Alex Harvey laissera un grand vide dans le monde du ski de fond lorsqu’il prendra sa retraite l’an prochain.

Ski de fond: le vide laissé par Harvey se fera sentir jusqu'ici

La référence du ski de fond au Canada, Alex Harvey, a disputé ses derniers Jeux olympiques à Pyeongchang. Il prendra officiellement sa retraite en 2019 après les finales de la Coupe du monde disputées à Québec. Tous les gens réunis à Sherbrooke pour la 4e manche de la Coupe Québec s’entendaient pour dire qu’il laissera un immense vide dans son sport.

Le monde du ski de fond est également très fier de la performance de Harvey aux Jeux olympiques, même s’il n’a, au final, pas réussi à aller chercher cette fameuse médaille tant espérée.

Lire aussi:  Coupe Québec: Bishop’s fait bonne impression

Une 4e place «cruelle», dit l'entraîneur d'Alex Harvey

« J’ai trouvé qu’Alex a connu de super Jeux, admet Alexis Martin, champion sénior du sprint de 1,4 km en fin de semaine à Sherbrooke. C’est vrai que ça aurait été le fun de le voir remporter une médaille, mais il ne peut pas contrôler les performances des autres skieurs. L’héritage d’Alex se voit et il permet à d’autres skieurs de s’élever. »

« Son absence va laisser un vide, c’est certain, poursuit-il. Il va falloir que d’autres athlètes se lèvent pour prendre la place. Il a beaucoup de très bons skieurs, mais Alex Harvey est une très grosse pointure à remplacer. »

« On entend souvent les gens dire que c’est de valeur qu’il n’ait pas de médaille olympique, mentionne pour sa part Jean Pinard, vice-président du Club de ski de fond du mont Orford. Il faut que les gens comprennent que le ski de fond est une religion pour les Norvégiens et les athlètes des pays du Nord. De finir 4e, sur un 50 km, très près de la première place, ça représente un effort extraordinaire. J’espère que ça va donner l’exemple et donner le goût aux jeunes de poursuivre une carrière en ski de fond. Encore en fin de semaine, les représentants de Ski de fond Canada nous disaient à quel point le circuit du Québec est une ressource inestimable pour eux. »

Le bénéfice du doute aux Russes


Lors de sa dernière épreuve à PyeongChang, Alex Harvey a pris le 4e rang au 50 km départ de masse style classique. Alexander Bolshunov et Andrey Larkov, deux Russes, ont respectivement terminé en 2e et 3e place, rien pour réjouir les amateurs avec tous les scandales de dopage concernant les athlètes de la Russie.

« La Russie est quand même une grande nation de ski, souligne Alexis Martin. Il peut sortir de bons skieurs qui ne sont pas dopés, mais c’est certain qu’on ne peut pas éloigner les soupçons. Les Russes ont toutefois la vie dure un peu ces temps-ci, personne n’a parlé de dopage lorsque les Norvégiens ont remporté les trois médailles au skiathlon. »

« Il faut toujours présumer que les gens sont propres et compétitionnent de façon honnête, explique Claude-Alexandre Carpentier, directeur général de Ski de fond Québec de passage à Sherbrooke. On peut toutefois se permettre d’avoir un certain doute avec tous les scandales qui entourent les athlètes russes. S’il s’avère que les Russes ont triché, ce sera un moment volé pour lui parce que de recevoir une médaille huit mois plus tard ce n’est pas la même chose. Mais écoutez, il a livré une course magistrale. On ne peut pas être plus fier de lui. C’est certain que la médaille aurait été bien, mais c’est ça les Olympiques. »

« C’est un athlète et une personne exceptionnelle, résume M. Carpentier. Alex va quand même continuer à faire la promotion du ski de fond, il sera d’ailleurs le porte-parole de la SÉPAC pour faire la promotion du plein air. On n’a pas fini d’entendre parler d’Alex Harvey et on s’en réjouit. »