L’esprit de famille était palpable dans cette grande salle pourtant aménagée comme pour une conférence commerciale, avec nombre de commanditaires affichés.

Dufour-Lapointe: médaille et fierté familiale

«On aurait aimé avoir deux médailles, mais au moins, on en a une!» a laissé tomber Gabrielle Dufour, étreinte par l’émotion de voir sa petite-fille Justine remporter l’argent olympique.

Dimanche matin, avant même le lever du soleil, une soixantaine de membres de la famille des sœurs Dufour-Lapointe étaient réunis au Centre des congrès de Lévis pour suivre sur grands écrans les finales féminines olympiques de ski de bosses.

On sait que Justine, Chloé et Maxime Dufour-Lapointe sont de Montréal. Mais la branche Dufour a ses racines dans Charlevoix, plus précisément La Malbaie et Cap-à-l’Aigle. Les premiers commanditaires, dès 2005 pour l’aînée, Maxime, sont aussi venus de la région de Québec.

L’oncle, Patrick Dufour, ancien patineur de vitesse établi dans la capitale depuis 1995, a été celui qui a convaincu des entreprises de Québec d’être les premières à investir dans ses prometteuses nièces. «Elles ont été connues à Québec avant Montréal», souligne-t-il, pour expliquer ce rassemblement sur la Rive-Sud.

Les années ont passé. Justine et Chloé ont rapporté des médailles d’or et d’argent de Sotchi, en 2014, alors que Maxime terminait 12e. Quatre ans plus tard, Maxime était simple spectatrice à PyeongChang, pendant que la benjamine Justine est sacrée vice-championne olympique et que Chloé finit au 17e rang.

«Elles jouaient à la cachette, dans la maison, se souvient grand-papa Claude. Elles se sont toujours tenues toutes les trois ensemble, alors une fois rendues aux Jeux olympiques, c’est encore les trois ensemble. Elles ne se laisseront pas», explique l’homme de 88 ans, qui parlent de ses petites-filles comme «des étoiles quand elles viennent à la maison».

Mais pour ceux qui en doutent, soyez assurés que les sœurs Dufour-Lapointe sont toujours restées terre-à-terre. «Elles n’ont pas la tête enflée. Si elles étaient ici aujourd’hui, vous les rencontreriez sur le trottoir et si elles vous connaissent, elles vont vous embrasser. C’est leur nature!» assure le fier grand-père.

Propos confirmés par une cousine de leur mère. «Quand on les voit, c’est pas snobs pour deux cennes ces filles-là. Et Johanne et Yves, les parents, ne pourraient pas accepter que leurs enfants soient autrement», insiste Lise Pilote.

«Désolé de pleurer!»

Maman Johanne a deux frères, Patrick et Gilles. Gilles est atteint de paralysie cérébrale. Cloué à un fauteuil roulant, il s’exprime à l’aide d’un tableau portatif où il pointe les mots avec ses doigts crispés. «Je suis tellement heureux! Désolé de pleurer!» a communiqué celui qui se considère comme leur plus grand admirateur.

L’esprit de famille était palpable dans cette grande salle pourtant aménagée comme pour une conférence commerciale, avec nombre de commanditaires affichés, dont sur des bâtons à bruit gonflables. Une scène avec micro et lutrin devant un grand drapeau du Canada trônait entre deux grands écrans.

L’oncle Patrick y a mis beaucoup de temps et d’effort dans les dernières semaines, merci à son employeur de le lui avoir permis.

Une zone plus confortable avec divans et coussins, au centre, rendait la chose plus décontractée et donnait de meilleures images aux caméras de télé attirées par un communiqué de presse émis quelques jours plus tôt.

«On se revoit dans quatre ans!» n’ont pas manqué de se souhaiter les convives avant de quitter en début de matinée, d’aucuns reprenant la route pour Charlevoix, d’autres Montréal et même Gatineau.