L’entraîneur Maxime Hénault réconforte la mère de Laurie Blouin, Martine Collin, qui avait organisé un rassemblement à la station de ski Stoneham.


Malgré sa 12e place, Laurie Blouin fait vibrer Stoneham

PYEONGCHANG — Laurie Blouin a terminé au 12e et dernier rang de la finale de big air en surf des neiges, jeudi, aux Jeux olympiques de Pyeongchang.

Blouin, de Stoneham, a raté l’atterrissage de chacun de ses deux premiers sauts — elle a récolté respectivement 38 et 39,25 points —, l’écartant de facto du podium olympique. Elle a ensuite choisi de ne pas effectuer son troisième saut au Centre de saut à skis Alpensia, la reléguant en queue de peloton.

Sa compatriote Spencer O’Brien, de North Vancouver, en Colombie-Britannique, a totalisé 113,25 points et fini neuvième.

La compétition a été remportée par l’Autrichienne Anna Gasser, avec un total de 185 points. L’Américaine Jamie Anderson a terminé deuxième avec 177,25, et la Néo-Zélandaise Zoi Sadowski Synnott a obtenu le bronze en vertu d’un score de 157,50.

Championne malgré tout

Elle l’avait déjà, sa médaille. Quelque 200 personnes étaient donc venues encourager la planchiste Laurie Blouin à la station Stoneham, mercredi soir, en espérant un autre podium olympique. Mais malgré sa 12e position, l’héroïne locale restera toujours championne dans leur cœur.

Un long silence… puis des applaudissements chaleureux ont suivi le deuxième saut raté de Blouin, montré sur grands et petits écrans dans le bar des Quatre Foyers. Avec un format de deux meilleurs essais sur trois compilés en grande finale, on savait maintenant que la snowboardeuse de 21 ans ne répéterait pas son exploit de la semaine précédente, une médaille d’argent gagnée en slopestyle.

La voir boiter en se relevant de son premier saut présageait déjà de ce dernier rang sur les 12 finalistes. «Quand elle est tombée au premier saut, elle m’a appelé et m’a dit : “J’ai failli pleurer, tellement ça faisait mal! ”» a ensuite expliqué Maxime Hénault, son entraîneur de longue date qui la conseille à distance.

De Stoneham, juste au nord de Québec, au site d’Alpensia, en Corée du Sud, ils se parlaient au téléphone entre chaque saut. Hénault procède ainsi avec tous ses protégés, dont l’Américaine Julia Marino, 10e de ce big air, ainsi que Maxence Parrot et Sébastien Toutant chez les hommes.

Blouin a d’abord renoncé aux 38 points de son premier saut, en espérant marquer fort sur les deux suivants. Après sa deuxième chute, bonne pour 39,25, elle a décidé de ne pas tenter sa chance une troisième fois, le risque de blessure étant élevé et la médaille n’étant plus accessible. La Québécoise a donc été la seule du lot à ne marquer que sur un seul saut.

L’Autrichienne Anna Gasser (185,00), elle, a gardé le meilleur pour la fin avec 96,00 sur le tout dernier saut de la journée, ravissant la première médaille d’or du big air de l’histoire olympique au nez de l’Américaine Jamie Anderson (177,25), déjà sacrée en slopestyle. La Néo-Zélandaise Zoi Sadowski Synnott (157,50) a pris le bronze.

Une médaille, c’est assez

Médaille que Blouin aurait enfilée, selon Hénault, si elle avait atterri ses sauts. Faut dire qu’elle s’était fait mal à une fesse la veille, à l’entraînement, ce qui a nui à ses réceptions sur la jambe arrière. Sa manœuvre ratée du premier saut lui avait valu 92,25 points et le quatrième échelon de la ronde de qualification.

Laurie Blouin a raté son deuxième saut, ce qui assurait malheureusement qu'elle ne serait pas sur le podium.

«On lui en demandait trop, deux médailles. Une, c’est assez! On est super contents!» a pour sa part philosophé le beau-père de Blouin, Allens Michel, alors que l’endroit s’était vidé depuis de longues minutes.

«La job était faite pour ma fille, ce n’était qu’une deuxième discipline. Son travail était fait pour le Canada. Tous ses efforts sont déjà dans sa belle médaille d’argent. On est très fiers et on l’attend avec impatience», a quant à elle résumé la mère de l’étoile du jour, Martine Collin. Qui avait organisé ce gros rassemblement où l’on retrouvait des partisans de Laurie âgés de sept mois à au moins 87 ans, dont une députée.

Aussi une grand-maman de 81 ans, pas surprise du tout de voir sa petite-fille rendue aux Jeux olympiques, avec une médaille en plus. «Laurie est une bonne battante, elle travaille fort. Elle veut toujours aller plus loin. Même petite, elle voulait toujours gagner», a confié Raymonde Pothier.

Parmi les amies très proches de Laurie, une autre Laurie. Gagnon, celle-là. «Elle n’a jamais lâché, même si les gens lui disaient qu’elle ne se rendrait pas loin avec ça. Elle a quand même foncé, elle s’est entraînée tous les jours, dit sa bonne copine. Et c’est à cause d’elle que j’ai moi-même commencé à faire de la planche. Avant, je faisais du ski, mais elle m’a toujours partagé sa passion.»

Gageons qu’elle en aura converti d’autres durant cette quinzaine olympique.