Mikhail Grigorenko, qui s'aligne avec la formation des Athlètes olympiques de Russie, aura bouclé son séjour dans la LHJMQ avec une fiche de 85 buts et 178 points en 115 matchs.

Grigorenko honoré de représenter son pays

GANGNEUNG — En temps normal, il serait en vacances à attendre que la saison de la KHL reprenne ses activités, le 26 février. Mais voilà, comme plusieurs de ses compatriotes, Mikhail Grigorenko se retrouve plutôt sur la glace olympique pour représenter son pays qui n’existe pas jusqu’à la cérémonie de clôture.

L’équipe des «athlètes olympiques de la Russie» tenait une séance d’entraînement sur la patinoire de pratique de complexe de hockey de Gangneung, mardi. L’ancien joueur des Remparts de Québec était souriant, autant sur la glace que lors de son passage dans la zone des médias. Il a eu le mérite de s’y pointer, car quelques joueurs ont fait faux bond à leurs médias nationaux.

Il a écarquillé les yeux en voyant le représentant du Soleil. «Comment ça va?», a-t-il demandé. C’est pourtant notre travail de poser les questions.

«Pour plusieurs d’entre nous, participer aux Jeux olympiques était un rêve qu’on ne croyait pas possible de pouvoir réaliser. Mais avec la décision de la LNH ne pas permettre à ses joueurs de venir ici, ça nous a permis de la réaliser. Il s’agit d’une expérience unique pour nous tous, et peut-être qu’on n’aura peut-être jamais la chance de revenir aux Jeux dans l’avenir, alors on essaie d’en profiter au maximum», disait-il.

Grigorenko était débarqué en fanfare à Québec en 2011-2012. Il a joué deux ans sous la direction de Patrick Roy, et après une demi-saison dans la LNH avec les Sabres de Buffalo, il était revenu avec les Remparts, alors dirigé par Philippe Boucher. Il aura bouclé son séjour dans la LHJMQ avec une fiche de 85 buts et 178 points en 115 matchs. «J’ai adoré mes années à Québec, j’y ai vécu de très bons souvenirs. Ma femme Amélie vient de Québec, je reste à Lac-Beauport, l’été», a rappelé le père de deux enfants.

Avec ses idoles

À 23 ans, il se retrouve au sein d’une formation qui aligne deux de ses idoles de jeunesse, soit Pavel Datsyuk et Ilya Kovalchuk. «Jouer avec eux, c’est spécial. Datsyuk est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de notre pays, c’est fantastique de se retrouver sur la patinoire en leur compagnie.»

Grigorenko et ses compagnons de la présente croisade olympique aimeraient bien donner à leur capitaine une première médaille d’or en carrière. Datsyuk a participé quatre fois aux Jeux et n’a jamais grimpé sur la première marche du podium. Il a à peu près tout gagné dans la LNH, dont la Coupe Stanley, le trophée Frank-Selke (meilleur attaquant défensif) et le trophée Lady Bing (joueur le plus gentilhomme). Il a multiplié les honneurs en Russie, méritant notamment le trophée Valeri-Kharlamov (meilleur joueur russe) à deux reprises. «Vous avez pu voir dans l’entraînement à quel point il travaille, comment il s’y prend pour motiver et encourager tous les joueurs de l’équipe. Son énergie positive se reflète aussi dans le vestiaire.»

Privés de leur uniforme

Mais plus important encore, c’est l’impact que pourrait avoir une médaille d’or pour les athlètes olympiques de la Russie, privés de leur uniforme. «Ce serait quelque chose de très gros si on remportait l’or, surtout en raison de la présente situation où ne pouvons pas jouer avec les couleurs de notre pays, ni entendre notre hymne national. Il y a peut-être plus de monde qu’à l’habitude qui nous regarde», prétendait le natif de Khabarovsk.

Le chandail neutre que l’équipe porte importe peu, une fois sur la glace. «Ce qui compte, c’est qu’on sait d’où l’on vient. On se connaît depuis toujours, on sait que les gens en Russie nous supportent, c’est ce qui compte le plus. C’est un honneur de représenter mon pays», a confié celui qui a croisé son ancien coéquipier des Remparts, Fabrice Herzog, dans la cafétéria du village des athlètes à quelques reprises depuis l’ouverture des Jeux.

La camaraderie était évidente à l’entraînement auquel nous avons assisté, mardi après-midi. Comme n’importe quel club, des joueurs ont eu besoin de la cloche pour sortir de la glace, dont Grigorenko. Il est l’un des sept joueurs du CSKA de Moscou dans la formation, qui compte sur 15 joueurs de SKA de Saint-Pétersbourg, une stratégie pour favoriser la cohésion. «En plus, ce sont les deux meilleurs clubs de la KHL», notait celui qui joue maintenant dans son pays.