Les Russes ont remporté 8 des 10 titres olympiques entre 1956 et 1992, mais la médaille d’or s’était depuis toujours refusée à eux depuis.

Les Athlètes olympiques de la Russie gagnent l’or en hockey masculin

GANGNEUNG — Kirill Kaprizov a marqué le but en or en prolongation et les Athlètes olympiques de la Russie ont défait l’Allemagne 4-3 en prolongation pour remporter le tournoi olympique de hockey masculin, dimanche, aux Jeux de PyeongChang.

Lors d’un avantage numérique, Kaprizov a accepté une belle remise de Nikita Gusev pour décocher un tir sur réception précis qui a trompé la vigilance du gardien allemand Danny Aus Den Birken.

Gusev a récolté deux buts et deux mentions d’aide alors que Vyacheslav Voinov a amassé un but et une aide. Kaprizov, qui n’a que 20 ans, s’est pour sa part fait complice de trois filets des Athlètes olympiques de la Russie.

Felix Schutz, Dominik Kahun et Jonas Muller, qui croyait bien avoir marqué le but victorieux dans les dernières minutes du troisième engagement, ont répliqué pour l’Allemagne. L’imposant gardien russe Vasili Koshechkin a stoppé 22 des 25 tirs dirigés vers lui. Aus Den Birken a cédé quatre fois sur 30 lancers du côté allemand.

Après avoir battu tour à tour la Suède et le Canada, l’Allemagne a vu son conte de fées prendre fin sur une note négative alors qu’elle n’était qu’à 56 secondes de décrocher la première médaille d’or de son histoire en hockey masculin. Sa médaille d’argent représentera malgré tout son meilleur résultat aux Jeux d’hiver dans cette discipline.

Privés des joueurs de la LNH, le tournoi olympique a comme prévu été très ouvert, mais malgré cela, personne n’attendait les Allemands en finale. Et ceux-ci sont passés très près d’un exploit «kolossal».

Aucun complexe

À 56 secondes précisément! Pas du tout complexés par l’enjeu, les protégés de Marco Sturm menaient 3-2 et étaient même en supériorité numérique à l’amorce de la dernière minute.

Mais Guseva égalé la marque avec son deuxième but du match et forcé la prolongation. Là, les Russes n’ont pas laissé passer leur chance : profitant d’une supériorité numérique, Kaprizov a donné la victoire aux siens à la 70e minute.

«C’est génial, mais maintenant j’ai accompli tous mes rêves, je n’ai plus aucun rêve...», plaisantait le capitaine Pavel Datsyuk, médaillé de bronze en 2002 à Salt Lake City et entré dimanche dans le club très fermé des 28 joueurs à la fois champion du monde (2012), champion olympique (2018) et vainqueur de la Coupe Stanley (2002 et 2008 avec Detroit).

«C’est le match le plus dingue que j’ai joué», s’enthousiasmait aussi Ilya Kovalchuk, un autre vétéran de l’équipe russe, lui aussi médaillé de bronze en 2002. «Quand on a eu cette pénalité à deux minutes de la fin et qu’on était menés, honnêtement je pensais qu’on ne serait pas champions olympiques».

Ce titre en hockey n’était que la deuxième médaille d’or de la délégation des athlètes olympiques de Russie à PyeongChang après celle de la patineuse artistique Alina Zagitova. Et les joueurs russes ne se sont pas privés de chanter à tue-tête leur hymne national une fois leur médaille autour du cou, alors qu’était diffusé dans la patinoire l’hymne olympique, puisque l’hymne russe était banni des Jeux.

«C’est un grand moment, on est tous très heureux, spécialement en ce moment pour la Russie», reprenait Pavel Datsyuk. Quant à Kovalchuk, il lançait que lundi serait «férié en Russie. Cela fait du bien de réussir quelque chose comme ça pour son pays».

Les Russes ont remporté 8 des 10 titres olympiques entre 1956 et 1992, mais la médaille d’or s’était depuis toujours refusée à eux depuis. Il y a quatre ans, chez eux à Sotchi, ils rêvaient de reprendre le titre sous les yeux du président Vladimir Poutine, lui-même grand amateur de hockey, mais ils avaient été sèchement éliminés dès les quarts de finale par la Finlande.

Belle histoire

Malgré cette défaite cruelle, l’équipe d’Allemagne a de son côté écrit la plus belle page de son histoire, elle qui était au bord de l’élimination dès les barrages d’accession en quarts, quand elle a battu la Suisse 2-1 en prolongation.

Les Allemands ont ensuite accroché à leur tableau de chasse la Suède, finaliste à Sotchi il y a quatre ans (4-3), et le Canada, double tenant du titre, en demi-finale (4-3).

«C’est un peu dur maintenant parce qu’on a l’impression qu’on aurait vraiment pu gagner ce match», estimait l’entraîneur allemand Marco Sturm. «On pensait tous que la finale, on la verrait chez nous, dans notre canapé, mais on était là aujourd’hui. Les gars vont ramener l’argent à la maison et ils peuvent en être fiers.»

Il s’agit seulement de leur troisième podium olympique, après les bronzes en 1932 à Lake Placid et en 1976 de l’Allemagne de l’Ouest à Innsbruck.