujours donné généreusement de son temps.

Crosby tient parole

Crosby avait été touché par l’accueil qu’on lui avait réservé. 

«Pour être franc, je ne m’attendais pas à un accueil de la sorte. L’ambiance était incroyable lors des parties. Je repars avec seulement de bons souvenirs. J’ai adoré mon expérience en plus de découvrir une région vraiment magnifique», avait déclaré  Crosby au terme du tournoi de 2006.

Et d’ajouter à la blague. «Avant de revenir l’été prochain, je vais revoir les clauses de mon contrat avec Yanic Perreault (un des organisateurs du tournoi).»

En réalité, Crosby avait déjà une bonne idée que le tournoi À bout de souffle figurerait dans son agenda à l’été 2007. Le jeune homme avait tenu parole. La magie a continué d’opérer. 

Toujours disponible pour les médias, Crosby n’oubliait jamais son rendez-vous quotidien avec les amateurs à l’extérieur de l’aréna après chacune des parties de son équipe.

Sylvain Perreault, le frère de Yanic, se souvient d’un gars d’une rare simplicité. 

«Il n’y avait rien de compliqué avec Sidney. Un gentleman qui avait les deux pieds sur terre malgré son statut de nouvelle vedette de la Ligue nationale. II avait quand même fallu augmenter la sécurité autour de lui. Le Québec, c’est le royaume du Canadien de Montréal. Mais Sidney Crosby, tout le monde se l’arrachait. Il nous a fait tout un cadeau en acceptant de participer au tournoi deux ans de suite. Il attirait les amateurs et les pros qui voulaient se mesurer à lui dans cette formule de tournoi.»

«Il signait tout ce qu’on lui présentait. Malheureusement, les objets signés par Sidney prenaient de la valeur et certains en profitaient pour revendre l’article portant son autographe. On nous avait rapporté ça, mais c’était impossible à contrôler. Heureusement, cela n’était pas répandu. Sidney avait quand même refusé de signer le chandail 87 des Penguins portant le C. Il avait été nommé capitaine au terme de sa première saison. Il n’avait pas encore porté le C de façon officielle avec les Penguins quand il était revenu en 2007. Pour lui, c’était un affront à l’organisation qui l’avait repêché d’autographier son chandail arborant le C dans ces circonstances. Il trouvait quand même le moyen de laisser un souvenir à ceux qui se présentaient avec le chandail 87 portant le C», raconte Sylvain Perreault.

Celui-ci se souvient aussi de tout un compétiteur. 

«Il voulait gagner même si c’était un tournoi amical. C’est un athlète fier. D’ailleurs, je me souviens que les gars de l’équipe de Yanic (Perreault) prenaient ça très au sérieux. Yanic hébergeait tous les joueurs de l’extérieur comme Patrice Bergeron, Jack Johnson et les autres qui jouaient dans son équipe. Les gars avaient leur routine comme si c’était un match de la Ligue nationale. Manger à la même heure, une petite sieste, tout ça en sandales sur le bord du lac Memphrémagog. La grosse vie, comme en Californie», de déclarer Sylvain Perreault sur un ton humoristique qui a également rappelé que Crosby était venu trois fois au tournoi À bout de souffle.

«Les gens se rappellent de son passage à Magog parce qu’il était la vedette de la Ligue nationale. Mais à 16 ans, à ses débuts avec l’Océanic de Rimouski, il avait accepté de prendre part au tournoi, quand il se déroulait à Sherbrooke. On voyait déjà tout le sérieux qu’il affichait. Il craignait d’être obligé de suivre les plus vieux dans les bars en fin de soirée. On l’avait rassuré. Je pense qu’il avait apprécié et cela a probablement pesé en faveur de nous quand il était revenu plus tard au tournoi.»

Sidney Crosby, accompagné de Simon Gamache, qui évoluait à l’époque avec les Maple Leafs de Toronto, de même que Guy Lehoux, à droite.

Le coéquipier

Le Sherbrookois Guy Lehoux a fait partie des rares heureux qui ont évolué avec Crosby au tournoi À bout de souffle. Lehoux se voyait plutôt dans les gradins de l’aréna de Magog pour épier les moindres gestes de Crosby lorsque le téléphone a sonné. 

«Yanic Perreault, avec qui j’ai joué chez les Cantonniers de Magog, m’a contacté pour me demander si j’acceptais de remplacer Francis Bouillon dans son équipe. Francis n’était pas rétabli d’une blessure. J’étais bien fou de refuser!», de mentionner celui qui a connu une carrière professionnelle de presque 20 ans, surtout en Europe.

Lehoux n’a pas eu le temps de s’inquiéter sur l’accueil qu’il recevrait de Crosby et ses coéquipiers d’un tournoi. «Pour être honnête, je ne me tourmentais pas avec ça.  Je peux quand même vous dire qu’après cinq minutes, j’étais un gars de la gang. Sidney n’était pas vieux à l’époque. Mais c’était un gars déjà très mature. Il savait que les amateurs l’attendaient à l’extérieur de l’aréna après nos parties et il ne traînait pas dans le vestiaire. Son respect pour les amateurs est immense. On l’a vu avec le temps aussi. Il ne se croit pas plus gros que son sport.»

Lehoux raconte une anecdote sur Crosby qui en dit long sur sa loyauté envers ses coéquipiers estivaux et son sens de l’humour. 

«Alors que les Penguins se préparaient à amorcer leurs séries au printemps 2007, quelle ne fut pas ma surprise et celle de mes coéquipiers de recevoir un courriel de Sidney dans lequel il nous disait de faire attention aux blessures dans nos séries respectives, parce qu’on avait un gros tournoi estival qui nous attendait à Magog en juillet, comme si c’était plus gros que la coupe Stanley! Sidney qui nous disait d’y aller la pédale douce! Mais on savait qu’il fallait prendre ça avec un grain de sel. Avez-vous déjà vu Sidney ralentir sur une glace? C’était sa façon de nous dire qu’on se reverrait bientôt.»

Curieusement et sans surprise, le cercle d’amis de Guy Lehoux s’était passablement agrandi lors des étés 2006 et 2007. «Plein de gens m’apportaient des objets à faire autographier par Sidney. J’ai été obligé d’en refuser. Quand c’était pour des jeunes, je faisais exception. Je suis certain qu’il aurait tout autographié, mais à un moment donné il fallait quand même lui laisser le temps de souffler.»

Guy Lehoux a pu repartir du tournoi À bout de souffle avec son souvenir personnel du 87. «Souvenir que je conserve précieusement à la maison», précise-t-il.

Mentionnons que la formation de Yanic Perreault avec Sidney Crosby dans l’alignement avait été couronnée championne des éditions 2006 et 2007 du tournoi À bout de souffle.

Certains joueurs de la région ont pu affronter le #87 des Penguins. Ce fut le cas de Jean-François Grégoire, qui désormais est assistant entraîneur avec le Drakkar de Baie-Comeau dans la LHJMQ.