Roger Frot a été l'un des pionniers dans l'implantation du sport féminin en Estrie.

Pour que tout le monde puisse jouer

Sans Roger Frot, le soccer et le sport féminin en général ne seraient probablement pas où ils sont aujourd'hui au Québec. L'Estrien d'adoption a été un pionnier dans le développement d'un sport ni élitiste ni sexiste. Pour ses accomplissements, M. Frot fait maintenant partie du Panthéon du sport de Sherbrooke.
« Je crois vraiment que ç'a eu une influence sur les autres sports, explique celui qui réside en Estrie depuis 1967. Les filles qui jouaient au soccer en parlaient à d'autres qui n'aimaient pas nécessairement le sport, mais se tournaient vers les autres disciplines. Ç'a ouvert les yeux à plusieurs autres organisations. »
Soutenu par de nombreux parents, Roger Frot a créé, dès son arrivée à Sherbrooke, des équipes de soccer pour filles.
« À l'époque, les terrains de sports étaient réquisitionnés par les garçons et les filles n'avaient que la corde à danser, mentionne Janine Boynard, la compagne de M. Frot. La place de la femme n'était pas dans le sport. Tous les parents ont embarqué dans le projet. »
« Au début c'est moi-même qui ai acheté les maillots, poursuit-elle. J'ai refusé de payer la taxe et je leur ai dit qu'ils n'avaient pas le droit de couper cet élan sportif. J'ai fait la teinture moi-même pour ne pas que ça coûte cher aux parents. C'était une époque où tout était permis. Il n'y avait rien. C'était aussi une époque où le féministe était très fort. »
M. Frot a notamment réussi l'exploit de convaincre le Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal de présenter des rencontres préliminaires du tournoi olympique de soccer à Sherbrooke en 1976.
Le père du Vert & Or
Intronisé aux côtés de M. Frot à titre de bâtisseur, Yvon Lamarche est décédé l'an dernier. L'ancien directeur du service des sports de l'Université de Sherbrooke est reconnu pour avoir mis sur pied les équipes sportives du Vert & Or.
« À cette date-ci l'an dernier, Yvon nous aidait à préparer l'intronisation au Panthéon. C'est dur pour moi d'en parler. Il a été un pionnier en basketball, en football et en natation. »
M. Lamarche été impliqué dans le monde du sport pendant plus de 50 ans.
Andrea Blackwell, à gauche, et Joanne « Jo-Jo » Gordon, à droite, faisaient partie des équipes championnes des Gaiters en basketball féminin.
Les championnats oubliés des Gaiters
Si les temps ont été durs pour l'équipe de basketball féminine des Gaiters dans les dernières années, c'était tout le contraire au début des années 80. De 1982 à 1984, Les Gaiters, menées par Andrea Blackwell, ont remporté deux championnats nationaux consécutifs. Ces équipes sont maintenant immortalisées au Panthéon des sports de Sherbrooke.
Durant la saison 1982-1983, les Gaiters n'ont perdu aucun match en route vers le tout premier championnat national de l'Université Bishop's tous sports confondus.
« C'était le tout premier, c'était une époque incroyable, explique Andrea Blackwell qui était à ses 4e et 5e années d'admissibilité lors des deux championnats. On se sentait comme des reines sur le campus. Les gens faisaient de longs voyages pour assister à nos parties à l'extérieur. L'Université au complet était derrière nous. »
L'année suivante, les Mauves n'ont subi que deux défaites avant d'être à nouveau sacrées championnes canadiennes.
« C'est quand on regarde l'accomplissement plus de trente ans plus tard qu'on se rend compte à quel point c'était incroyable », explique Joanne « Jo-Jo » Gordon qui était une verte recrue à l'époque.
« De belles histoires »
« À ce moment, il n'y avait pas 1000 élèves à l'Université Bishop's. C'est fou qu'on ait réussi à avoir une équipe aussi dominante. C'était les bonnes personnes, au bon moment et dans la bonne équipe », analyse Andrea Blackwell qui est considéré par plusieurs comme la plus grande athlète à avoir représenté l'Université Bishop's.
« Tous nos matchs étaient serrés. On ne pouvait pas faire d'erreurs. Il y avait de bonnes équipes dans notre ligue. Nous ne pouvions pas avoir de mauvais matchs, renchérit Joanne Gordon. Au Canada, nous ne célébrons pas beaucoup nos champions et nos héros, surtout les femmes. On devrait parce qu'il y a de belles histoires qui méritent d'être racontées. C'est pour cela que c'est vraiment bien que ces deux championnats soient immortalisés au Panthéon. »
Outre Andrea Blackwell, qui est déjà intronisée en tant qu'athlète au Panthéon, et Joanne Gordon, les deux équipes championnes étaient composées d'Alison Booth, Cathy Logue, Bonnie MacNaughton, Lisa Moore, Michele O'Keefe, Lynn Polson, Fiona Seymour, Senj Temple, Kelly Tucker, Wendy Verrecchia et Wendy Waters. L'équipe était dirigée par Wayne Hussey qui a par la suite été à la tête de la formation nationale féminine. Dale Butterwick était le thérapeute sportif de la formation.