S'il estime les deux premières marches du podium inaccessibles, Alexandre St-Jean se permet de rêver à la médaille de bronze au 1000 m.

Alexandre St-Jean vise la «combinaison parfaite»

GANGNEUNG — Depuis le début de la saison, Alexandre St-Jean n’est jamais parvenu à réunir les trois éléments essentiels pour connaître une course parfaite. Le spécialiste du 1000 mètres en patinage de vitesse longue piste se permet même de rêver à podium s’il réussissait à maîtriser les trois parties de sa course.

Le jour J approche pour le patineur de Québec débarqué en Corée le 1er février. Il a eu le temps de se faire la main, d’analyser les résultats des autres, de peaufiner certains aspects de sa course.

«Je n’ai pas souvent réussi à avoir un bon départ, un bon premier tour et un bon deuxième tour dans une même course. J’en ai souvent deux sur trois, et ce n’est pas toujours les mêmes. Si je le faisais, ça pourrait me donner une bonne performance. Je me permets aussi de rêver à un podium, mais pour cela, ça me prendrait la course de ma vie», disait-il, mercredi, dans une journée de repos déjà planifiée.

St-Jean occupe le 11e rang au classement mondial du 1000 m, qui sera couru vendredi (5h, heure du Québec). Mais l’absence de trois patineurs russes de la compétition olympique réduit le groupe des prétendants. Il ne s’inclut pas parmi les favoris, mais comme il n’est pas en ville pour «faire du tourisme», l’étudiant en médecine dentaire à l’Université Laval se concentre sur ce qu’il doit faire pour partir de Corée du Sud comblé.

«Je suis arrivé le 1er février, alors le village, je commence à le connaître. J’ai fait quelques activités au début, je suis allé à la cérémonie d’ouverture, j’ai assisté à deux programmes de courte piste, deux autres de longue piste, mais cette semaine, toute mon attention est portée sur ma course. J’ai travaillé beaucoup mes départs depuis que je suis ici. Si je pars bien, j’aurai plus de vitesse après 200 mètres et pour les deux tours restants.»

Distance «ouverte»

En bon étudiant, il a pris quelques notes, ces derniers jours. Il a remarqué que les patineurs les plus détendus étaient qui allaient le plus vite. Ce fut le cas au 500 m et au 1500 m. Il en sera autant au 1000 m.

Selon lui, le médaillé d’or du 500 m Havard Lorentzen (Norvège) et Kjeld Nuis (Pays-Bas) sont dans une classe à part. Après, le champ est libre, estime-t-il.

«Le 1000 m, c’est la distance la plus ouverte aux Jeux. Il manque trois bons patineurs russes, ça libère des positions. À moins qu’ils ne tombent, je ne battrai pas les deux premiers qui sont une coche au-dessus de tout le monde, mais après, la troisième place est accessible. Si je fais la course de ma vie, je peux y rêver et y croire, ce serait une belle surprise. Mais faire un top 8, ce serait bon», affirme celui dont le meilleur résultat en Coupe du monde fut justement une huitième place.

Alexandre St-Jean avait planifié son année scolaire avec les essais olympiques, et ce plan s’est prolongé jusqu’aux Jeux. L’an prochain, il consacrera plus de temps à ses études, mais ne prévoit pas abandonner le patinage pour autant. Il lui reste encore deux ans avant d’avoir complété son cours en dentisterie.

«En mai 2019, je devrai refaire mon agenda. Je veux continuer, mais il faut aussi réussir à faire l’équipe aux essais nationaux, mais je n’ai pas écarté l’idée de revenir aux Jeux, en 2022.»

Pour l’instant, toute sa concentration est sur ceux de 2018!

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DUBREUIL EN PISTE

Après sa 18e place au 500 m, lundi, Laurent Dubreuil participera à sa deuxième course des Jeux, vendredi, à l’occasion du 1000 m. Cette plus longue distance n’est pas son fer de lance, mais, libéré d’un poids depuis quelques jours, il se pourrait que son meilleur résultat aux Jeux olympiques ne survienne pas sur sa course de prédilection, estime son coéquipier Alexandre St-Jean.

«J’ai parlé un peu avec Laurent depuis la course de lundi. Il y avait eu beaucoup de controverse à cause de l’appel pour qu’un autre patineur obtienne sa place. [William] Dutton et lui étaient des amis, ils le sont peut-être un peu moins… Ça l’a affecté, mais il n’a pas une attitude défaitiste. Il a une autre chance de patiner aux Jeux, et l’an passé, il avait fait mieux au 1000 qu’au 500 m lors des Mondiaux.»