Seyi Smith obtiendra une deuxième chance dans les prochains jours.

De sprinteur à bobeur

Seyi Smith obtiendra une deuxième chance dans les prochains jours. Une occasion de mettre aux poubelles le cauchemar vécu, il y a six ans, aux Jeux olympiques d’été à Londres.

L’athlète nigérien qui a grandi à Ottawa faisait partie du relais canadien 4x100 mètres qui croyait avoir remporté le bronze. Sauf qu’un des sprinteurs, Jared Connaughton, a touché la ligne intérieure de son couloir, menant à la disqualification du quatuor.

La photo de Smith, qui pleure dans le drapeau canadien, a fait le tour des médias aux pays à l’époque. «Je me réveille encore en me disant que j’aurais pu être médaillé olympique... Ça fait encore mal, avoue le produit des Lions d’Ottawa au bout du fil.

«Au moins, j’ai maintenant une occasion inespérée de mettre un peu de baume sur cette cicatrice encore vive. Mieux, je pense que nous pouvons gagner l’or à PyeongChang.»

C’est que Smith, âgé de 30 ans, participera aux Jeux d’hiver dans les prochains jours... en bobsleigh. Plus précisément au sein de l’équipage à quatre de Justin Kripps.

Le quatuor a terminé souvent cet hiver sur le podium en Coupe du monde.

«Je ne le cacherai pas. Les attentes sont élevées envers nous.»

Dire qu’il y a sept mois, Seyi Smith pensait bien regarder les prochains Jeux olympiques devant le petit écran. Il était à la retraite de l’athlétisme depuis un an et demi après avoir raté les Jeux d’été par quelques centièmes de seconde.

Il se plaisait dans son travail d’ingénieur à Calgary.

Puis il y a eu cet appel à la fin de l’été.

«Un de mes anciens entraîneurs en athlétisme m’a invité à un camp d’essai en bobsleigh. Il me disait que j’étais assez costaud et rapide. Je me suis dit à moi-même pourquoi pas.»

Le voilà maintenant aux Jeux.

Smith est le premier à avouer que l’automne et l’hiver ont été fertiles en émotions.

«Je suis très fier de moi-même. J’ai tellement hâte aussi de revivre l’aventure olympique, six ans après ce que j’ai vécu à Londres.»

Puis, il se remémore sa première descente en tant que bobeur à Calgary.

«J’étais terrifié. Certaines personnes comparent ça à un manège de montagnes russes où tu te fais brasser. Mais je trouve que ça ne rend pas justice à ce que tu ressens vraiment. J’avais plutôt l’impression d’être mis dans une poubelle en métal qu’on lance par la suite en bas de la pente. En plus de te cogner à gauche et à droite, c’est bruyant!»

Seyi Smith se met à rire.

«Maintenant, c’est nettement plus plaisant, précise-t-il.

«Je sais comment tenir en place mon corps. Quand on descend en bas de piste, j’ai l’impression d’une torpille. Vous ne pouvez pas le voir parce que je porte un casque, mais j’ai toujours un sourire accroché au visage lors de nos courses.»

Il y a une chose qu’on ne l’entendra pas dire au haut de la piste de bobsleigh à PyeongChang lors des deux jours de courses, les 24 et 25 février.

«La seule fois où nous avons eu un accident en compétition, c’était en Allemagne. Avant de nous élancer, j’avais crié que je commençais vraiment à aimer ce sport-là. Je crois que cela avait porté malchance!»

Si tout va comme prévu, Smith se retrouvera avec une photo plus plaisante de lui aux Jeux.

Une image qui le montrera en train de croquer une médaille tout en s’enveloppant du drapeau canadien.