L’entraîneur des Cantonniers de Magog Félix Potvin refuse de se faire du mauvais sang avec la menace qui plane sur la prochaine saison de la Ligue midget AAA.
L’entraîneur des Cantonniers de Magog Félix Potvin refuse de se faire du mauvais sang avec la menace qui plane sur la prochaine saison de la Ligue midget AAA.

Potvin prêt à donner la chance à un plan de relance

Le calme olympien qui caractérisait Félix Potvin à l’époque où il portait les lourdes jambières de gardien de but dans la Ligue nationale continue de le servir pendant la crise de la COVID-19. L’entraîneur des Cantonniers de Magog refuse de se faire du mauvais sang avec la menace qui plane sur la prochaine saison de la Ligue midget AAA.

Des rumeurs ont circulé sur différents scénarios possibles, certains loufoques, d’autres plus sérieux. Chose certaine, le prochain chapitre de la Ligue midget AAA du Québec qui s’écrira en 2020-21, si saison il y a, ne ressemblera en rien aux précédents.

Par exemple, pour respecter la distanciation sociale de deux mètres, il a été question de jouer du hockey à trois contre trois ou quatre contre quatre, excluant les gardiens. Va pour les divisions inférieures du hockey mineur, mais pour le midget AAA ou la LHJMQ, Potvin n’est pas très chaud à l’idée. Il apporte tout de même une nuance tout en sachant que la direction de la Ligue midget AAA se fait très discrète pour le moment dans l’élaboration d’un scénario précis.

« Tout le monde est en attente même si des informations ont coulé. Strictement sur le plan hockey, du trois contre trois ou du quatre contre quatre, si ça se passe à l’intérieur de la même équipe le temps de deux ou trois mois en attendant un vaccin ou toute autre solution avant de repartir en janvier avec un calendrier écourté, pourquoi pas? Ce n’est pas l’idéal, mais tu peux faire du développement en mode accéléré avec tes joueurs. Quand tu sais que cela te prépare pour une saison à venir, c’est acceptable. Cependant, aller jouer à l’extérieur, même si c’est dans les villes les plus rapprochées, et jouer des parties à six ou huit patineurs au total sur la glace en même temps, je n’y vois pas l’intérêt ni l’utilité. »

L’heure n’est pas aux reproches face aux différentes hypothèses avancées pour la relance du hockey en temps de pandémie selon Potvin. « Les hommes de hockey qui prennent les décisions ont les mains attachées présentement. Le gouvernement et la santé publique tiennent pas mal le gros bout du bâton et c’est tout à fait logique dans les circonstances. C’est une situation sans précédent. La pandémie bouleverse tout sur son passage. La marge de manœuvre des décideurs est plutôt mince. Faisons-leur confiance », soutient le mentor des Cantonniers.

Août chamboulé

Potvin n’est pas sans savoir que le mois d’août s’annonce inhabituel, différent de ce qui se vit chaque année à travers les 15 équipes du circuit Lévesque. Plusieurs doutent que les amphithéâtres ouvrent avant le 1er septembre.

« Les joueurs doivent être inscrits à l’école pour le début des classes. C’est ce qui explique que les camps d’entraînement débutent tôt en août. Est-ce dire que nous devrons sélectionner nos joueurs à partir seulement des rapports que nous avons sur eux? C’est peut-être ce qui nous attend. On le sait, rien ne ressemblera aux autres saisons et on devra s’ajuster », de confier Félix Potvin tout en se questionnant sur la réaction des parents à travers tous ces changements.

« Combien seront-ils prêts à débourser pour une demi-saison si on en vient à ça? Cela intéressera-t-il tous les joueurs? Je pense à notre conseil d’administration qui devra composer avec des pertes financières. C’est beaucoup d’interrogations. Eux aussi sont devant tout un casse-tête. Actuellement, un peu tout le monde fait ses devoirs. On verra sur quoi cela aboutira d’ici quelques semaines. »

Avec autant d’incertitude face à la prochaine campagne, Potvin ne se prononce pas sur la possibilité de le voir de retour ou non à la barre de l’équipe. « Il y a beaucoup d’entraîneurs qui se remettent peut-être en question actuellement. Un calendrier écourté ne me dérange pas vraiment, mais si l’absence d’un vaccin nous oblige à oublier toute la saison, je devrai peser le pour et le contre. M’investir à long terme après une saison complète à l’écart, c’est moins intéressant. J’ai une vie en dehors du hockey. Heureusement, nous ne sommes pas rendus là », mentionne Potvin tout en terminant sur une blague.

« Ma carrière dans la Ligue nationale a pris fin avec le lockout de 2006. Est-ce qu’un lockdown (NDLR Traduction de confinement) me jouera le même tour comme entraîneur? »

Chose certaine, Félix Potvin est prêt à donner une chance au plan de relance qui sera dévoilé éventuellement et de l’examiner sous toutes ses coutures.