L’association sherbrookoise, qui regroupe 2000 des 5000 joueurs et joueuses de l’Estrie, voit cependant d’un bon œil la divulgation du plan de Hockey Québec, tout en confirmant que le défi sera colossal, au cours des prochaines semaines.
L’association sherbrookoise, qui regroupe 2000 des 5000 joueurs et joueuses de l’Estrie, voit cependant d’un bon œil la divulgation du plan de Hockey Québec, tout en confirmant que le défi sera colossal, au cours des prochaines semaines.

Plan de relance : un défi énorme pour les associations de hockey mineur

Hockey Québec a présenté les grandes lignes de son plan de retour au jeu, mardi matin, un plan articulé autour de six phases qui se réaliseront progressivement au cours des prochains mois, au rythme des recommandations émises par la Santé publique du Québec. Un défi organisationnel de haut vol en perspective pour les associations de hockey mineur de partout en province, qui peinaient déjà à recruter des bénévoles avant la pandémie.

Première mise en garde de Hockey Sherbrooke : il n’y a aucune date accolée au plan. Ce dernier est donc appelé à être modifié, ajusté.

L’association sherbrookoise, qui regroupe 2000 des 5000 joueurs et joueuses de l’Estrie, voit cependant d’un bon œil la divulgation du plan de Hockey Québec, tout en confirmant que le défi sera colossal, au cours des prochaines semaines.

« On est très content d’avoir un document avec lequel on peut travailler. Cependant, nul doute que ça va demander des efforts colossaux pour le mettre en place, considérant les nombreuses exigences. Mais on comprend très bien les raisons derrière ces demandes pointues ; il faut s’assurer de respecter les consignes de la Santé publique. Par contre, dans le concret, cela va avoir des impacts majeurs pour son implication. Ça va demander des ressources humaines énormes pour faire respecter le deux mètres, entre autres, et les autres mesures sanitaires », a précisé le directeur général de Hockey Sherbrooke, Stéphane Dion.

« Sur le plan de Hockey Québec, il n’y a aucune date. En gros, on nous dit : voyez comment vous pouvez appliquer ça chez vous, ensuite on verra pour un calendrier de mise en place. C’est une tâche énorme, on a 118 équipes régulières, en catégorie initiation, compétition, récréation et excellence. Comment pourra-t-on amener la clientèle à cadre dans ce plan? Ce sera ça, le défi. Un défi qui sera aussi un défi pour nos infrastructures. Si on doit dédoubler nos groupes, pour respecter la distanciation, on ne peut pas doubler nos glaces. Il faut trouver des formules pour que tout le monde y trouve son compte. »

Hockey Sherbrooke est déjà à plancher tant sur les grandes lignes que sur les menus détails, avec la création d’un comité de relance, qui verra à la mise en œuvre du plan de Hockey Québec, dans les prochaines semaines.

« Notre comité de relance va travailler à définir la structure organisationnelle de tout ça, afin de déterminer, entre autres, le nombre de bénévoles nécessaires, pour exécuter le plan. Ensuite, il faut mettre sur pied une structure pour amorcer le démarrage, les inscriptions, définir les offres de services, tant pour le hockey régulier civil que pour les programmes de sport-études », a continué Stéphane Dion.

Des prix en conséquence

Puisque l’offre de service, durant les premières phases du plan de Hockey Québec, risque d’être passablement différente de celles auxquelles les jeunes joueurs sont habitués, le montant des inscriptions pourrait lui aussi être modifié, a précisé M. Dion.

« On espère lancer notre période d’inscription, pour la prochaine saison, le 15 juin. C’est notre objectif. Si, pour des raisons de disponibilités de glaces, par exemple, on ne peut pas offrir le même service qu’avant, le coût des inscriptions sera adapté. Pour les programmes sport-études, par contre, il est un peu tôt pour statuer sur l’offre de services ; il faut s’arrimer avec le Triolet afin de voir les plages horaires qu’ils mettront à notre disposition. »

Encore aujourd’hui, bien malin qui peut deviner comment s’articulera la prochaine rentrée scolaire, l’automne prochain.

« On doit aussi discuter avec nos partenaires, la Ville de Sherbrooke entre autres, par sa location de glaces, ou le Complexe Thibault, pour nous assurer de leur participation pour la disponibilité de matériel pour se laver les mains, par exemple. »

« On va avoir aussi un gros travail à faire pour aller chercher de nouveaux bénévoles. On va solliciter beaucoup les gens. Dans un contexte comme celui qu’on connaît, les gens réalisent qu’on doit se serrer les coudes. Et ces derniers seront davantage conscients qu’ils devront s’impliquer s’ils veulent que les jeunes poursuivent leur sport favori. On aura une sensibilisation à faire pour aller chercher de nouveaux bénévoles, et garder précieusement ceux qui sont déjà avec nous. »

Le travail sera long et complexe, mais Stéphane Dion constate que l’engouement des jeunes et de leurs parents est toujours au rendez-vous.

« On a fait un sondage récemment auprès des jeunes du sport-études et à plus de 95 %, les gens nous disent qu’ils seront de retour, malgré la COVID. Tous les camps d’entraînement prévus pour la prochaine saison sont pleins, ou presque. Les jeunes et les parents attendent avec fébrilité, l’intérêt est encore là et c’est un bon indicatif. »

Hockey Estrie en appui

L’effort sera grand pour les associations de hockey mineur, qui ne disposent pas toutes des mêmes moyens, financiers ou en termes de ressources humaines, pour appliquer le plan de la fédération.

Et Hockey Estrie veut être un acteur de premier plan afin de faciliter la transition.

« Ce qu’on veut, c’est garder le pont avec les membres, les parents, les entraîneurs, et les mettre en action à l’automne, avec des entraînements supervisés extérieurs, par petits groupes. Ce qui va être intéressant, c’est qu’on pourra au moins prendre contact avec les jeunes, ils vont pouvoir se voir dans le cadre d’une activité loisir, et j’ai l’impression que ça va connaître un beau succès même si on doit être normalement sur la patinoire à ce temps de l’année », a dit Jasmin Gaudet, directeur général et des communications à Hockey Estrie.

« Chaque association (AHM) aura quand même un bon travail à faire pour bonifier l’offre de services lors de chacune des phases. On va demander aux AHM de travailler pour un plan pour eux, à leur couleur locale. On sait que ce sera tout un défi. Ce sont des mesures qu’on n’a jamais vues, alors en partant, on met les gens dans une situation qui est extrême. En plus, les bénévoles se font plus rares, on a de la difficulté à les garder. Mais en Estrie, nos 25 AHM sont assez solides, et celles qui le sont un peu moins sont généralement appuyées par celles qui sont toutes proches, par exemple Plessisville, Princeville et Daveluyville. Il faudra par contre valider avec Hockey Québec pour voir si ces dernières peuvent continuer à s’entraider de la sorte. »

« On veut épauler toutes les AHM en leur proposant des projets clé en main, des projets pour amener des idées pour travailler avec les jeunes, concevoir des choses pour chaque phase.

HQ va déployer les outils et les exigences pour chaque phase. On veut que les AHM développent de nouvelles offres de services, mais nous sommes conscients que les bénévoles se font rares, alors on va essayer de les accommoder avec des clés en main. On devra être imaginatif dans nos offres de services, afin de trouver des idées intéressantes en lien avec les habiletés individuelles, qui seront surtout touchées lors des premières phases. On ne touchera pas au jeu collectif avant les phases 5 ou 6 », a dit M. Gaudet.

D’ailleurs, une rencontre régionale est déjà programmée, le 11 juin prochain ; Hockey Québec précisera ses objectifs aux AHM de Hockey Estrie.

Il faudra avoir à l’œil le développement de tous les joueurs, a dit M. Gaudet, et surtout ceux du volet compétitif, habitués à un cadre de développement bien défini.

« Il y a des appréhensions. Tu peux travailler tes habiletés individuelles pendant une année complète, mais jamais ça ne va avoir le même impact que ce qu’on avait avant. Le programme sport-études a tellement bien évolué lors des dernières années, on avait atteint un excellent ratio d’entraînement sur glace, hors glace et matchs pour les jeunes, pour les amener vers des matchs compétitifs. On se console en se disant que tous les joueurs élites seront en pause, mais c’est sûr que ça va venir jouer dans leur développement. »