PyeongChang 2018

Le Canada ajoute des médailles aux Jeux paralympiques

PYEONGCHANG — La délégation canadienne a ajouté quelques médailles à son total lors des Jeux paralympiques de PyeongChang, dimanche.

Grâce à ses six médailles, dont deux d'or, après deux journées d'activités, le Canada occupe la deuxième position au classement général, à égalité avec la France et l'Ukraine.

Il s'agissait d'une journée en or pour Kurt Oatway, de Calgary, qui a terminé sur la plus haute marche du podium en super-G en position assise. Âgé de 34 ans, Oatway a remporté une première médaille paralympique à ses deuxièmes Jeux lorsqu'il a dévalé la piste en 1:25,83.

Chez les dames, Alana Ramsay, elle aussi de Calgary, a pour sa part décroché la médaille de bronze en super-G en position debout. Sa première médaille paralympique en carrière a couronné le fruit de ses efforts depuis les Jeux de Sotchi, ses premiers en carrière. Ramsay avait conclu l'épreuve au 10e échelon en 2014.

La Française Marie Bochet a raflé la médaille d'or en vertu d'un temps de 1:32,83. L'Allemande Andrea Rothfuss est repartie avec l'argent.

La Canadienne Mollie Jepsen, de West Vancouver, a pris le quatrième rang de cette épreuve. Elle était déjà médaillée de bronze en descente à PyeongChang.

Malgré de très belles performances sur les pistes paralympiques, Alexis Guimond, de Gatineau, n'a pas encore savouré une médaille. Il a terminé au pied du podium en super-G en position debout, égalant son résultat de la veille, en descente.

Le fondeur Collin Cameron, de Sudbury, en Ontario, a offert le meilleur résultat au Canada lors de l'épreuve du 20 kilomètres assis en paraski de fond. Cameron a pris la cinquième position, une journée après avoir gagné la médaille de bronze en biathlon.

Sur la glace, l'équipe canadienne de parahockey a encore une fois dominé ses adversaires. Après avoir corrigé la Suède 17-0, le Canada a blanchi l'Italie 10-0. Ben Delaney, d'Ottawa, a enregistré un tour du chapeau alors que James Dunn, de Wallacetown, en Ontario, et Liam Hickey, de Saint-Jean, à Terre-Neuve, ont tous les deux marqué deux buts.

À seulement 17 ans, Dunn est le plus jeune joueur de l'équipe. Hickey effectue quant à lui ses débuts aux Jeux d'hiver après avoir participé il y a deux ans aux Jeux de Rio, en basketball en fauteuil roulant.

Le Canada est aussi resté invaincu en curling en fauteuil roulant grâce à un gain de 8-4 contre la Suède. Les représentants de l'unifolié sont venus de l'arrière, eux qui perdaient 4-0 après deux bouts, et ils ont porté à 3-0 leur fiche dans ce tournoi.

PyeongChang 2018

Place aux Jeux paralympiques!

PYEONGCHANG — Moins de deux semaines après la clôture des JO 2018, les Jeux paralympiques se sont ouverts vendredi à PyeongChang lors d'une cérémonie spectaculaire dans un contexte de réchauffement diplomatique inédit entre les deux Corées et juste après l'annonce d'une future rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong-un.

Après des spectacles culturels et de danse puis un défilé des athlètes, le président sud-coréen Moon Jae-in a solennellement lancé le début des plus grands Jeux paralympiques de l'histoire. Jusqu'au 18 mars, près de 670 sportifs handicapés batailleront pour tenter de décrocher les 80 médailles d'or mises en jeu dans 6 disciplines : ski alpin, surf des neiges, ski de fond, biathlon, hockey sur glace et curling.

Les premières épreuves débutent dès samedi, avec au programme les descentes messieurs et dames de para ski alpin, suivies du biathlon. Les premiers entraînements de ski alpin ont été annulés vendredi matin, en raison des conditions climatiques, mais ceux de biathlon ont pu avoir lieu.

Mais au-delà de l'évènement sportif, cette édition des Paralympiques pourrait constituer un nouvel épisode significatif dans l'évolution des relations entre les deux Corées, alors que la Corée du Nord y participera pour la première fois.

Après deux années de montée des tensions, ces derniers mois ont été marqués par une frénésie diplomatique entre le nord et le sud de la zone démilitarisée (DMZ).

En début de semaine, une éminente délégation du Sud s'était rendue dans le Nord, pour la première fois depuis 10 ans, alors qu'un troisième sommet intercoréen doit se tenir fin avril dans le village de Panmunjom, au milieu de la DMZ.

L'ouverture des Jeux paralympiques a été ensuite précédée d'un rebondissement encore plus spectaculaire avec l'annonce de la tenue d'un sommet historique entre Kim Jong-un et Donald Trump «d'ici fin mai», dans l'espoir de «parvenir à la dénucléarisation permanente».

Pas de défilé intercoréen

Déjà les JO d'hiver, tenues du 9 au 26 février, baptisés les «Jeux de la paix», avaient été le théâtre d'un rapprochement spectaculaire entre le Nord et le Sud, toujours officiellement en guerre, même si la Guerre de Corée est terminée depuis 1953.

Après avoir défilé ensemble lors de la cérémonie d'ouverture, les deux Corées avaient même formé une équipe féminine commune pour le hockey. Au total, 22 sportifs nord-coréens ont participé aux épreuves de ces Jeux.

Et en dehors du terrain, les signes d'ouverture avaient prospéré.

Ainsi, après la venue pour la cérémonie d'ouverture de la soeur de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, une délégation nord-coréenne de haut rang s'était également rendue à la clôture des Jeux. Le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, y avait même serré la main d'un général nord-coréen considéré comme un «criminel de guerre» par l'opposition sud-coréenne.

Néanmoins, toutes les tensions n'ont pas disparu. Si une délégation nord-coréenne — 2 athlètes de ski de fond, 4 athlètes observateurs et 18 autres personnes — participera pour la première fois aux épreuves paralympiques, les deux Corées n'ont finalement pas défilé ensemble lors de la cérémonie d'ouverture, en raison d'un désaccord sur le drapeau à arborer.

Point noir autour d'un point bleu

La délégation nord-coréenne souhaitait en effet y voir figurer les îles Dokdo, contrôlées par Séoul mais revendiquées par Tokyo sous le nom de Takeshima. Mais pendant les JO d'hiver, un épisode avait ravivé les tensions entre Séoul et Tokyo à ce sujet : lors d'un entraînement de l'équipe réunifiée de Corée en hockey sur glace, une bannière avec un point bleu représentant ces îlots avait été arborée, provoquant l'ire du Japon. Séoul avait alors décidé de ne plus utiliser cette version de drapeaux où figurent ces îlots.

Au delà de l'enjeu diplomatique entre les deux Corées, ces Jeux paralympiques seront par ailleurs une nouvelle occasion pour les athlètes russes de faire leurs preuves, alors que la réputation de leur pays reste entachée par un vaste scandale de dopage institutionnalisé.

Tout comme pour les JO des valides, la Russie a été exclue de ces Jeux paralympiques, mais une trentaine d'athlètes russes considérés comme propres ont été repêchés. Ils concourront sous l'appellation «Athlètes neutres paralympiques».

Actualité

Kim Boutin parmi les invités de Tout le monde en parle

La triple médaillée olympique Kim Boutin figure à la liste des invités de l’émission Tout le monde en parle de dimanche soir prochain à Ici Radio-Canada.

D’autres athlètes arrivés de Pyeonchang seront aussi présents sur le plateau de Guy A. Lepage : Samuel Girard, Sébastien Toutant et Max Parrot.
Rappelons que la patineuse de vitesse sur courte piste Kim Boutin, porte-drapeau du Canada lors de la cérémonie de fermeture des jeux dimanche, a fait sensation après avoir récolté deux médailles de bronze et une d’argent.
Il sera aussi question d’actualité politique chaude lors de l’émission, car Jagmeet Singh, le chef du NPD, et Martine Ouellet, chef du Bloc québécois, ont confirmé leur présence.
L’animateur René Homier-Roy y présentera sa biographie intitulée Moi, alors que la danseuse et chorégraphe Kim Gingras viendra parler de son rôle de juge à l’émission Danser pour gagner.

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Actualités

Kim Boutin rentre au pays triomphante

Des cris, des applaudissements, des larmes de joie, des rires, des câlins et des félicitations s’entremêlaient joyeusement, lundi soir, à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau de Montréal, où de nombreux membres des familles d’athlètes étaient venus accueillir « leurs » Olympiens de retour de Corée du Sud.

De ces athlètes, on comptait deux Sherbrookois, la triple médaillée Kim Boutin et le patineur Alex Boisvert-Lacroix, qui est rentré au pays les mains vides.

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PyeongChang 2018

Retour émouvant pour ABM

Deux médailles, six athlètes olympiques et des tonnes de sourires. Mais aussi des larmes, celles d’Alex Beaulieu-Marchand, subjugué par l’accueil triomphal reçu lundi soir à l’aéroport de Québec. Disons que l’humble skieur de slopestyle n’a pas eu le choix de sortir sa médaille de bronze de sa poche.

Vingt-sept heures. Presque 28. Bon nombre des passagers du vol qui a atterri un peu après 20 h, à l’aéroport Jean-Lesage, arrivaient de PyeongChang, via Toronto. Athlètes, entraîneurs et journalistes s’étaient levés la veille, pour ainsi dire, en route pour ce long périple qui les a ramenés à la maison.

«Je suis ému! Je ne pensais pas qu’il allait y avoir autant de monde. Je suis tellement content, j’avais hâte de voir tout le monde», a lâché Beaulieu-Marchand qui, la fatigue aidant, n’a pu contenir ses émotions.

Quand on lui a demandé si c’était comme de remonter sur le podium, celui que tous surnomment ABM n’a pu que laisser tomber, entre deux sanglots étouffés: «C’est plus d’émotions encore.»

Plus que ses parents, sa sœur et sa blonde, pas moins d’une quarantaine de ses proches s’étaient déplacés pour l’occasion. Tout autour, familles et amis de la gardienne de but Ann-Renée Desbiens, du bosseur Philippe Marquis, du patineur longue piste Alexandre St-Jean, de la fondeuse Anne-Marie Comeau et du skieur alpin Adam Lamhamedi étaient aussi venus chercher leur olympien.

Médaille olympique oblige, Beaulieu-Marchand repart dès mardi pour une tournée des médias montréalais, comme L’Antichambre et Salut, Bonjour! «J’espère passer du temps avec ces gens-là le plus possible», a-t-il toutefois insisté, en regardant sa famille et ses amis.

Les occasions ne devraient pas manque, car en plus de célébrer sa médaille, il fêtera son 24e anniversaire samedi.

Après une dizaine de jours à la maison de Saint-Augustin-de-Desmaures, il souhaite se faire plaisir avec un petit voyage de... ski, quelque part en Europe. Mais pas de sauts. Juste de la poudreuse. Lui qui n’a skié que huit jours jusqu’ici en 2018, dont trois aux JO, à cause d’une commotion cérébrale subie en décembre et une blessure au genou.

«Pour moi, la médaille olympique veut dire que j’ai bien skié, que j’ai bien géré la situation et pour ça, c’est super. Mais c’était juste des descentes de ski et je me concentrais sur ma performance. De voir tous les gens de l’extérieur qu’eux, ça les fait encore plus triper, c’est encore plus incroyable!» a conclu Beaulieu-Marchand, ses yeux bleus encore rougis.

Opération dans 48 heures

Beaulieu-Marchand a passé une bonne partie de son temps à Corée avec les gars des bosses. Dont Marquis, skieur de Sainte-Foy qui a participé à ses deuxièmes Jeux olympiques malgré un ligament croisé antérieur sectionné dans le genou droit.

«Ça fait six semaines, depuis ma blessure. Ç’a été six semaines extrêmement difficiles, mais aussi six des plus belles semaines de ma vie! À travers toutes ces difficultés-là, on ressort le meilleur de nous-mêmes. J’ai vraiment testé mes limites et j’en ressors très gagnant», a-t-il expliqué.

Si le retour à la maison veut dire retrouver les êtres chers, dans le cas de Marquis, «ça annonce l’intervention chirurgicale dans 48 heures», a constaté le bosseur. «Je veux mettre l’opération derrière moi le plus vite possible pour ensuite faire ma réhabilitation et me donner le plus de temps de réflexion pour voir où j’en serai à la fin de l’été.»

«Je n’ai pas fait de choix encore pour mon avenir, assure vétéran de bientôt 29 ans. Ma priorité est de me donner un genou qui va être bon pour le reste de ma vie. Ensuite, je verrai si le ski me manque», résume Marquis.

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SURPRISE POUR UNE MÉDAILLÉE

PyeongChang 2018

Ski de fond: le vide laissé par Harvey se fera sentir jusqu'ici

La référence du ski de fond au Canada, Alex Harvey, a disputé ses derniers Jeux olympiques à Pyeongchang. Il prendra officiellement sa retraite en 2019 après les finales de la Coupe du monde disputées à Québec. Tous les gens réunis à Sherbrooke pour la 4e manche de la Coupe Québec s’entendaient pour dire qu’il laissera un immense vide dans son sport.

Le monde du ski de fond est également très fier de la performance de Harvey aux Jeux olympiques, même s’il n’a, au final, pas réussi à aller chercher cette fameuse médaille tant espérée.

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Une 4e place «cruelle», dit l'entraîneur d'Alex Harvey

« J’ai trouvé qu’Alex a connu de super Jeux, admet Alexis Martin, champion sénior du sprint de 1,4 km en fin de semaine à Sherbrooke. C’est vrai que ça aurait été le fun de le voir remporter une médaille, mais il ne peut pas contrôler les performances des autres skieurs. L’héritage d’Alex se voit et il permet à d’autres skieurs de s’élever. »

« Son absence va laisser un vide, c’est certain, poursuit-il. Il va falloir que d’autres athlètes se lèvent pour prendre la place. Il a beaucoup de très bons skieurs, mais Alex Harvey est une très grosse pointure à remplacer. »

« On entend souvent les gens dire que c’est de valeur qu’il n’ait pas de médaille olympique, mentionne pour sa part Jean Pinard, vice-président du Club de ski de fond du mont Orford. Il faut que les gens comprennent que le ski de fond est une religion pour les Norvégiens et les athlètes des pays du Nord. De finir 4e, sur un 50 km, très près de la première place, ça représente un effort extraordinaire. J’espère que ça va donner l’exemple et donner le goût aux jeunes de poursuivre une carrière en ski de fond. Encore en fin de semaine, les représentants de Ski de fond Canada nous disaient à quel point le circuit du Québec est une ressource inestimable pour eux. »

Le bénéfice du doute aux Russes


Lors de sa dernière épreuve à PyeongChang, Alex Harvey a pris le 4e rang au 50 km départ de masse style classique. Alexander Bolshunov et Andrey Larkov, deux Russes, ont respectivement terminé en 2e et 3e place, rien pour réjouir les amateurs avec tous les scandales de dopage concernant les athlètes de la Russie.

« La Russie est quand même une grande nation de ski, souligne Alexis Martin. Il peut sortir de bons skieurs qui ne sont pas dopés, mais c’est certain qu’on ne peut pas éloigner les soupçons. Les Russes ont toutefois la vie dure un peu ces temps-ci, personne n’a parlé de dopage lorsque les Norvégiens ont remporté les trois médailles au skiathlon. »

« Il faut toujours présumer que les gens sont propres et compétitionnent de façon honnête, explique Claude-Alexandre Carpentier, directeur général de Ski de fond Québec de passage à Sherbrooke. On peut toutefois se permettre d’avoir un certain doute avec tous les scandales qui entourent les athlètes russes. S’il s’avère que les Russes ont triché, ce sera un moment volé pour lui parce que de recevoir une médaille huit mois plus tard ce n’est pas la même chose. Mais écoutez, il a livré une course magistrale. On ne peut pas être plus fier de lui. C’est certain que la médaille aurait été bien, mais c’est ça les Olympiques. »

« C’est un athlète et une personne exceptionnelle, résume M. Carpentier. Alex va quand même continuer à faire la promotion du ski de fond, il sera d’ailleurs le porte-parole de la SÉPAC pour faire la promotion du plein air. On n’a pas fini d’entendre parler d’Alex Harvey et on s’en réjouit. »

PyeongChang 2018

Quatorze heures plus tôt en Corée

PYEONGCHANG — Un collègue de Toronto a bien résumé la dernière quinzaine olympique. «Quelqu’un se souvient ce qu’il a couvert, il y a deux jours?» demandait-il en plein milieu des Jeux sur son compte Twitter pour expliquer la complexité du décalage horaire de 14 heures entre chez nous et la Corée du Sud.

Pendant que vous dormiez, par contre, les athlètes canadiens étaient bien réveillés. À preuve, ils ont établi un record pour le nombre de médailles remportées à des Jeux d’hiver, battant de trois l’ancienne marque de 26 établie à Vancouver, en 2010.

On a assisté à de grands moments sportifs à PyeongChang, mais aussi à l’impossibilité pour certains d’obtenir les résultats escomptés. À ce titre, il n’y avait pas plus déçu qu’Alex Harvey à l’idée de repartir de la ville olympique sans la médaille qu’il convoitait. Son père et lui n’ont pas caché leur peine après le 50 km, samedi, sûrement le moment le plus touchant des derniers jours.

Les Jeux olympiques de PyeongChang auront confirmé la puissance du Canada dans des sports plus jeunes, comme le patinage sur courte piste, le ski acrobatique, le slopestyle, le ski cross. L’avenir semble plus rose dans ces disciplines que dans d’autres, plus traditionnelles. À ce titre, les médailles à la planchiste de Stoneham, Laurie Blouin, et du skieur de Saint-Augustin-de-Desmaures, Alex Beaulieu-Marchand, sont rafraîchissantes.

On a aussi assisté au cours des deux dernières semaines à la fin d’une époque. Pour plusieurs grands athlètes québécois, il s’agissait de la fin de leur parcours olympique.

Si la relève de Charles Hamelin et de Marianne St-Gelais est déjà assurée par Samuel Girard et Kim Boutin en courte piste, on se demande bien qui suivra les traces d’Alex Harvey, qui a réaffirmé, samedi, qu’il venait de faire sa dernière course olympique en carrière. Il est à se demander s’il ne faudra pas attendre la prochaine génération des Harvey pour connaître son successeur en ski de fond!

En ski alpin, Érik Guay aurait fait un malheur s’il avait participé aux Jeux au lieu de les regarder chez lui pendant qu’il soignait une blessure au dos. On ne reverra pas le patineur de longue piste Alex Boisvert-Lacroix à Pékin, en 2022, mais Laurent Dubreuil et Alexandre St-Jean ont bien l’intention de continuer et de profiter des premières années de l’anneau couvert pour augmenter leur vitesse de croisière. Retraite imminente aussi pour les bosseurs Philippe Marquis et Audrey Robichaud, tous deux de Québec.

À l’échelle internationale, la force de frappe norvégienne en ski de fond est impressionnante, autant que celles des Pays-Bas en patinage de vitesse longue piste et de la France en biathlon.

Pas facile à couvrir

Sur un plan personnel, ces Jeux olympiques auront été parmi les plus compliqués à couvrir. Nous avions toujours l’impression d’avoir plusieurs heures de tombée par jour, matin, après-midi, soir. Les soupers vers minuit n’ont jamais été aussi fréquents que dans les trois dernières semaines! Et quand les centres de presse nous mettent à la porte parce qu’ils ferment, il faut croire qu’on perd la notion du temps… À ce titre, il n’y aura pas répit lors des prochains Jeux olympiques, puisqu’ils auront lieu à Tokyo (Japon), à l’été 2020, et à Pékin, en février 2022. Il n’y aura pas plus de neige non plus en Chine qu’il y en avait en Corée, où elle était artificielle.

Les Jeux olympiques restent un événement immense, avec ses exploits, ses déceptions, ses rencontres, ses joies, ses peines, ses fous rires entre collègues. À l’occupé restaurant italien, près du village des médias, la jeune femme qui nous sert demande si l’on retourne chez nous bientôt.

«Oui, lundi.»

«Vous avez aimé la Corée?» demande-t-elle.

«Oui, les gens y étaient très accueillants, prêts à rendre service, etc.»

«Vous y étiez en sécurité?»

«Bien sûr, à 100 %.»

«Parfait, alors, dites à tout le monde que la Corée est sécuritaire et de venir nous visiter, même s’il n’y aura plus de Jeux olympiques.»

Voilà, c’est fait!

PyeongChang 2018

Laurie Blouin accueillie en grand

Visiblement heureuse d’être de retour à la maison, médaille au cou, Laurie Blouin a été accueillie en héroïne par ses proches, dimanche, à Stoneham. «Médaillée olympique, ça sonne encore comme un rêve», a lancé celle qui a pris le deuxième rang du slopestyle, à PyeongChang.

La famille et les proches de Laurie Blouin s’étaient donnés rendez-vous pour lui faire une surprise à la microbrasserie La Souche, à Stoneham, dimanche soir. D’immenses photos de la planchiste avec sa médaille olympique au cou et après sa conquête du Championnat du monde 2017 avaient été accrochées aux murs de l’établissement pour l’occasion. Ne manquait plus que la vedette du jour. 

«Ça fait chaud au cœur. C’est plaisant de voir qui il y a autant de personnes derrière moi qui me soutiennent», a avoué Laurie Blouin après avoir fait son entrée sous les applaudissements des siens. Le temps d’enlacer ses deux grand-mères et son entraîneur Maxime Héneault, qui la conseillait à distance durant les Jeux, la planchiste était entourée de caméras. 

«J’ai de la difficulté à réaliser que je suis médaillée olympique. Je suis encore sur un petit nuage», a avoué Blouin, expliquant avoir reçu une immense vague d’amour «du Canada au complet» après la conquête de sa médaille d'argent. 

«Sur les réseaux sociaux, j’ai tellement reçu de messages d’amour et de support des gens, c’est vraiment malade. Je savais que les Jeux avaient de l’influence, mais pas à ce point-là. Même quand je suis devenue championne du monde en 2017, ça n’a rien à voir.»

«Vraiment hâte de revenir»

Si elle a adoré son expérience en Corée du Sud, Laurie Blouin avait tout de même «vraiment hâte de revenir» à Québec et retrouver les siens qui l’ont supporté à distance durant les Jeux, organisant de gros rassemblements pour regarder ses compétitions. 

«Ça fait du bien d’être à la maison. C’est plaisant l’expérience là-bas, mais trois semaines, ça commence à être long», a-t-elle laissé tomber. C’est pourquoi l’athlète de 21 ans a décidé de rentrer au pays, vendredi soir, avant même la cérémonie de fermeture des JO. 

Blessée au visage lors d’une descente d’entraînement au slopestyle, puis au coccyx lors de la finale du Big Air, Blouin n’aura qu’une semaine pour se reposer avant de repartir vers le Colorado pour le US Open. «J’ai encore un peu mal aux fesses, mais sinon ça va bien. Je vais garder une cicatrice sous l’oeil de ma coupure. Ça va être mon souvenir de PyeongChang avec ma médaille», a-t-elle pointé, sourire en coin.

Que sa fille revienne des Jeux avec des bobos plutôt que des blessures graves est d’ailleurs la véritable victoire pour le père de la planchiste, Pierre Blouin. «C’est sûr qu’on est fier de sa médaille, mais pour moi l’important est qu’elle soit en forme avec nous. Le slopestyle, surtout avec les conditions climatiques aux Jeux, était une compétition extrêmement dangereuse. Avant, ça me stressait moins, mais plus ça va, plus c’est le cas. Ça doit être l’âge», a-t-il mentionné, avouant être soulagé, dimanche, d’avoir Laurie à ses côtés. 

«Ces athlètes-là ont déjà assez de pression. Moi qu’elle gagne ou qu’elle ne gagne pas, l’important est qu’elle revienne en santé et qu’elle s’amuse.»

A-t-elle l’air de s’être amusée aux Jeux? «Beaucoup», tranche le paternel. 

PyeongChang 2018

Kim Boutin a porté le drapeau

Adieu Pyeongchang ! Après 16 jours de compétition et des mois de tractations diplomatiques, les 23e Jeux olympiques d’hiver se sont terminés dimanche par une cérémonie de clôture qui a parfaitement résumé ces «Jeux de la Paix», et transmis le flambeau à Pékin-2022.

C'est la Sherbrookoise Kim Boutin qui a eu l'honneur de porter le drapeau du Canada lors des cérémonies de clôture des Jeux de PyeongChang.

Pour le président du CIO Thomas Bach, les «nouveaux horizons» ouverts en Corée du Sud sont avant tout technologiques, cette «technologie numérique qui a permis à davantage de monde dans un plus grand nombre de pays de voir les sports d’hiver par de multiples modes».

Mais ces JO-2018 entreront peut-être un jour dans l’Histoire par les nouveaux horizons diplomatiques qu’ils ont fait naître.

Alors que la cérémonie avait débuté depuis presque une heure, la présidence sud-coréenne a ainsi fait savoir que la Corée du Nord était «disposée» à parler avec les Etats-Unis.

Une proposition qui concrétise un peu plus encore le spectaculaire rapprochement opéré durant cette quinzaine par les deux Corées. Reste à avoir si cette trêve olympique n’était qu’un leurre, où si les jalons posés seront solides.

La dernière soirée des Jeux de Pyeongchang a fourmillé de symboles, comme la cérémonie d’ouverture le 9 février, à l’image de la présence d’Ivanka Trump, la fille aînée et conseillère du président des Etats-Unis Donald Trump, assise une rangée devant un général nord-coréen dont la venue était très controversée.

Poignée de main

Après le défilé en commun des deux Corées lors de la cérémonie d’ouverture, après la constitution d’une équipe féminine unifiée de Corée en hockey sur glace, après aussi les présences remarquées de la soeur du leader nord-coréen Kim Jong Un en ouverture et celle des pom-pom girls nord-coréennes tout au long de la quinzaine, c’est la poignée de main échangée entre le président de Corée du Sud Moon Jae-in et ce général, Kim Yong Chol, considéré comme un «criminel de guerre» par l’opposition sud-coréenne, qui restera un des moments forts de la clôture.

Kim Yong Chol est soupçonné d’avoir un temps dirigé le Bureau général de reconnaissance gérant les opérations nord-coréennes d’espionnage et d’avoir ordonné notamment le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan en 2010, qui avait fait 46 morts.

Mais le temps d’une trêve olympique, tout a semblé possible.

En coulisses, et dans le domaine diplomatico-sportif, le CIO avait lui de son côté dégonflé «la question russe», en amont de la cérémonie de clôture, en maintenant la suspension du comité olympique national (ROC). Pas de drapeau russe dans le stade olympique donc, et la cinquantaine d’Athlètes olympiques de Russie a été contrainte de défiler derrière la bannière olympique, de nouveau.

Le flambeau olympique a lui été transmis en grande pompe à Pékin, pour 2022.

Entre-temps, les Jeux olympiques resteront en Asie, puisque les JO d’été 2020 auront lieu à Tokyo. Un enchaînement de rendez-vous loin du continent originel des JO, avant leur retour en Europe en 2024 à Paris.

Björgen record

Au terme des 16 jours de compétitions, 102 titres auront été décernés et des images fortes resteront. Comme celle, encore dimanche matin, de l’équipe féminine de curling sud-coréenne, même battue en finale par la Suède, dont les membres étaient inconnues au début des JO et qui resteront finalement dans l’histoire comme les visages de Pyeongchang-2018.

Dimanche, le dernier titre de ces Jeux est revenu comme un symbole à la Norvégienne Marit Björgen. Non contente d’être devenue en Corée l’athlète - hommes et femmes confondus - le plus médaillé de l’histoire des JO d’hiver (15 podiums), elle a conclu magistralement Pyeongchang-2018 en triomphant sur le 30 km classique pour permettre à la Norvège de terminer en tête du tableau des médailles.

A bientôt 38 ans, elle ne sera probablement pas du voyage à Pékin dans quatre ans. Qu’en sera-t-il des espoirs suscités par ces Jeux de la paix ?

PyeongChang 2018

La Russie a piraté des ordinateurs des JO

WASHINGTON — Des espions militaires russes ont piraté des centaines d’ordinateurs des organisateurs des Jeux olympiques de PyeongChang en se faisant passer pour des pirates nord-coréens, a rapporté dimanche le Washington Post, citant des sources du renseignement américain.

Au lendemain de l’ouverture des JO le 9 février, la Corée du Sud avait annoncé le lancement d’une enquête pour tenter de comprendre pourquoi plusieurs sites des JO-2018 avaient été victimes de coupures intempestives d’internet au moment de la cérémonie d’ouverture.

Selon les responsables non identifiés cités par le Washington Post, l’agence de renseignement militaire russe GRU avait dès début février pris le contrôle de 300 ordinateurs liés à l’organisation des Jeux olympiques.

Ils ont piraté des routeurs en Corée du Sud et y ont déployé un logiciel malveillant, qui peut recueillir des informations ou paralyser des réseaux.

Les responsables américains n’étaient pas en mesure de dire si ces hackers sont à l’origine des dysfonctionnements pendant la cérémonie, mais ils ont souligné que leur prise de contrôle des ordinateurs des JO de PyeongChang, desquels la Russie a été exclue pour dopage, était «inquiétante».

«Faux drapeau»

D’autant qu’ils ont utilisé des adresses IP nord-coréennes pour faire croire que l’attaque venait de Pyongyang, utilisant la tactique dite du «faux drapeau», selon ces mêmes responsables.

Les JO d’hiver ont donné lieu à un réchauffement spectaculaire entre les deux Corées, avec notamment le défilé en commun des deux délégations lors de la cérémonie d’ouverture, la constitution d’une équipe féminine unifiée de Corée en hockey sur glace, les présences remarquées de la soeur du leader nord-coréen Kim Jong Un et de pom-pom girls nord-coréennes tout au long de la quinzaine.

Et, dimanche, la poignée de main entre le président de Corée du Sud Moon Jae-in et le général nord-coréen Kim Yong Chol, considéré comme un «criminel de guerre» par l’opposition sud-coréenne.