L’équipe de France brillera à nouveau par son absence aux Jeux olympiques en hockey masculin.

Le blues des Bleus

Trois-Rivières — Malgré une récolte record de 15 médailles à Sotchi et des aspirations aussi grandes pour PyeongChang, tout n’est pas rose au sein de la mission française. En hockey masculin, les Bleus brilleront encore par leur absence au tournoi olympique.

Pour le Trifluvien Luc Tardif, qui est également président de la Fédération française de hockey sur glace, la déception est vive.

Il faut remonter à 2002 pour voir les Français à l’oeuvre aux Jeux olympiques. Et encore là, le tournoi olympique se déroulait en deux phases et davantage d’équipes y participaient. «On s’est qualifié chaque année jusqu’à Salt Lake City. Le tournoi est alors passé de 14 à 12 équipes. Et c’est pas mal dans ces eaux que nous nous retrouvons au classement», note le chef de mission, dont l’équipe nationale masculine de hockey pointe présentement au 13e rang mondial.

Outre la déception, Tardif explique que le processus de qualification olympique n’avantage pas toujours sa fédération. «Les qualifications sont difficiles et pas nécessairement justes. Tout se joue sur une fin de semaine, en février. On ne peut donc pas sélectionner nos joueurs en Amérique, dans la Ligue nationale ou la Ligue américaine. Et nos autres joueurs, ils jouent en ligue pendant la semaine avant d’arriver juste à temps pour les qualifications. On a à peine le temps de faire un entraînement.»

À titre d’exemple, la France se retrouve privée de joueurs comme Pierre-Édouard Bellemare et Antoine Roussel pour cette période critique. «C’est difficile pour tout le monde. Cette année, le Bélarus (10e) et le Danemark (14e) n’y sont pas. Et il y a encore moins de place quand la Corée (21e) et la Chine (37e) sont les équipes hôtesses pour les deux prochains Jeux. Le mieux, ce serait de parvenir à atteindre l’élite pour ne pas avoir à jouer les qualifications.»

Pour PyeongChang, l’Allemagne (8e), la Norvège (9e) et la Slovénie (15e) ont obtenu leur laisser-passer par les qualifications.

Néanmoins, la France tient son bout parmi les meilleures nations de la planète sous la gouverne de Tardif. «On est dans le groupe A depuis 11 ans. On a fait deux fois les quarts de finale. Ça progresse bien aussi chez les U18 et les U20.»