Patrick, Alexie et Nicolas Guay ont été réunis prématurément cette année à la maison familiale de Magog en raison de la pandémie de la COVID-19. Les trois hockeyeurs acceptent la situation sans maugréer et en profitent plutôt pour se retremper dans leurs souvenirs de jeunesse et découvrir de nouvelles passions.
Patrick, Alexie et Nicolas Guay ont été réunis prématurément cette année à la maison familiale de Magog en raison de la pandémie de la COVID-19. Les trois hockeyeurs acceptent la situation sans maugréer et en profitent plutôt pour se retremper dans leurs souvenirs de jeunesse et découvrir de nouvelles passions.

Pour Alexie, Nicolas et Patrick Guay : un printemps gâché

MAGOG — Pour la première fois depuis plusieurs années et comme c’est généralement le cas pour eux au printemps, le hockey ne prend pas toute la place chez les Guay de Magog. À l’instar de leurs homonymes éparpillés à travers la planète, Alexie, Nicolas et Patrick Guay ne sont plus adulés par les amateurs de hockey.

La COVID-19 a déjoué tous les athlètes qui sont maintenant réduits à être dans l’ombre d’un virus invisible. La bonne nouvelle, c’est que les trois plus jeunes enfants de la famille Guay ont au moins la chance de se retrouver sous le toit familial et de passer d’agréables moments ensemble, un peu comme dans leur tendre enfance.

À l’adolescence et même avant, Alexie, Patrick et Nicolas Guay revenaient directement à la maison après leurs pratiques et joutes de hockey. Comme si ce n’était pas suffisant, la patinoire extérieure familiale devenait leur nouveau terrain de jeu et d’entraînement. L’été, la patinoire recouverte d’une surface en caoutchouc était utilisée pour jouer au basketball.

« On a retrouvé nos jeux d’antan, font-ils valoir tous les trois. On ne patine pas, bien sûr, mais les bandes sont encore là et on s’exerce à lancer des rondelles. Le ballon de basketball n’est jamais bien loin non plus. On joue au badminton. C’est bien de revivre ces beaux moments. Cela met un baume sur les plaies. »

Pas question non plus de se tourner les pouces. 

« On se rend utile, ajoute Nicolas Guay. On ramasse les feuilles mortes; on exécute des petits travaux. L’excuse d’un agenda chargé ne tient plus. Aussi bien préparer le terrain pour l’été. »

Alexie profite au maximum du grand terrain appartenant à ses parents. 

« Les gens se sont mis à la marche pour ne pas rester 24 heures confinés entre quatre murs. Je m’exécute moi aussi et je me sens choyée de pouvoir le faire dans un décor enchanteur sur le terrain familial. C’est idéal aussi pour courir. J’en profite pleinement. »

Les trois hockeyeurs ont aussi pris sur eux de sortir de leur zone de confort en joignant l’utile à l’agréable. Des soirées thématiques ont été mises à l’ordre du jour. Un souper presque parfait, comme l’émission du même nom, s’inscrit dans les thèmes abordés. 

« On concocte un souper à tour de rôle. C’est un beau défi à relever », précise Nicolas.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, les plats les plus délicieux sont encore l’affaire de leur mère Nathalie Filion. Nicolas commence à tirer son épingle du jeu, tandis que Patrick et Alexie auraient encore des croûtes à manger. Voilà pour l’évaluation des chefs Guay. Les trois plus jeunes patienteront encore avant de passer au petit écran.

Des espoirs envolés

Bien sûr, Patrick et Nicolas Guay auraient préféré vivre un long printemps dans les coins de la patinoire et revenir à la maison au moment où le gazon vert aurait repris de la vigueur. Au lieu de cela, c’est un tapis blanc au sol auquel ils ont eu droit en revenant au domicile à la mi-mars.

D’autant plus que Nicolas, 20 ans, et Patrick, 17 ans, étaient peut-être destinés à croiser le fer puisque l’Océanic de Rimouski et le Phoenix de Sherbrooke nourrissaient de très grandes ambitions. Avec Chicoutimi, le Cap-Breton et Moncton, Rimouski et Sherbrooke faisaient partie des favoris dans la course au Trophée du Président.

« C’est une occasion perdue, de révéler les deux frangins. Cela aurait ajouté du piquant entre nous même s’il est bien évident qu’il n’aurait pas fallu que ça devienne une distraction. »

À Rimouski, Nicolas était prêt à jouer un grand rôle pour sa nouvelle équipe. 

« L’Océanic était venu me chercher et j’étais disposé à prendre les bouchées doubles pour leur donner raison d’avoir mis leur confiance en moi. Quand je regardais dans le vestiaire, je dois avouer que nous avions le carburant pour pousser la machine très loin. »

À Sherbrooke, Patrick était en droit lui aussi d’afficher le même optimisme que son frère aîné. 

« Ce qui se passait à Sherbrooke avec le Phoenix, je pense que c’était une première dans l’histoire de la concession. On avait la ville derrière nous. On avait progressé tout au long de la saison et il n’y avait aucune raison de croire que la chaîne aurait brisé subitement. On sentait même qu’on pouvait encore monter notre jeu d’un cran », a raconté Patrick qui se souvient trop bien ce que peut procurer un championnat comme sensation de réussite et de fierté.

Il y a à peine deux ans, Patrick Guay avait été un des joueurs-clés dans la double couronne enlevée par les Cantonniers de Magog dans la Ligue midget AAA du Québec. 

« Quand tu gagnes une fois, tu veux retourner dans le cercle des champions le plus vite possible. Même s’il y avait encore du chemin à parcourir, j’avais l’impression que j’étais sur le point de revivre ça avec le Phoenix. »

Mince consolation pour Patrick Guay qui, contrairement à Nicolas, aura toujours la chance de se reprendre la saison prochaine puisque, de toute évidence, le Phoenix enverra encore dans la mêlée une formation redoutable. En plus, à 18 ans, ses responsabilités risquent d’être accrues avec la troupe de Stéphane Julien. 

« Je n’ai jamais levé le nez sur l’entraînement. Je vais y mettre toute la gomme pour m’assurer de me pointer au camp dans les meilleures dispositions physiques et mentales. »

À plus court terme, Patrick Guay attend le prochain repêchage de la Ligue nationale, lui dont le nom apparaît sur la liste des espoirs. 

« J’attends ce moment depuis longtemps, mais là je ne contrôle plus rien. J’aurais aimé montré dans les séries ce que je pouvais faire lorsque l’enjeu est plus grand. Par contre, nous sommes tous dans le même bateau. »

De son côté, Nicolas Guay vient de compléter une belle carrière dans la LHJMQ avec une récolte de 240 points en 266 parties de saison régulière. Celui-ci se voit encore dans le feu de l’action. 

« C’est difficile de regarder du côté professionnel alors qu’on ne sait même pas de quoi sera fait demain. C’est tranquille de ce côté-là. J’ai quand même d’autres options qui s’offrent à moi, mais actuellement je ne veux pas trop m’avancer là-dessus », a-t-il mentionné.

Alexie

Contrairement à ses frères, Alexie Guay, 19 ans, n’a pas vu sa saison prendre fin par la pandémie de la COVID-19. Son équipe universitaire du Boston College étant éliminée de la compétition dès le début du mois de mars dans la division 1 de la NCAA.

« On avait une équipe très jeune et on a connu des hauts et des bas. J’ai encore trois ans devant moi dans les rangs universitaires. J’aurai la chance de me reprendre, mais j’étais quand même déçue pour les finissantes. On aurait aimé nous qualifier pour les étapes suivantes et leur permettre de prolonger leur expérience universitaire », soutient celle qui a recueilli 19 points en 36 parties comme défenseure. 

Si le coronavirus n’a pas eu d’impact sur la fin de saison de son équipe universitaire, c’est différent avec le programme de Hockey Canada, plus précisément celui de l’équipe nationale U22. 

« On avait un camp de conditionnement physique hors glace prévu en mai. Nous sommes sans nouvelles. Je pense que je dois l’oublier. Le contraire serait étonnant. »

Le 14 mars, Alexie Guay voulait surprendre ses deux frères en allant les voir jouer alors que l’Océanic de Rimouski visitait le Phœnix à Sherbrooke. On sait que le match n’a jamais eu lieu, la COVID-19 ayant fait son œuvre.

« La surprise, c’est moi qui l’ai obtenue. J’ai reçu un appel du Boston College pour m’informer que je devais retourner là-bas pour vider mon casier, ramasser mes biens et revenir à la maison. J’ai donc fait le trajet Magog-Boston seule en auto », souligne Alexie Guay.

Celle-ci poursuit maintenant ses études universitaires à distance. « J’utilise la plateforme zoom. Je préfère avoir les professeurs devant moi, mais dans les circonstances, c’est un mal pour un bien. Pour meubler mon temps cet été, je vais probablement ajouter un cours d’histoire. »

Comme au hockey

Alexie, Patrick et Nicolas savent depuis le longtemps que le hockey est un sport d’équipe. Que la confiance aux coéquipiers est indispensable pour surmonter les obstacles et qu’il faut savoir se serrer les coudes dans les temps difficiles pour avancer et triompher.

Exactement ce qui se passe dans la vie quotidienne du peuple québécois face à cette bataille contre la COVID-19. « Les Québécois font très bien ça. Ils suivent le plan de match qui nous a été adressé par notre entraîneur-chef, le premier ministre Legault. La partie n’est pas gagnée d’avance. Il ne faudra pas relâcher comme ça se produit parfois dans un match de hockey quand on sentira que la victoire sera au bout de nos doigts. On va gagner ensemble. Restons focus », avertissent-ils à l’unisson.

Alexie, Patrick et Nicolas Guay comprennent que la prochaine victoire sera la plus importante de leur jeune vie d’adulte. Celles du hockey peuvent attendre.