Le Lévisien Laurent Dubreuil a terminé 18e à l'épreuve de 500m de patinage de vitesse longue piste des Jeux de PyeongChang, lundi.

Patinage de vitesse: Boisvert-Lacroix et Dubreuil écartés du top 10 au 500 m

GANGNEUNG — Tous deux vainqueurs en Coupe du monde cette saison, Alex Boisvert-Lacroix et Laurent Dubreuil n’ont pas été en mesure de reproduire leur état de grâce, lundi, à l’Ovale de Gangneung, où ils n’ont pas percé le top 10 de l’épreuve de 500 mètres en patinage de vitesse longue piste.

Pendant que le Norvégien Havard Lorentzen l’emportait avec un record olympique de 34,41 secondes, Boisvert-Lacroix terminait au 11e rang tandis que Dubreuil se contentait d’une 18e position. Le Coréen Min Kyu Cha et le Chinois Tingyu Gao ont complété le podium.

«J’avais les jambes pour finir 18e, mais juste pas pour faire vraiment mieux que 10e ou 12e. Un chrono de 34,9 aurait été excellent, j’ai fait le mieux avec ce que j’avais», notait le patineur de Saint-Étienne-de-Lauzon, qui a ramené un temps de 35,16 secondes.

Inséré par hasard dans la dernière paire, Boisvert-Lacroix savait déjà qu’il devait rouler à plein régime pour se faufiler sur le podium. Son temps de 34,930 secondes n’était pas suffisant pour répéter ses exploits des derniers mois, où il avait remporté deux fois l’or et le bronze en Coupe du monde.

«J’ai eu un peu de temps pour décanter après ma course. Je ne suis pas venu pour faire le touriste, et quand j’ai regardé sur le tableau et que j’ai vu que j’étais 11e, ç’a été une petite déception. J’avais vu que les chronos étaient 34,4, donc que ça prenait une course du siècle pour monter sur le podium. Malheureusement, j’ai fait des erreurs techniques et j’ai perdu beaucoup de vitesse», résumait le patineur de Sherbrooke.

À 30 ans, il s’agissait peut-être de son dernier rendez-vous olympique. Dubreuil, lui devrait avoir la chance de se reprendre dans quatre ans. Mais les derniers mois l’ont épuisé, au point il voit venir la fin de la saison avec impatience.

«Je n’ai pas eu les deux derniers mois faciles et idéaux pour ma préparation, mais je suis fier de la façon que j'ai rebondi. Je me sens bien, mais j'ai hâte à mes vacances. Sportivement, ça va me faire du bien de prendre une pause plus prolongée après la saison pour revenir plus fort. Mon niveau de stress était trop élevé. Rendu où j'étais, je ne pouvais pas faire mieux», constatait l’articulé patineur.

Dubreuil avait commencé le calendrier en force, mais il a été ralenti par les blessures, la maladie, un pépin technique et une saga juridique pour confirmer sa place dans l’équipe olympique.

«Il y a tellement eu de rebondissements dans le dernier mois que je me demandais si j’allais la faire, la course. Je n’ai pas aperçu le résultat que je voulais en traversant la ligne, mais j’ai eu du fun et j’ai profité du moment. Ç’a été une super belle expérience d'avoir été jumelé avec un Coréen. J'aurais aimé faire une meilleure course, mais c'est ça le sport.»

L'esprit en paix

Il s’est présenté sur la ligne avec l’esprit en paix, malgré tout. Il approchait cette course de la même façon que les fois où il a connu du succès aux Mondiaux et en Coupe du monde. «C’est juste que dans ces moments-là, j'étais au sommet de ma forme. Là, je ne l'étais pas», admettait-il avec franchise.

Il n’était pas encore prêt à faire son bilan de saison, puisqu’il lui reste encore le 1000 m à faire aux Jeux et les Championnats du monde.

«La forme ne s'améliorera pas d'ici là. On est rendu en fin de saison et je suis un peu essoufflé. Le temps des bilans se fera surtout en mars et en avril, mais avec le niveau de stress que j'ai eu, c'est clair que ça ne m'a pas aidé. Je me sentais bien en été et à l'automne, et je n'ai pas été capable de maintenir ce niveau toute la saison.»

Son entraîneur préférait regarder devant que derrière et n’avait rien à redire sur l’attitude et l’effort du patineur de Québec.

«Ça fait un mois et demi qu’il est un peu “off”, il s’est essayé. Laurent a l’avenir devant lui, il n’a que 25 ans, il est capable de revenir et de se remettre la tête à la bonne place, de retrouver le plaisir», soulignait Gregor Jelonek.

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UNE MÉDAILLE D'OR EN PARTIE CANADIENNE

Il y avait une petite touche canadienne dans la conquête de la médaille d’or de Havard Lorentzen. Le Norvégien est le protégé de Jeremy Wotherspoon, l’un des plus grands patineurs de vitesse du pays qui avait gagné l’argent en 1998 aux Jeux de Nagano. Il est l’entraîneur de Lorentzen depuis deux ans, puisqu’il vit maintenant en Norvège. «Je suis content pour lui. Wotherspoon est un grand champion, et si un quelqu’un aurait mérité une médaille d’or, c’est bien lui. Il a gagné 100 courses, je pense, dans sa carrière. Il ne lui manquait que l’or, mais il n’a pas été capable de le faire la journée où ça comptait. Et que l’un de ses athlètes le réussissent, je lui lève mon chapeau. Il le mérite», disait Gregor Jelonek, l’entraîneur des sprinteurs basé au Centre national Gaétan Boucher.  Carl Tardif