PyeongChang 2018

Les JO en bref

BELLE RÉCOMPENSE POUR KIM BOUTIN

Les projecteurs québécois et canadiens ont été braqués sur Kim Boutin jusqu’à la toute fin des Jeux olympiques de PyeongChang. Le Canada a fait de la patineuse de vitesse courte piste son porte-drapeau lors des cérémonies de clôture des Jeux de PyeongChang (dimanche 6h, heure du Québec). C’est la chef de mission du Canada, Isabelle Charest, qui a annoncé la bonne nouvelle à la Sherbrookoise de 23 ans. «J’ai versé quelques larmes. J’étais seule et elle m’a demandé de ne pas en parler, alors c’était assez difficile. J’étais très excitée, c’est un grand honneur parce que je sais qu’il y a tellement d’athlètes qui le méritent.» Boutin s’est révélée l’étoile canadienne en patinage de vitesse sur courte piste, remportant trois médailles à PyeongChang. Elle a décroché une médaille d’argent à l’épreuve de 1000 mètres et deux de bronze aux épreuves de 500 et 1500 mètres. Ces Jeux olympiques n’ont toutefois pas été de tout repos pour Boutin, qui a reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux après que la vedette sud--coréenne Min-jeong Choi eut été disqualifiée au 500 m. Certains partisans sud-coréens ont fait porter le blâme à Boutin. Malgré tout ce qu’elle a vécu, Boutin est devenue la première patineuse de vitesse courte piste canadienne à gagner trois médailles individuelles lors de mêmes Jeux olympiques. Les danseurs sur glace Tessa Virtue et Scott Moir ont conjointement porté le drapeau du Canada lors des cérémonies d’ouverture.  La Presse canadienne

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TABLEAU DES MÉDAILLES

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ILS ONT DIT...

«Je suis la meilleure caméraman, ou camerawoman, de ces Jeux.» – Nikol Kucerova. La Tchèque est la seule skieuse de ski cross à porter une caméra sur son casque pendant les compétitions très spectaculaires de sa discipline.

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«C’est un grand jour pour le surf des neiges parce qu’on a pu montrer au monde ce que c’est véritablement. Je suis simplement heureux d’être celui, aujourd’hui, qui a gagné.» – Sébastien Toutant. Originaire de L’Assomption, il a remporté la toute première médaille d’or de l’histoire olympique de l’épreuve du big air en surf des neiges, samedi. Du même coup, il procurait au Canada la 500e médaille olympique de son histoire en combinant les Jeux d’hiver et d’été.

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LA NORVÈGE FRACASSE LE RECORD DE MÉDAILLES

Avant même que la toute dernière épreuve des Jeux de PyeongChang soit disputée, dans la nuit de samedi à dimanche (le 30 km de ski de fond féminin), la Norvège avait établi un nouveau record olympique d’hiver avec une récolte de 38 médailles. Les Norvégiens ont brisé le record détenu par les États-Unis depuis les Jeux olympiques de Vancouver, en 2010, où ils avaient obtenu 37 médailles.  AP

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UNE MÉDAILLE D'OR POUR MISTER T

Le capitaine John Shuster a mené les Américains vers une victoire de 10 à 7 pour permettre aux États-Unis de mettre la main sur la deuxième médaille seulement de leur l’histoire en curling. Shuster faisait d’ailleurs partie de l’équipe qui a remporté la médaille de bronze, en 2006, au Jeux olympiques de Turin. Dans le match de la médaille d’or contre la Suède, il a notamment réalisé une double sortie bonne pour cinq points au huitième bout. Un compte excessivement rare qui a permis aux États-Unis de prendre l’avance 10-5 et de s’assurer de la victoire. Une médaille d’or qui devrait ravir celui qui s’est autoproclamé dans une vidéo postée sur Twitter leur «plus grand fan» : l’ancien lutteur Mister T.  AP

PyeongChang 2018

Pas de drapeau russe en clôture des JO

PYEONGCHANG - Après 16 jours de compétition et des mois de tractations diplomatiques, les 23es Jeux olympiques d’hiver se terminent dimanche lors d’une cérémonie de clôture qui résumera parfaitement ces «Jeux de la Paix» : en présence d’une délégation nord-coréenne de haut niveau, mais sans drapeau russe.

Le dernier suspense a été levé dimanche matin, avec le vote du CIO réuni en session : la suspension de la Russie est maintenue à l’issue de ces Jeux, et le drapeau russe ne pourra donc être déployé au stade olympique.

La Russie espérait pouvoir défiler derrière son drapeau dimanche durant la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de PyeongChang, mais le CIO a décidé à l’unanimité de maintenir la suspension du pays dont deux sportifs ont été contrôlés positifs durant ces Jeux.

La décision de suspendre le Comité olympique russe (ROC), prise le 5 décembre, prévoyait la possibilité de lever la suspension au dernier jour des JO d’hiver, afin de permettre aux sportifs russes, présents sous bannière neutre, de pouvoir défiler derrière le drapeau russe.

Mais la commission exécutive du CIO a décidé de «ne pas lever la suspension du Comité olympique russe pour la cérémonie de clôture des JO de PyoengChang 2018», une décision ensuite approuvée à l’unanimité par les 52 membres du CIO présents.

Le CIO «aurait pu envisager de lever la suspension dans la mesure où la délégation des athlètes olympiques de Russie (OAR) a respecté la décision du CIO du 5 décembre», a expliqué son président Thomas Bach en lisant la décision de la commission exécutive.

«Toutefois, deux athlètes de l’OAR ont été convaincus de dopage ici à Pyeongchang. Ceci est extrêment décevant et ne permet pas au CIO d’envisager la levée de la suspension du ROC pour la cérémonie de clôture», a poursuivi M. Bach.

Dopage institutionnalisé

Un rapport de l’Agence mondiale antidopage avait mis au jour un vaste système de dopage institutionnalisé mis en place en Russie, notamment durant les JO d’hiver de Sotchi-2014.

De ce fait, seuls 168 sportifs russes considérés comme «propres» ont été admis par le CIO à participer aux JO de PyeongChang.

La levée de la suspension de la Russie pourra intervenir «à condition que la décision du 5 décembre continue d’être respectée» et si «aucune autre violation des règles antidopage» n’a été commise par les sportifs russes présents à Pyeongchang, a ajouté l’instance olympique.

Aucun calendrier n’a été décidé pour étudier la levée de cette suspension.

Deux cas de dopage concernant des Russes ont été révélés durant les JO, sur un curleur, positif au meldonium et qui a perdu sa médaille de bronze de l’épreuve mixte, et sur une concurrente ayant terminé 12e en bobsleigh à deux.

Vers Pékin... en passant par Tokyo

La traditionnelle cérémonie de clôture — qui débute à 6h dimanche, heure du Québec — mettra un terme à PyeongChang 2018 pour débuter l’olympiade qui aboutira à Pékin en 2022.

Entre temps, les Jeux olympiques resteront en Asie, puisque les JO d’été 2020 auront lieu à Tokyo. Un enchaînement de rendez-vous loin du continent originel des JO, avant son retour en Europe en 2024 à Paris.

En soirée, dans les travées du stade olympique, les «Jeux de la paix» voulus par la Corée du Sud trouveront un dernier écho.

Après le défilé en commun des deux Corées lors de la cérémonie d’ouverture, après la constitution d’une équipe féminine unifiée de Corée en hockey sur glace, après aussi les présences remarquées de la sœur du leader nord-coréen Kim Jong-un en ouverture et celle des meneuses de claque nord-coréennes tout au long de la quinzaine, ce sera au tour d’une délégation de huit membres de Corée du Nord, conduite par le controversé général Kim Yong-chol, d’être présente au Sud pour la cérémonie de clôture.

Trêve ou dégel?

La présence de Kim Yong-chol, arrivé dimanche matin au Sud, divise le pays hôte, où ce général est considéré comme un criminel de guerre méritant la mort.

En effet, le générale est soupçonné d’avoir un temps dirigé le Bureau général de reconnaissance gérant les opérations nord-coréennes d’espionnage et d’avoir ordonné notamment le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan en 2010, qui avait fait 46 morts.

Non loin de cette délégation nord-coréenne, dans la tribune des personnalités du stade olympique, se tiendra Ivanka Trump, la fille aînée et conseillère du président américain Donald Trump, désignée pour représenter les États-Unis.

Un responsable américain a fait savoir qu’aucun contact entre Ivanka Trump et des responsables nord-coréens n’était prévu à cette occasion.

Le pouvoir de la diplomatie sportive trouvera malgré tout avec cette cérémonie une parfaite illustration, alors que M. Trump a annoncé 24 heures auparavant de «lourdes» sanctions contre la Corée du Nord...

L’avenir dira si ce rapprochement historique entre les deux Corées, toujours techniquement en guerre depuis 1953, n’était qu’une trève olympique ou un premier jalon solide vers une désescalade des tensions dans la région.

Au terme des 16 jours de compétitions, 102 titres auront été décernés et des images fortes resteront. Comme celle, encore dimanche matin, de l’équipe de curling sud-coréenne, même battue en finale par la Suède, dont les membres étaient inconnues au début des JO et qui resteront finalement dans l’histoire comme les visages de ces Jeux de 2018.

29 médailles en 13 photos

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Ivanie Blondin quitte PyeongChang sans médaille

Ivanie Blondin a chuté en demi-finale de l’épreuve du départ groupé, en patinage de vitesse longue piste, mettant ainsi fin à ses espoirs de remporter une première médaille aux Jeux olympiques de PyeongChang.

«C’est difficile à avaler, mais en même temps je pense que ça va me motiver dans le futur», a-t-elle expliqué, en larmes, à la collègue de Radio-Canada

Blondin avait pourtant connu un bon départ, se permettant même d’aller chercher un point (3e) au terme du premier sprint. Puis, quelques tours plus tard, alors qu’elle était en tête, la Japonaise Ayano Sato l’a légèrement poussée dans un virage ce qui lui a fait perdre l’équilibre.

Les deux femmes sont tombées et ont glissé jusque dans les barrières coussinées en bordure de piste. La chute a causé le bris d’une des lames de Blondin, ce qui a tué ses chances de remonter le peloton.

Elle a finalement pris le 10e rang avec un temps de 8:53,43 minutes.

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Le Canada sauve l'honneur avec le bronze au hockey masculin

GANGNEUNG — À défaut de l’or, les hockeyeurs canadiens ramèneront la médaille de la fierté dans leur bagage.

Surpris la veille par l’Allemagne en demi-finale, le Canada a relevé la tête pour vaincre la République tchèque 6-4 lors du match pour la médaille de bronze, samedi. Il s’agissait de la 29e médaille olympique du Canada à PyeongChang, une récolte record.

L’entraîneur-chef Willie Desjardins était fier de voir ses joueurs rebondir après la défaite extrêmement décevante contre les Allemands. «Plusieurs personnes pensaient probablement que nous ne serions pas en mesure de nous relever de ce revers, mais nous l’avons fait. Les gars voulaient vraiment remporter cette médaille.» 

«Je suis vraiment très fier», a affirmé l’attaquant Rob Klinkhammer. «Je suis honoré d’avoir gagné une médaille aux Jeux olympiques. Je sais que les gens au pays espéraient mieux, et nous aussi, mais malgré tout, c’est un moment que je n’oublierai jamais. Je ne croyais jamais que j’aurais la chance de participer aux Olympiques, et maintenant je me retrouve avec une médaille!»

L’attaquant Andrew Ebbett, qui a inscrit deux buts, abondait dans le même sens. «Je pourrai dire à mes enfants et à mes petits-enfants que j’ai marqué aux Jeux olympiques et je pourrai leur montrer ma médaille de bronze. C’est vraiment cool

Les Canadiens ont marqué trois fois en sept minutes en première période pour prendre une sérieuse option sur le bronze. Chris Kelly (2), Derek Roy et Wojtek Wolski, qui célébrait ses 32 ans, ont été les autres marqueurs des vainqueurs. Capitaine de l’équipe, Kelly ajoute une médaille olympique à sa bague de la Coupe Stanley obtenue avec les Bruins de Boston, en 2011.

Kevin Poulin a repoussé 30 tirs des Tchèques, qui tentaient de remporter sa première médaille en hockey masculin depuis le bronze récolté à Turin en 2006.

«Nous avons connu un très mauvais début de match», a noté l’attaquant Roman Cervenka. «Pour nous, c’était crucial de sortir fort en première période, mais nous leur avons donné beaucoup trop de chances de marquer. Ça nous a coulés», a reconnu celui qui a marqué deux fois en toute fin de rencontre alors que son équipe tentait désespérément de revenir dans le pointage. 

Bataille de tweets

Le Canada avait dû faire son deuil de l’or à la suite de son élimination surprise contre l’Allemagne, qui affrontait la Russie en finale la nuit dernière. Une défaite qui a engendré un échange de tweets entre les deux pays.

«Conseil de voyage : les Allemands au Canada doivent faire preuve de beaucoup d’empathie. Soyez gentils, ne jubilez pas, faites des câlins et payez des tournées de chocolat chaud. Imaginez comment vous vous sentiriez si le Canada nous battait au soccer», avait écrit le ministère allemand des Affaires étrangères dans un message suivi de deux petits drapeaux allemand et canadien séparés par un cœur.

Le ministère canadien des Affaires étrangères a répondu en mettant en avant l’histoire glorieuse du hockey canadien. «Merci à @GermanDiplo. Félicitations pour votre première tentative de conquérir l’or! Nous nous rappelons notre première médaille d’or en hockey sur glace comme si c’était hier... 1920 pour être exact». Le tout au-dessus d’une photo en noir et blanc de la sélection canadienne de l’époque.  Avec AP

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Cette nuit en Corée du Sud : votre mémo olympique matinal

PYEONGCHANG — Le Canadien Alex Harvey a offert une performance inspirée à l'épreuve de ski de fond de 50 kilomètres des Jeux de Pyeongchang, samedi, et il a terminé quatrième.

Harvey, de Saint-Ferréol-les-Neiges, s'est maintenu parmi le groupe de tête pendant la majorité de la course, jusqu'à ce que le Finlandais Iivo Niskanen se détache de ses adversaires et fasse cavalier seul pendant plusieurs kilomètres. Dans le dernier droit, le Canadien de 29 ans a livré une lutte de tous les instants avec le vétéran norvégien Martin Johnsrud Sundby, mais il a finalement eu le dessus en tendant la jambe droite. Harvey a parcouru la distance en 2:11:05,7. Devon Kershaw, de Sudbury, en Ontario, et Graeme Killick, de Fort McMurray, en Alberta, ont franchi le fil d'arrivée à près de 40 secondes d'intervalle. Ils ont respectivement terminé 26e et 27e. Russell Kennedy, de Canmore, en Alberta, a conclu l'épreuve en 49e position.  La Presse canadienne

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L'or pour Sébastien Toutant au big air

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Un athlète canadien arrêté pour vol de voiture à PyeongChang

L’athlète canadien de ski cross Dave Duncan, sa femme Maja et l’entraîneur Willy Raine ont été arrêtés pour avoir volé un véhicule, samedi. La police de Daegwallyeong a ajouté que Raine, qui était au volant au moment des arrestations, dépassait la limite d’alcool permise dans le sang — qui est de 0,05 en Corée du Sud — alors qu’il affichait un taux de 0,16.

Même s’elles ont été relâchées après leur arrestation, des sources ont dévoilé que les trois personnes s’étaient vues interdire de quitter le pays pour le moment. On ne sait toutefois pas si leurs passeports ont été confisqués par les autorités et aucune date de comparution n’a encore été fixée. Quelques heures plus tard, Raine a offert ses excuses dans un communiqué publié par le Comité olympique canadien. «Je tiens à m’excuser pour ma conduite impardonnable. Je ne trouverai pas les mots justes pour exprimer à quel point je suis désolé. J’ai laissé tombé l’équipe canadienne, mes amis et ma famille. Je voudrais aussi m’excuser auprès du propriétaire du véhicule», a regretté Raine, qui est le fils de la légende du ski alpin Nancy Greene.

Dans le même communiqué, le couple Duncan a abondé dans le même sens. «Nous sommes profondément désolés. Notre comportement n’a pas été la hauteur des standards que doivent respecter les membres de l’équipe canadienne et des Canadiens.» Duncan, de London, en Ontario, à terminé 8e à l’épreuve de ski cross à PyeongChang.  

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Ledecka se dédouble et entre dans la légende

PYEONGCHANG — Victorieuse sur les skis il y a une semaine lors du super-G, la Tchèque Ester Ledecka s’est encore imposée samedi en slalom géant parallèle, mais cette fois en surf des neiges, une performance unique dans l’histoire des JO d’hiver.

Unique, car la Tchèque est la première femme à gagner deux titres olympiques dans deux sports différents lors des mêmes JO. Dans les années 20, deux Norvégiens, Johan Gröttumsbraten et Thorleif Haug, avaient réussi une performance similaire, mais dans deux sports «cousins» : le ski de fond et le combiné nordique. Et chez les femmes, la Soviétique puis Russe Anfisa Reztsova avait réussi un mélange rare (biathlon et ski de fond), mais sur plusieurs JO (1988, 1992, 1994).

C’est donc un vrai coup de fraîcheur qu’apporte à l’olympisme la Tchèque de 22 ans — elle en aura 23 le 23 mars —, qui ne se voit pas comme la superstar des Jeux de PyeongChang. «Je ne me sens pas comme ça. Mais ça sonne bien, c’est sûr», a plaisanté Ledecka.

Domination totale

La surprise avait été immense, il y a une semaine, quand Ledecka avait déboulé avec son dossard 26 pour éjecter Anna Veith de la première marche du podium du super-G. Mais samedi, sa domination a été comme prévu totale en surf des neiges, sa discipline «forte».

Meilleur temps des qualifications, elle a ensuite contrôlé chacune de ses manches, des huitièmes de finale jusqu’à la finale, et elle a finalement moins tremblé pour s’imposer que l’écureuil qui a frôlé la planche de l’Autrichienne Ulbing — et la catastrophe — lors d’un huitième de finale.

«Ça a été difficile de me transformer en planchiste», a tout de même raconté la Tchèque. «Encore hier à l’entraînement, ça n’allait pas. Mais aujourd’hui j’ai retrouvé la planchiste en moi.»

Interrogée sur la suite de sa carrière, la double championne olympique n’a pas donné d’indications précises, mais a laissé entendre qu’elle pourrait continuer dans les deux disciplines. «Je peux me pousser plus loin. Je fais encore beaucoup de fautes en ski et même en surf des neiges. Et je veux m’améliorer encore. Mon plan c’est d’écouter mon cœur, donc, pour l’instant, je pense que je vais continuer les deux parce que j’aime les deux.»

Techniquement proches

La performance de la Tchèque a suscité l’admiration du Français Sylvain Dufour, quatrième de l’épreuve masculine du slalom géant parallèle de surf des neiges. «C’est génial ce qu’elle a fait. Claquer du ski et du surf des neiges, c’est historique. Je n’ai pas de mots pour décrire ce qu’elle a fait. C’est “oufissime”».

Mais pas complètement inexplicable non plus, car, selon Dufour, «il y a des similitudes et des passerelles» entre les deux disciplines pratiquées par la Tchèque, car pour les planchistes, le ski, au moins le géant et le super-G, peut être «une mine d’or d’informations». 

«On reste des gens qui tournent autour de piquets, même si eux sont dans l’axe, alors que je suis un peu de travers», expliquait-il  la semaine dernière. «Le géant et le snowboard sont presque plus proches que le snowboard et le snowboardcross par exemple. Les skieurs ont deux carres, donc plus de puissance et plus de vitesse. Il nous faut un peu moins de pente, parce qu’on est un peu plus un sport d’équilibristes. On joue plus avec notre centre de gravité. Mais on regarde leur placement parce que le placement du bassin peut être plus ou moins reporté en snowboard

Une bête de détermination

Au-delà de ces considérations techniques, Dufour note que Ledecka est «une bête de détermination, de physique et de mental». Tout le monde décrit en effet la Tchèque comme une athlète capable d’absorber des entraînements extrêmement intenses.

«On essaie parfois de la sortir de l’entraînement, parce qu’elle serait capable de mourir sur la piste. Mais c’est le seul problème qu’on ait jamais eu avec Ester», a même raconté son père Janek Ledecky.

Et le deuxième exploit de Ledecka est justement familial. Car, avec ce doublé en or, elle pourrait devenir la plus célèbre d’une famille de vedettes : son père est en effet une rock-star très connue dans son pays alors que son grand-père maternel, Jan Klapac, a été champion du monde et double médaillé olympique en hockey.

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JAMAIS SANS MES LUNETTES DE SKI

Comme il y a une semaine lors de sa victoire en super-G sur des skis, Ester Ledecka s’est présentée samedi en conférence de presse avec ses lunettes de ski sur les yeux après son succès en surf des neiges sur le géant parallèle. Après sa victoire en super-G,elle avait expliqué qu’elle voulait garder son masque d’un de ses commanditaires, car sa victoire était imprévue et qu’elle n’était pas maquillée. Samedi, elle a été relancée à ce sujet. «Je devais déjà me lever très tôt. Et me lever encore plus tôt pour me maquiller, pour moi, ça n’a pas de sens», a-t-elle répondu. À nouveau interrogée sur la possibilité de faire de ces lunettes portées en conférence de presse une sorte de marque de fabrique, elle a répondu  : «Oui, il va falloir vous y habituer.»

Sports

Kim Boutin portera le drapeau canadien

C'est à la Sherbrookoise Kim Boutin que reviendra l'honneur de porter le drapeau du Canada lors des cérémonies de clôture des Jeux de PyeongChang.

Lors des derniers jours, le nom de la patineuse de vitesse courte piste se retrouvait régulièrement dans les discussions lorsque venait le moment de prédire l'identité de l'athlète qui fera flotter la feuille d'érable dans les airs de PyeongChang et avec raison.

L'athlète de 23 ans a remporté trois médailles aux Jeux olympiques 2018: l'argent à l'épreuve de 1000 m et deux de bronze aux épreuves de 500 et 1500 m.

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Une 4e place émouvante pour Alex Harvey

PYEONGCHANG — «On s’en fiche de la médaille, on le sait que t’es bon!» La scène était émouvante entre un père et son fils. Alex Harvey venait de terminer quatrième du 50 km classique, la position la plus cruelle qui soit. Quand Pierre Harvey s’est approché de lui, les deux ont éclaté en sanglots, sachant que le rêve d’un podium olympique ne se réaliserait pas.

Jusqu’à la dernière montée, Alex y a cru, Pierre aussi. La troisième position était toujours possible, mais le Russe Andrey Larkov l’a distancé juste assez pour filer devant. 

Le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges l’a suivi à l’arrivée, battant de justesse Martin Johnsrud Sundby au sprint au terme d’un effort surhumain de 2 heures, 11 minutes, 5 secondes et 7 dixièmes. Le Finlandais Iivo Niskanen l’a emporté devant le Russe Alexander Bolchunov, tous deux partis très tôt en échappée.

Le sort en était jeté : Alex Harvey n’aura pas la fameuse médaille olympique qu’il recherchait tant. Et ça n’arrivera pas dans quatre ans non plus, car le 50 km de PyeongChang était sa dernière course en carrière aux Jeux.

La quatrième position a souvent un effet crève-cœur pour les athlètes qui se battent pour le podium. On passe proche, mais on se sent loin.

«Oui, c’est crève-cœur. Finir quatrième, c’est quand même difficile, c’est dur à avaler. Ça reste mon meilleur résultat aux Jeux, c’est une super belle course, mais je ne pense pas que je vais pouvoir la digérer. Pour moi, il n’y a pas de regrets, parce que j’ai tout donné jusqu’au dernier centimètre, il faut juste accepter que c’est la vie, que c’est le sport. Ça prend quelqu’un qui finit quatrième», disait-il, visiblement ému.

Il venait de confirmer que cette course était la dernière de sa vie aux Jeux. Il n’y avait pas pensé en franchissant le fil, mais il commençait à se faire à l’idée que le rideau tombait sur cette portion de sa carrière.

Puis son père est apparu, tout près des journalistes.

Caché sous ses verres fumés, Alex avait déjà le cœur gros. Il a enfoui son visage derrière le col de son manteau de l’équipe canadienne. Tête à tête, les deux hommes étaient en pleurs. Le moment a duré une vingtaine de secondes, mais a paru à une éternité.

Mieux que les Norvégiens

Ancien fondeur, Pierre a brisé le silence. «Tu l’as eu pareil, tu as fait une maudite belle course, tu as travaillé fort. T’es super bon, t’as battu tous les Norvégiens. Je sais que ce n’est pas assez, mais c’est bon. Tu as travaillé, en tout cas, je le voyais dans ta face comment c’était dur à la fin. Niskanen était capoté de partir si de bonne heure», lui disait-il.

Alex avait réussi tant bien que mal à contenir ses émotions jusqu’à l’arrivée de son père. Le moment intime passé, il a fait une brève analyse de la course à son père, commentateur à la télévision, mais revenait immanquablement au résultat. Cette fameuse quatrième place.

«Ça aurait été plus facile de terminer cinquième ou sixième. Mais il n’y a pas de déception, autre que la position», admettait le fondeur canadien le plus titré de l’histoire en Coupe du monde et aux Championnats du monde.

Alex Harvey boucle les présents Jeux olympiques avec quatre présences parmi les 10 premiers, soit au 50 km (4e), au 15 km (7e) au skiathlon (8e) et au sprint par équipe (8e).