Kim Lamarre a eu maille à partir avec le vent lors des qualifications.

Kim Lamarre rate la finale de slopestyle

BOKWANG — Rentrée de Sotchi avec le sourire d’une médaillée de bronze, c’est avec le cœur brisé que la skieuse Kim Lamarre partira de PyeongChang. La spécialiste du slopestyle de Lac-Beauport n’a pas réussi à compléter ses deux descentes de qualifications, samedi matin (vendredi soir au Québec), terminant 22e et ratant ainsi son rendez-vous en finale.

Le dernier saut lui aura causé des soucis. À son premier essai, elle s’est écrasée lourdement. À sa seconde tentative, elle a touché neige sur la jointure de la zone d’atterrissage, chutant ensuite par l’arrière. Son espoir de répéter le coup d’il y a quatre ans venait de s’envoler. En bas de piste, face à sa déception, on l’a entendue crier «Non…»

«Quand j’ai vu que ma descente était finie, ça m’a brisé le cœur. Je trouve quand même que j’ai bien skié, cette semaine, ça n’avait pas été facile de me rendre ici», racontait la skieuse de 29 ans, les larmes aux yeux.

Une égratignure à la paupière, une autre à la joue, un léger malaise à une cheville, ses souvenirs des Jeux de PyeongChang auront une autre couleur que celui de Sotchi. Double drame, au parc à neige Phoenix, sa coéquipière Dara Howell, qui l’avait emporté aux Jeux de 2014, a aussi raté cette finale.

Des éoliennes

Si la qualité du parcours plaisait à Lamarre, il en allait autrement pour le vent, toujours présent dans la région. «Quand j’ouvre la fenêtre de ma chambre, je vois des éoliennes, c’est un signe qu’il vente beaucoup à PyeongChang. Je ne sais pas si c’était le meilleur choix de faire ça ici, mais au moins, les gens sont super gentils. C’est juste un peu dommage qu’il vente beaucoup, ça rend cela difficile pour nous de faire du slopestyle

Toute la semaine, elle a eu maille à partir avec ses séances entraînements. Elle n’a pas pu pratiquer ses sauts comme elle le souhaitait. Trop dans les airs au dernier saut de la première fois, elle fut trop à court à sa dernière chance.

«J’ai corrigé pour ma deuxième, mais malheureusement, j’ai eu un petit vent de face, pis quand je suis partie, j’ai dit merde, je vais atterrir sur la jointure [de la pente]. J’ai essayé, mais j’ai “r’volé” par en arrière.»

Dommage, car elle réservait une «petite surprise» à tous pour la finale.

«Ça aurait été un double flip, ça aurait été vraiment cool de le faire sur le premier saut. J’ai travaillé fort là-dessus, et je n’ai pas encore eu la chance de le faire en compétition. Je gardais ça comme une petite carte dans ma poche pour la finale olympique. Il va peut-être falloir que je continue encore quatre ans.»

Car malgré sa tristesse du jour, Kim Lamarre n’a pas l’intention de s’arrêter. «J’ai le goût de le faire, mais il faudra que je parle avec mes genoux. Ils ne le savaient peut-être pas, mais je pense qu’on va repartir.

«J’adore skier, c’est une passion pour moi et j’espère juste être capable de suivre la progression, car les filles poussent fort. En autant que tout le corps puisse suivre, j’ai l’impression que je vais être encore là. Je trouve que je suis quand même une battante, je n’abandonne pas. C’est plate et ça aurait été le fun de finir avec la cérémonie de médailles, car c’est tellement un beau moment, mais ça ira à une autre fois.»

Doublé suisse sur le podium

Les Suissesses Sarah Hoefflin et Mathilde Gremaud ont grimpé sur les deux premières marches du podium de l'épreuve.

Hoefflin l'a emporté en vertu d'un score de 91,20 points réalisé lors de sa troisième descente en finale, ce qui lui a permis de surpasser sa compatriote Gremaud, deuxième à 88,00. La Britannique Isabel Atkin a obtenu la médaille de bronze, après avoir récolté 84,60 points.

Seule représentante de l'unifolié en finale, Yuki Tsubota, de Whistler, en C.-B., a finalement terminé sixième avec un score de 74,40 points.

L'Ontarienne Dara Howell, médaillée d'or en slopestyle il y a quatre ans à Sotchi, a terminé avec une décevante 21e position. La skieuse de 23 ans, qui a admis qu'elle s'était déchirée un ligament du genou en novembre, a déjà les yeux tournés vers 2022.

Howell, de Huntsville, en Ontario, et Lamarre, de Lac-Beauport, ont chacune chuté lors de leurs deux tentatives en qualifications. En conséquence, Howell a fini 21e et Lamarre, 22e, parmi les 23 participantes à cette épreuve présentée au Parc à neige Phoenix.

Le slopestyle a fait son entrée dans le programme olympique de ski acrobatique en 2014. Avec AFP, PC