Le «Miracle allemand» se poursuit contre le Canada

PYEONGCHANG — Le «Miracle sur glace» allemand se poursuit. Deux jours après avoir surpris la Suède, l’Allemagne a détrôné le Canada en l’emportant 4-3 en demi-finale du tournoi olympique de hockey.

Jamais auréolée de l’or olympique au hockey, l’Allemagne revendique seulement deux médailles de bronze : à Lake Placid (1932) et à Innsbruck (en Allemagne de l’Ouest, 1976). De plus, il s’agit seulement de sa deuxième victoire en 30 affrontements contre le Canada aux JO ou aux Mondiaux. La dernière fois, c’était en 1996, un gain de 5-1 au Championnat du monde.

«Oh, mon Dieu, je suis sans voix! Je ne sais pas quoi dire, c’est irréel pour moi pour le moment. On est sûr d’avoir une médaille, c’est incroyable», s’est exclamé le défenseur Frank Hordler. 

Les Allemands, que personne n’attendait à ce niveau de la compétition, disputeront leur première finale olympique, alors qu’ils retrouveront samedi (23h10, heure du Québec) les Athlètes olympiques de Russie, qui de leur côté n’avaient plus atteint ce stade de la compétition depuis 20 ans. Quant aux Canadiens, qui détenaient l’or olympique depuis 2010, ils batailleront maintenant pour le bronze avec la République tchèque samedi (7h10).

Certes, sans ses meilleurs joueurs de la LNH, le Canada n’est plus aussi impressionnant que lors des précédents JO, comme l’a prouvé sa pénible victoire en quarts contre la Finlande (1-0), mais la performance des Allemands n’en reste pas moins admirable. Les joueurs de Marco Sturm avaient perdu deux de leurs trois matchs de ronde préliminaire et étaient encore passés tout près de l’élimination dès son match de classement pour les quarts de finale (victoire contre la Suisse en prolongation).

Réveil tardif

Le Canada a mis du temps à se mettre en branle, si bien qu’après 27 minutes, l’Allemagne menait 3-0. Tirant de l’arrière 4-1 après deux périodes, les Canadiens ont appliqué une forte pression en troisième et ont pu se rapprocher à un but. Kevin Poulin, qui a accordé quatre buts sur 15 tirs, a été ramené au banc avec 2:23 à faire, mais le Canada n’a pas été en mesure de créer l’égalité.

«Ils étaient meilleurs ce soir», a regretté l’attaquant Rob Klinkhammer. «On n’a pas d’excuses, on doit être prêt pour de tels matchs. C’était l’un des plus gros match de notre vie et nous n’avions aucune raison de ne pas être prêts. Bravo à eux.»

Gilbert Brulé, Mat Robinson et Derek Roy ont déjoué Danny aus den Birken, auteur de 28 arrêts. «Pour le moment je ne réalise pas», a reconnu l’attaquant allemand Patrick Hager. «On a accompli tellement de travail, fait tellement d’efforts dans tous nos matchs... Ça me donne la chair de poule. Juste le fait de se dire que je vais jouer pour une médaille d’or dans une finale olympique, pour nous c’est la plus grande chose que l’on peut accomplir.»

Dernier obstacle : les Russes

De leur côté, les Athlètes olympiques de Russie ont battu sans trembler la République tchèque 3 à 0. Dans un match assez équilibré, ils ont assommé leurs adversaires en marquant deux buts en 27 secondes à mi-match. Ils ont ensuite géré leur avance jusqu’au but d’Ilya Kovalchuk dans un filet désert.

«Nous méritons d’être là et la meilleure équipe gagnera», a déclaré l’attaquant russe. «Nous serons prêts pour ce match, c’est certain.»

L’équipe russe était entrée doucement dans le tournoi, battue par la faible Slovaquie en ouverture. Mais depuis, elle a dominé allègrement tous ses adversaires et elle se retrouve en position idéale pour remporter son premier titre depuis 1992. À moins d’un autre miracle allemand...  Avec La Presse canadienne