Le drapeau russe ne sera pas de la cérémonie de clôture des Jeux de PyeongChang.

Pas de drapeau russe en clôture des JO

PYEONGCHANG - Après 16 jours de compétition et des mois de tractations diplomatiques, les 23es Jeux olympiques d’hiver se terminent dimanche lors d’une cérémonie de clôture qui résumera parfaitement ces «Jeux de la Paix» : en présence d’une délégation nord-coréenne de haut niveau, mais sans drapeau russe.

Le dernier suspense a été levé dimanche matin, avec le vote du CIO réuni en session : la suspension de la Russie est maintenue à l’issue de ces Jeux, et le drapeau russe ne pourra donc être déployé au stade olympique.

La Russie espérait pouvoir défiler derrière son drapeau dimanche durant la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de PyeongChang, mais le CIO a décidé à l’unanimité de maintenir la suspension du pays dont deux sportifs ont été contrôlés positifs durant ces Jeux.

La décision de suspendre le Comité olympique russe (ROC), prise le 5 décembre, prévoyait la possibilité de lever la suspension au dernier jour des JO d’hiver, afin de permettre aux sportifs russes, présents sous bannière neutre, de pouvoir défiler derrière le drapeau russe.

Mais la commission exécutive du CIO a décidé de «ne pas lever la suspension du Comité olympique russe pour la cérémonie de clôture des JO de PyoengChang 2018», une décision ensuite approuvée à l’unanimité par les 52 membres du CIO présents.

Le CIO «aurait pu envisager de lever la suspension dans la mesure où la délégation des athlètes olympiques de Russie (OAR) a respecté la décision du CIO du 5 décembre», a expliqué son président Thomas Bach en lisant la décision de la commission exécutive.

«Toutefois, deux athlètes de l’OAR ont été convaincus de dopage ici à Pyeongchang. Ceci est extrêment décevant et ne permet pas au CIO d’envisager la levée de la suspension du ROC pour la cérémonie de clôture», a poursuivi M. Bach.

Dopage institutionnalisé

Un rapport de l’Agence mondiale antidopage avait mis au jour un vaste système de dopage institutionnalisé mis en place en Russie, notamment durant les JO d’hiver de Sotchi-2014.

De ce fait, seuls 168 sportifs russes considérés comme «propres» ont été admis par le CIO à participer aux JO de PyeongChang.

La levée de la suspension de la Russie pourra intervenir «à condition que la décision du 5 décembre continue d’être respectée» et si «aucune autre violation des règles antidopage» n’a été commise par les sportifs russes présents à Pyeongchang, a ajouté l’instance olympique.

Aucun calendrier n’a été décidé pour étudier la levée de cette suspension.

Deux cas de dopage concernant des Russes ont été révélés durant les JO, sur un curleur, positif au meldonium et qui a perdu sa médaille de bronze de l’épreuve mixte, et sur une concurrente ayant terminé 12e en bobsleigh à deux.

Vers Pékin... en passant par Tokyo

La traditionnelle cérémonie de clôture — qui débute à 6h dimanche, heure du Québec — mettra un terme à PyeongChang 2018 pour débuter l’olympiade qui aboutira à Pékin en 2022.

Entre temps, les Jeux olympiques resteront en Asie, puisque les JO d’été 2020 auront lieu à Tokyo. Un enchaînement de rendez-vous loin du continent originel des JO, avant son retour en Europe en 2024 à Paris.

En soirée, dans les travées du stade olympique, les «Jeux de la paix» voulus par la Corée du Sud trouveront un dernier écho.

Après le défilé en commun des deux Corées lors de la cérémonie d’ouverture, après la constitution d’une équipe féminine unifiée de Corée en hockey sur glace, après aussi les présences remarquées de la sœur du leader nord-coréen Kim Jong-un en ouverture et celle des meneuses de claque nord-coréennes tout au long de la quinzaine, ce sera au tour d’une délégation de huit membres de Corée du Nord, conduite par le controversé général Kim Yong-chol, d’être présente au Sud pour la cérémonie de clôture.

Trêve ou dégel?

La présence de Kim Yong-chol, arrivé dimanche matin au Sud, divise le pays hôte, où ce général est considéré comme un criminel de guerre méritant la mort.

En effet, le générale est soupçonné d’avoir un temps dirigé le Bureau général de reconnaissance gérant les opérations nord-coréennes d’espionnage et d’avoir ordonné notamment le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan en 2010, qui avait fait 46 morts.

Non loin de cette délégation nord-coréenne, dans la tribune des personnalités du stade olympique, se tiendra Ivanka Trump, la fille aînée et conseillère du président américain Donald Trump, désignée pour représenter les États-Unis.

Un responsable américain a fait savoir qu’aucun contact entre Ivanka Trump et des responsables nord-coréens n’était prévu à cette occasion.

Le pouvoir de la diplomatie sportive trouvera malgré tout avec cette cérémonie une parfaite illustration, alors que M. Trump a annoncé 24 heures auparavant de «lourdes» sanctions contre la Corée du Nord...

L’avenir dira si ce rapprochement historique entre les deux Corées, toujours techniquement en guerre depuis 1953, n’était qu’une trève olympique ou un premier jalon solide vers une désescalade des tensions dans la région.

Au terme des 16 jours de compétitions, 102 titres auront été décernés et des images fortes resteront. Comme celle, encore dimanche matin, de l’équipe de curling sud-coréenne, même battue en finale par la Suède, dont les membres étaient inconnues au début des JO et qui resteront finalement dans l’histoire comme les visages de ces Jeux de 2018.