Même s'il n'a pu se qualifier pour la finale du slopestyle, Alex Bellemare était comblé d'avoir au moins compléter une descente aux Jeux olympiques.

Alex Bellemare content de son expérience olympique

BOKWANG — Pendant que trois de ses coéquipiers, dont son meilleur ami, participaient à la finale de slopestyle, dimanche matin (samedi soir au Québec) au Parc à neige Phoenix, le skieur Alex Bellemare ne pleurait pas sur son sort après avoir raté sa qualification. Il était comblé juste à l’idée d’avoir pu compléter une descente, même si les 64,20 points accumulés n’étaient pas suffisants pour glisser parmi les 12 finalistes.

Victime d’une microfracture à la vertèbre T4, il y a un mois, l’athlète de Saint-Boniface n’avait pas skié avant de le faire avec prudence, cette semaine, en prévision de son numéro olympique qu’il a bouclé au 22e rang.

«C’était super le fun, je suis vraiment content. J’aurais aimé avoir plus de points dans ma première descente, je pense qu’ils [les juges] ont été un peu sévères et que j’ai fait une petite erreur qui m’a coûté des points. Mais honnêtement, je voulais atterrir une descente, c’est ce que j’ai fait», résumait-il quelques minutes après son élimination.

Son échec au deuxième essai a anéanti ses chances de passer en finale. Il tentait alors de reproduire sa descente initiale, mais avec plus de perfection,

«Je me suis forcé un peu plus pour que tout soit parfait, et c’était parti pour ça, mais malheureusement, j’ai manqué de vitesse et ç’a freiné sec sur le deuxième saut et je n’ai pas pu faire le troisième [saut]», résumé le skieur de Saint-Boniface.

Différent des X Games

Bellemare admettait avoir ressenti une certaine nervosité à l’idée de se produire sur la grande scène olympique. Habitué aux effets spectaculaires des X Games, il a savouré son expérience dans la bulle des seigneurs des anneaux.

«J’étais quand même stressé parce que je sais que tout le monde me regarde à la maison, juste à cause de ça, ce n’est pas une compétition comme une autre. Tu sais qu’on accorde vraiment de l’importance aux Jeux. Ici, c’est moins glamour que les X Games, mais je n’ai pas gagné de médaille d’or, peut-être que ça le deviendrait plus [avec une]… C’est vraiment le fun, c’est cool, et c’est super facile aussi. On dirait qu’on est un troupeau de vaches où on leur dit d’aller. Aux Jeux, on crée une atmosphère pour que l’athlète performe à 100 %, il y a moins de distraction.»

Le sportif de 24 ans ne blâmait pas le hasard de la vie de s’être présenté à PyeongChang ennuyé par un malaise au dos. Il avait déjà vécu pire. «Oui [ça tombe mal], mais en même temps, je me suis déchiré le ligament croisé antérieur en 2014, alors je suis content d’avoir pu skier, ça aurait pu être bien pire. J’espérais que mon dos ne me fasse pas mal, et peu importe ce qui arrivait, je me serais les dents et je continuais. J’ai croisé les doigts et ça marché dans la première descente», notait celui qui a dû mesurer l’état de son dos, toute la semaine.

Il avait une pensée pour les siens, qui ont assisté à sa performance en Mauricie. Et malgré la distance, il se sentait près de chez lui au sommet de la piste.

«Je me suis juste dit que j’étais un petit gars de Vallée du Parc [une station de ski] qui était rendu aux Jeux olympiques, et qu’il fallait juste que je m’amuse, et c’est ce que j’ai fait… J’ai skié là toute ma vie, c’est petit, mais c’est cool, et c’est le fun de savoir que c’est là que j’ai commencé et que je suis rendu ici.»